Site Convergences Révolutionnaires,
revue publiée par la fraction de Lutte Ouvrière

Editos et tribunes

Noël : encore 26 milliards dans la hotte des riches

8 décembre 2008

Sarkozy vient d’annoncer son nouveau « plan de relance » pour l’industrie : 26 milliards d’euros supplémentaires mis sur la table.

Ce nouveau cadeau aux industriels s’ajoute aux 320 milliards promis pour sauver les banques de la faillite due à leurs opérations douteuses, dont 40 milliards leur ont déjà été versés. Il s’additionne aux 20 milliards du « fonds souverain français » créé fin octobre pour aider les patrons avec l’argent de la Caisse des Dépôts, normalement destiné aux équipements sociaux et aux constructions de HLM.

Un vrai père Noël, ce gouvernement qui dit que les caisses sont vides pour l’Education, la Sécurité sociale et les hôpitaux !

Et quand il prétend faire aussi un geste « d’aide à la consommation » pour les plus pauvres, il se limite à une prime ponctuelle de 200 € pour les titulaires de minima sociaux (Rmi, adultes handicapés, minimum vieillesse), soit 17 € par mois ! Ils sont 3,8 millions, leur prime ne coûtera même pas 3 % du montant du plan. Les 97 % restant iront à quelques dizaines de gros patrons : aux Bouygues et autres magnats du BTP, premiers bénéficiaires des 10,5 milliards d’investissements publics supplémentaires prévus ; aux patrons de l’automobile, eux qui viennent d’annoncer des milliers de licenciements et mettent leurs usines au chômage pour deux, trois semaines, voire un mois.

Mais le PDG de Renault a fait son chantage : « Les destructions d’emploi seront massives dans les pays qui n’aideront pas le secteur automobile à se financer » . Et le gouvernement accourt avec quelques centaines de millions d’aide « à l’innovation » , un milliard pour chacune des deux banques filiales de PSA et de Renault, et des primes à la casse des véhicules de plus de 10 ans.

De quoi relancer l’économie ? Sûrement pas. D’autant qu’on ne demande aux bénéficiaires de la manne gouvernementale aucun engagement ni d’embauche ni de simple maintien des emplois.

Les plus gros licencieurs sont les premiers servis. Le gouvernement lui-même n’a pas l’intention de revenir sur son plan de suppressions d’emplois dans la fonction publique : 30 000 en moins pour 2009.

Les économistes commencent à dire que le plan sera insuffisant, qu’il va falloir vite resservir la tournée. Avec notre argent.

Mais Renault et PSA ont fait respectivement 1,5 milliard et 730 millions de bénéfices rien que pour le premier semestre 2008. Et combien de milliards accumulés sur les dix dernières années ? Voilà largement de quoi garantir les emplois et les salaires de tous, malgré une baisse des ventes.

De même Arcelor-Mital, qui vient d’annoncer 9 000 suppressions d’emplois dans le monde dont 1 400 en France, a versé 4 milliards d’euros de dividendes aux actionnaires en 2008 et en 2007.

Si les possédants veulent nous faire payer leur crise, les réactions ne manquent pas du côté des travailleurs : à l’usine Renault de Sandouville il y a quelques semaines, chez les équipementiers automobiles de Lear à Cergy et de Faurecia à Valenciennes ces derniers jours, ou chez les salariés d’Amora à Dijon qui ont manifesté ce week-end contre les licenciements. Réactions aussi dans plusieurs hôpitaux où les directions annoncent fermetures de services et suppressions d’emplois.

Mais elles restent en ordre dispersé. Et les directions syndicales se gardent bien de proposer un véritable plan de luttes, embourbées dans les négociations et compromis avec le gouvernement et le patronat.

Ces luttes, c’est à nous de les mener et les faire converger, de l’automobile à l’Education nationale en passant par les hôpitaux et tous les secteurs touchés par la crise et la baisse du pouvoir d’achat des salaires.

Ensemble nous pourrions prendre sur les profits pour payer le frais de la crise, contrôler nous-mêmes les comptes de entreprises, faire voler en éclats leur secret bancaire puisque c’est entre nos mains, celles des employés de banque, que passent toutes leurs opérations. Et imposer :
- l’interdiction des licenciements sous peine de réquisition.
- la levée du secret bancaire et commercial et contrôle des comptes des entreprises
- 300 € en plus par mois pour tous et pas un salaire ni une pension sous les 1 500 €.

A nous d’imposer notre propre plan de sauvegarde des intérêts travailleurs, par un plan de relance des luttes !