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Numéro 62, mars-avril 2009

 

Moyen Orient : La population juive d’Israël malade du chauvinisme

Mis en ligne le 7 mars 2009

Le bilan de l’opération « Plomb durci », lancée par Israël contre Gaza de la fin décembre à la mi-janvier, est atterrant : un million de tonnes de bombes et d’explosifs, au moins 1 300 morts – dont les trois quarts sont des civils –, plus de 4 000 blessés, 5 000 maisons détruites ainsi que la plupart des infrastructures, et des centaines d’hectares de terres cultivées dévastées.

Malgré la trêve qu’il a décrétée unilatéralement, Israël n’en continue pas moins ses raids et bloque les négociations entamées avec le Hamas en faisant dépendre la réouverture des points de passage de la libération du soldat Shalit, capturé en juin 2006 par les combattants palestiniens qui réclament en échange l’élargissement de 1 400 prisonniers palestiniens détenus en Israël, certains sans jamais avoir été jugés.

Il n’y a guère de chance que le nouveau gouvernement israélien issu des élections législatives du 10 février prône l’apaisement. Celles-ci ont été marquées par un net renforcement de la droite et de l’extrême droite (93 sièges sur 120) aux dépens notamment des travaillistes (supposés être à gauche et qui passent de 19 sièges à 13). La surenchère militaro-nationaliste à laquelle se sont livrés les principaux partis en lice – Likoud, Kadima comme Parti travailliste – a encore aggravé un climat de peur et de haine envers les Palestiniens et fait ainsi le lit de la droite dure et de l’extrême droite, le raciste Avigdor Lieberman et son parti Israël Beiteinou en recueillant l’essentiel des fruits.

Cela dit, lorsqu’il s’agit d’utiliser la manière forte contre les Palestiniens et de fouler au pied leurs droits les plus élémentaires, les différences entre le fascisant Lieberman, le conservateur Nétanyahou, la centriste Livni ou le travailliste Barak sont purement cosmétiques, voire carrément inexistantes.

Terrorisme d’État

L’offensive israélienne contre Gaza, soutenue par l’ensemble de la classe politique israélienne, y compris le Meretz, petit parti qui n’est pacifiste qu’entre deux guerres, n’a fait qu’aggraver une situation rendue déjà catastrophique par trois années de blocus hermétique. Depuis la victoire du Hamas aux élections législatives en janvier 2006 et sa prise de contrôle de Gaza quelques mois plus tard, la fermeture des points de passage vers Israël ou l’Égypte a transformé cette bande de terre de 360 km2 où s’entassent 1,5 million d’habitants en véritable prison à ciel ouvert. Un embargo international a même quasiment bloqué toute aide humanitaire. Le taux de pauvreté atteint aujourd’hui 79,4 %.

En voulant punir la population de Gaza d’avoir « mal voté », l’État sioniste n’a pas obtenu l’effet escompté : affaiblir le Hamas en retournant contre lui la colère des Gazaouis. Il a contribué à l’ériger en parti de la résistance face à un Fatah, parti du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, complètement discrédité du fait de sa corruption et de sa collaboration avec l’occupant.

La tactique de l’ « asphyxie » ayant échoué, l’État israélien, a alors opté pour le « plomb » . Saisissant le prétexte des tirs de roquettes vers le sud de son territoire, Israël a déclenché la sanglante opération « Plomb durci ». Avec, là encore, pas d’autre résultat que de transformer Gaza en un véritable champ de ruines… sans parvenir à liquider le Hamas.

La réponse au terrorisme palestinien qu’Israël prétend combattre à Gaza, c’est donc… un terrorisme d’État.

Cette politique est dans la continuité de celles qu’ont toujours menées les gouvernements israéliens. L’État d’Israël s’est construit sur la dépossession de la population palestinienne, en se posant de surcroît en fer de lance des intérêts impérialistes dans la région. Cela s’est traduit par une politique de guerre et de terreur envers les États et les peuples de la région, et en premier lieu envers la population palestinienne.

