Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 86, mars-avril 2013

Au siège de l’UIMM, une occupation grand luxe !

Action surprise ce vendredi 8 mars : au siège patronal de la puissante Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM), présidée par Frédéric Saint-Geours, également numéro 3 de PSA derrière Philippe Varin, candidat à la présidence du Medef !

Personne ne nous attendait dans l’antre du grand patronat. Leurs chefs d’état-major n’étaient pas là, mais nous n’avons pas été déçus. « Tout cela… c’est notre fric ! » disaient les copains : toiles de maîtres, tapisseries du 18e siècle ou contemporaines, immense salle de conférence aux fauteuils ergonomiques en cuir blanc (que l’on verrait bien adaptés à nos camarades accidentés du travail à l’usine !), moquette à l’avenant où certains purent s’allonger et s’offrir quelques minutes de pause nettement plus confortablement que dans les modestes « maisons de repos » chez Citroën à Aulnay. Et on passe sur d’autres détails ahurissants. Bref, le conseil patronal de la grande bourgeoisie française ne mégotte pas sur son confort ni sur le décor, à usage très privé. Car rien ne sort publiquement des conciliabules, tractations et manigances diverses de ces locaux très feutrés. Ces messieurs complotent en secret, puis font exécuter leurs décisions… par des « accords compétitivité » ou des lois de « flexisécurité » votées par les députés !

C’est que la maison a ses traditions. Au rez-de-chaussée, nous avons pu détailler l’immense tableau représentant les bobines des 24 maîtres de forges ayant fondé en 1901 ce qui s’appelait alors l’Union des industries métallurgiques et minières (UIMM, déjà !), et dont l’objectif principal était « d’endiguer la montée du socialisme et du syndicalisme ». Les Schneider, de Wendel, Pinot, Cavallier… et même un « Mercier », qui nous a fait rire, car aucun rapport avec notre camarade ! Et c’était quoi, l’objectif de ces messieurs, formulé par le plus éminent d’entre eux, Eugène Schneider ? « Organiser l’entente des patrons afin de résister aux grèves des ouvriers. » Et voilà. Rien n’a changé en plus d’un siècle. Les patrons savent s’entendre d’un groupe industriel à l’autre, pour élaborer des plans d’attaques à long, moyen et court terme contre les ouvriers. À nous de faire pareil contre eux, en attendant de pouvoir tenir nos AG et comités de grève centraux… en occupant leurs confortables locaux !

P.B.

Mots-clés : |

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article