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De nos frères blessés, de Joseph Andras

Actes Sud (Babel), 2016, 144 p., 6,70 €

12 octobre 2021 Article Culture

(L’adaptation au cinéma par Hélier Cisterne devrait sortir premier trimestre 2022.)

À l’occasion des quarante ans de l’abolition de la peine de mort, voilà un bouquin qu’on a envie de relire et faire lire ! Ce court roman de Joseph Andras raconte l’histoire de Fernand Iveton, seul « Européen » condamné à mort et guillotiné pendant la guerre d’Algérie.

Né dans un quartier populaire d’Alger dans une famille de Pieds-Noirs, Fernand Iveton adhère à dix-sept ans aux Jeunesses communistes. Il travaille, comme son père, à l’EGA (Électricité et gaz d’Algérie) comme ouvrier tourneur.

Révolté par les massacres de Sétif et Guelma et les humiliations que le gouvernement français inflige à la population d’Algérie, Iveton prend fait et cause pour la lutte pour l’indépendance du peuple algérien. À un moment où le PCA tergiverse pour soutenir le FLN, Iveton, désireux de passer à l’action, fait partie de ces militants qui rejoignent la guérilla et le FLN, avec une certaine autonomie, mais officiellement à titre personnel. C’est ainsi qu’il en vient à poser une bombe dans son usine : un attentat qui se veut symbolique et ne devrait faire aucune victime… La bombe n’explose même pas.

Arrêté, torturé, Fernand Iveton est condamné à mort après un procès sommaire. « Je pensais que mon action pouvait prouver que tous les Européens d’Algérie ne sont pas anti-Arabes, parce qu’il y a ce fossé qui se creuse de plus en plus… » déclare-t-il.

Ce roman au rythme haletant mais implacablement dirigé vers l’exécution finale dépeint par petites touches un personnage attachant, droit et convaincu, dans sa vie sentimentale et son engagement politique. Il montre surtout les atermoiements du PC, qui tarde à envoyer un avocat (et n’en dépêchera un qu’après le procès par l’intermédiaire de la CGT) et qui rechigne surtout à se lancer pleinement dans une campagne pour exiger sa grâce (malgré la pression de plusieurs sections CGT). Il témoigne de l’espoir entretenu d’une grâce de la part du président René Coty ou du garde des Sceaux François Mitterrand… grâce finalement refusée.

Sabine Beltrand

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