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Edito des bulletins d’entreprise
Face à la reprise des profits, préparons la reprise des luttes !
16 novembre 2009
« Fin de la récession » , « tournant de la reprise » , « redémarrage de la croissance » : ces derniers jours, journalistes et hommes politiques semblent rivaliser d’optimisme à bon marché. La ministre de l’industrie, Christine Lagarde, estime même « qu’on va bien finir l’année » et « rentrer en 2010 avec de l’élan » !
À la base de tout cela, il y a les statistiques économiques du dernier trimestre. Un vendredi 13, véritable jour de chance pour les adeptes de la méthode Coué !
Car à y regarder de près, il n’y a guère matière pour les travailleurs à se réjouir des chiffres annoncés. Sur un an, en effet, les pertes d’emplois en France s’élèvent à 351 500. Et depuis le début annoncé de la crise, il y a un an et demi, le nombre de chômeurs a augmenté de près de 30 % !
Pour les optimistes de commande, le point positif serait que, sur les trois derniers mois, l’emploi n’aurait baissé “que” de 5 500 postes. Sauf que, là encore, les chiffres sont en trompe-l’œil. Les emplois fixes continuent à disparaitre dans l’industrie et la construction. Ce n’est que le redécollage massif de l’intérim qui limite la casse… dans les statistiques.
Déjà précaires lorsqu’ils ont du travail, les intérimaires ont chèrement payé les premiers effets de la crise : 160 000 emplois en moins sur un an, soit plus de la moitié des suppressions de postes dans l’industrie. Et aujourd’hui, reprise ou pas en perspective, le patronat montre clairement qu’il compte continuer à jouer à fond la carte de la précarité : même là où la production redémarre, notamment dans des secteurs soutenus par des aides publiques, on assiste à des remplacements de postes fixes par des emplois intérimaires.
Quant au chômage partiel, il a véritablement explosé, passant de 30 000 salariés concernés début 2008 à 320 000 mi-2009 ! Ce faisant, le patronat a largement bénéficié de financements de l’État, profitant de modalités d’autorisation du chômage partiel assouplies en fin d’année dernière et étendues à de nouvelles catégories d’entreprises comme l’intérim.
Mais que font les patrons de la reprise de leurs affaires et des subsides de l’Etat ? Où va l’argent ? Ils continuent à nous dire que le maintien “artificiel” d’emplois (du fait du chômage partiel) et les capacités de production sous-utilisées “pèsent” sur la sacro-sainte productivité. Cette productivité (traduire : les perspectives de profits !)… qu’il faudrait donc rétablir pour faire face à la concurrence si la reprise survient !
Voilà donc les travailleurs prévenus, et de façon unanime, depuis le « socialiste » Strauss-Kahn au FMI jusqu’au gouvernement français en passant par la Commission européenne : la reprise tant annoncée ne sera pas celle de l’emploi ; le chômage en Europe devrait continuer à augmenter en 2010 et 2011 !
Comme pour illustrer tout cela, Philippe Varin, PDG de Peugeot-Citroën, a d’ailleurs rappelé la semaine dernière que « PSA a une feuille de route claire vers la profitabilité et la croissance » , moyennant quoi il a annoncé la suppression de 6 000 postes d’ici 2012, en plus des 4 800 déjà supprimés cette année !
Et le gouvernement, non content de faire des cadeaux au patronat en supprimant la taxe professionnelle, pousse le cynisme jusqu’à faire voter par l’Assemblée nationale la taxation des accidentés du travail.
Rien d’étonnant donc à ce que les dernières statistiques soulignent que le contexte pèse sur le niveau de vie des salariés avec ou sans emploi, qu’il plombe les salaires, que le nombre de personnes en découvert bancaire fréquent augmente, etc.
Pour ne pas payer les frais annoncés de la reprise des profits, après ceux de la crise, il est donc grand temps que les travailleurs retrouvent le chemin de la lutte collective. Que face à l’offensive concertée du patronat et du gouvernement, nous fassions tous le choix de la croissance des luttes, et de la reprise de la contre-offensive. Tous ensemble !
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