La politique des dirigeants israéliens n’a pas seulement transformé des centaines de milliers de Palestiniens en prisonniers dans leur propre pays, elle a aussi conduit la population juive israélienne dans une impasse. Cette dernière, condamnée au rôle de geôliers et de mobilisés permanents, paie aussi le coût social d’une économie de guerre : 1,6 million d’Israéliens (soit un quart de la population, dont une bonne partie des Arabes citoyens israéliens) sous le seuil de pauvreté, un taux de chômage en hausse constante depuis 1995 et qui explose sous l’effet de la crise économique (17 500 personnes ont perdu leur emploi en décembre dernier), des coupes sombres dans les budgets sociaux…

La seule voie

Assommée par la propagande sioniste, considérant peu ou prou tout Arabe comme un ennemi potentiel, abandonnée par une gauche (dont les pseudo-pacifistes de « La Paix Maintenant ») qui, à de nombreuses reprises, s’est montrée aussi jusqu’au-boutiste que la droite et l’extrême droite, la population juive d’Israël, y compris la classe ouvrière, a, depuis longtemps, abdiqué devant le chauvinisme ambiant. Mais si, aujourd’hui, c’est le concert des vociférations nationalistes qui domine, il existe malgré tout en son sein des hommes et des femmes qui ne se résignent pas à cette situation.

Qu’ils appartiennent au Bloc de la Paix, à la Coalition des Femmes pour la Paix, aux Anarchistes contre le Mur, au Parti communiste Hadash, au Centre d’information alternatif ou à d’autres associations, ils ont eu le courage, en pleine guerre de Gaza, de manifester à trois reprises contre l’intervention militaire israélienne dans les rues de Tel Aviv les 3, 9 et 17 janvier derniers. Ils n’étaient que quelques milliers − Juifs et Arabes mêlés − à faire entendre leurs voix, mais ils montraient malgré tout la seule voie qui permettrait au peuple israélien de s’intégrer pacifiquement au sein du Moyen Orient arabe.

26 février 2009

Agathe MALET


50 ans de guerres et d’occupations

Lors de la première guerre israélo-palestinienne de 1948, les dirigeants du tout nouvel État israélien expulsèrent plus de 700 000 Palestiniens des territoires conquis et rayèrent systématiquement leurs villages de la carte. En 1956, Israël alliée à la France et à la Grande-Bretagne, se lança dans une guerre contre l’Égypte qui venait de nationaliser le canal de Suez. En 1967, le pays reprit l’offensive et remporta la guerre dite des « Six jours » contre l’Égypte, la Syrie et la Jordanie. C’est à cette époque que furent occupés Gaza et la Cisjordanie et annexé Jérusalem-Est. En 1973, un nouveau conflit l’opposa à l’Égypte et à la Syrie. Il envahit aussi trois fois le Liban, en 1978, 1982 et 2006, occupant le sud du pays de 1978 à 2000.

En Cisjordanie, la colonisation se poursuit et s’est même accélérée en 2008. Notamment à Jérusalem-Est, entourée désormais de 3 « anneaux » de colonies reliées entre elles par des « routes de contournement » interdites aux Palestiniens, et dont le cœur est lui aussi grignoté par la multiplication de programmes immobiliers. Le nombre de colons augmente chaque année bien plus que l’ensemble de la population en Israël. De 115 000 en 1993, il est passé à près de 500 000 aujourd’hui. Le grignotage du territoire palestinien progresse aussi au travers de la construction de la « barrière de sécurité », commencée en 2003. Un ouvrage haut de 8 mètres et qui devrait atteindre, une fois achevé, 700 km de long, et dont le tracé empiète de 6 à 7 kilomètres sur la «  ligne verte  » de 1967 séparant Israël de la Cisjordanie. Ce qui permet à l’état sioniste d’annexer de nouvelles terres, parmi les plus fertiles, dans un territoire réduit à l’état d’enclaves économiquement non viables et étroitement contrôlées par l’armée.

Cette colonisation forcenée, «  sauvage  » ou officielle, a évidemment pour but de rendre illusoire la création d’un État palestinien viable qui serait autre chose que la version moyen-orientale des «  bantoustans  » sud-africains du temps de l’apartheid. Ce qui n’empêche nullement la diplomatie occidentale, que ce soit celle des États-Unis, de la France ou de l’Union européenne, de faire preuve d’une parfaite hypocrisie en continuant de défendre l’idée de la création d’un tel État tout en absolvant la politique expansionniste d’Israël qui rend son émergence impossible.

A.M.

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