Site Convergences Révolutionnaires,
revue publiée par la fraction de Lutte Ouvrière

Editos et tribunes

L’explosion sociale ? Possible, et même nécessaire !

27 avril 2009

Les dernières semaines les salariés de Continental sont loin d’être les seuls à s’être rebiffés. Chez Molex près de Toulouse, le patron a du rester s’expliquer un peu plus longtemps que prévu avec les salariés... Chez les équipementiers automobile Valeo, Faurecia, Lear, des grèves ont partiellement paralysé des usines de montage de PSA et de Renault. Chez Caterpillar à Grenoble, les syndicats de l’entreprise avaient négocié un accord qui laissait le patron libre de licencier «  seulement  » 600 personnes au lieu de 700. Des centaines d’ouvriers ont envoyé à la poubelle cet accord tramé dans et sur leur dos. Des milliers de salariés d’EDF-GDF sont en grève pour les salaires. Les hôpitaux et les universités manifestent le 28 avril contre les suppressions de poste et la dégradation des services publics. Près de Valenciennes, l’usine Toyota a connu la première grève de son histoire, et la première victoire : le paiement du chômage partiel à 96 % du salaire net sans jour de récupération à donner au patron.

Molex ou Rolex ? Le gouvernement a choisi

La lutte, voilà la seule chose qui marche. Car les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Sarkozy et son gouvernement prétendent comprendre leur souffrance ? La bonne blague ! Les travailleurs ont droit à des condoléances, le patronat aux cadeaux. Le groupe Trèves reçoit 55 millions d’euros de l’Etat et annonce en toute impunité la fermeture de deux usines. A peine sauvée de la faillite par les milliards de l’Etat la banque Dexia supprime 900 postes et distribue 8 millions d’euros de bonus à ses dirigeants. Sarkozy annonce 1 milliard d’euros pour lutter contre le chômage des jeunes, mais ce sont des subventions aux employeurs. Trois mois après avoir traité les patrons de Continental de « voyous », ce sont leurs salariés licenciés que Sarkozy et Fillon menacent de poursuites judiciaires.

Le ministre de l’emploi Laurent Wauquiez parle même du chômage comme un présentateur météo dans le Journal du Dimanche du 26 avril : « les chiffres du chômage seront mauvais au moins jusqu’à la fin de l’année. » Comme s’il ne pouvait rien faire pour empêcher les 3 000 chômeurs de plus chaque jour, les licenciements chez Caterpillar, Continental, Freescale à Toulouse, Altis à Corbeil… A quoi sert-il alors ? Pour lui « le rôle des politiques n’est pas de souffler sur les braises mais d’éteindre les incendies ».  

Le 1er mai, une étape vers la grève générale ?

Eh bien, justement, la seule chose qui pourrait permettre aux salariés de ne pas payer cette crise du capitalisme, c’est l’incendie des révoltes actuelles. Qu’il ne s’éteigne pas, qu’il s’étende au contraire vers une véritable grève générale. Aujourd’hui il y a partout de la colère et des luttes, contre les licenciements ou pour les salaires. Mais ces combats sont isolés, entreprise par entreprise.

Le 1er mai toutes ces luttes vont pouvoir converger puisque les organisations syndicales nous invitent à manifester ce jour-là, après les succès du 29 janvier et du 19 mars. Mais il faudrait aller bien au-delà de cette journée unique du 1er mai, à laquelle les directions des syndicats veulent nous confiner. A croire qu’elles ne souhaitent qu’un baroud d’honneur, sans perspective pour aller plus loin, sans même de revendication claire et unificatrice. Si au contraire toutes les entreprises, toutes les professions en lutte se fédéraient au-delà du 1er mai sur des revendications communes et capables de vraiment changer nos vies, elles pourraient entraîner dans la rue et dans la grève l’ensemble des salariés, y compris ceux des petites entreprises, et aussi les intérimaires, les sans emplois, la jeunesse. Comme en Guadeloupe.

C’est ce « tous ensemble » qui permettrait d’imposer l’interdiction des licenciements, 300 euros d’augmentation mensuelle pour tous, le contrôle des comptes des entreprises.

Alors tous au 1er mai, pour qu’il ne soit que le début d’un mois très chaud !