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À Jérusalem-Est : contre les extrémistes juifs, la détermination d’une nouvelle génération de jeunes Palestiniens en colère

11 mai 2021 Article Monde

Alors que les manifestations se poursuivent à Jérusalem, à Gaza, en Cisjordanie occupée et dans les villages et quartiers arabes du nord d’Israël, les Palestiniens viennent de remporter une petite victoire sur les 30 000 extrémistes juifs qui comptaient, lundi 10 mai, défiler dans les quartiers arabes de l’est de la ville pour commémorer « La journée de Jérusalem », c’est à dire la conquête et l’annexion de la partie orientale de la ville par l’armée israélienne à l’issue de la guerre de 1967. Or, comme le soulignait le jour-même le quotidien conservateur Times of Israel, « cet événement est désormais tout sauf une célébration à cause des extrémistes qui l’utilisent pour harceler et provoquer délibérément les résidents musulmans ».

Or, les ultras juifs ont dû y renoncer. Malgré le fait que la police ait employé les grands moyens contre les jeunes Palestiniens qui manifestaient depuis plusieurs jours – arrestations et blessés par centaines, matraquages, jets de grenades assourdissantes, tirs à balle en caoutchouc, utilisation d’un canon à eau putride, invasion de l’esplanade des Mosquées, évacuation forcée de la mosquée Al-Aqsa – des milliers d’entre eux, habitants de Jérusalem mais aussi venus de Cisjordanie et du nord d’Israël, ont réussi à passer la nuit sur place, barricadés dans les mosquées et ailleurs, armés de bâtons et emmagasinant des pierres en guise de projectiles. Leur détermination a été telle, qu’au petit matin du 11 mai, la police israélienne a finalement été contrainte d’empêcher les suprémacistes juifs de défiler dans les quartiers arabes. Ces derniers ont crié à « la trahison » mais ont bien été obligés de s’exécuter.

Vers de nouveaux affrontements

Mais les troubles ne se sont pas limités à Jérusalem. Ils se sont aussi étendus à Gaza et en Cisjordanie. Il faut remarquer qu’on note même des mouvements de solidarité active parmi les Arabes israéliens, ce qui n’est pas courant.

Il s’agit de la plus importante mobilisation des Palestiniens depuis 2017. Et les choses ne devraient pas en rester là. En effet, ce mercredi 12 mai est la fête de l’Aïd-El-Fitr qui marque la fin du Ramadan, puis samedi prochain l’ensemble des Palestiniens à travers le monde célèbreront « le jour de la catastrophe » (la Nakba) pour commémore le sort de centaines de milliers d’entre eux, chassés de leurs terres et condamnés à l’exil lors de la création de l’État d’Israël en 1948. De grandes journées de mobilisation en perspective.

Un répit à Cheikh Jarrah

La situation est si explosive que le procureur général d’Israël, Avichaï Mazndelblit, a demandé à la Cour suprême de suspendre son jugement sur le sort de familles palestiniennes du quartier arabe de Cheikh Jarrah, à Jérusalem, dont l’expulsion de leur domicile est demandée par des colons juifs. La Cour, qui devait statuer ce lundi, s’est finalement donné un mois de réflexion supplémentaire.

C’est aussi dans les semaines qui viennent que devraient être jugés trois jeunes Arabes israéliens accusés d’avoir agressé un rabbin israélien à Jaffa, quartier arabe du sud de Tel-Aviv. Benjamin Netanyahou avait qualifié cette attaque d’« agression de haine antisémite ». Or la réalité est légèrement plus complexe. Le rabbin en question, Eliyahou Mali, est affilié à une organisation spécialisée dans les implantations de familles juives au cœur des quartiers arabes, implantations qui sont en général le prélude à la « judaïsation » de tout le quartier et à l’expulsion des familles arabes. C’est à la sortie d’un immeuble qu’il envisageait d’acheter qu’il a été pris à partie. L’antisémitisme a bon dos.

Le Hamas en embuscade

Quant au Hamas, frustré de l’annulation des élections législatives par le président de l’Autorité palestienne Mahmoud Abbas, il se tient en embuscade. Sans en être les initiateurs, ses militants ont activement participé aux évènements de Jérusalem, ne faisant que suivre le mouvement lancé spontanément par une nouvelle génération de jeunes Palestiniens en colère. Ses tirs de roquettes vers Israël à partir de Gaza ont eu, comme à l’habitude, une portée essentiellement symbolique (sauf dans la ville côtière d’Ashkelon où on a dénombré deux morts et une soixantaine de blessés), mais ils ont entrainé des ripostes israéliennes qui, elles, ont fait une vingtaine de morts dont neuf enfants.

Mais, en définitive, c’est l’État sioniste et sa politique raciste qui sont responsables de tous ces morts et ces blessés. Et cela continuera tant qu’Israël ne sera pas désionisé et déconfessionnalisé.

11 mai 2021, Jean Liévin

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