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DOSSIER : Leur crise... et nos moyens de sauvegarde
1929 et 2008
Mis en ligne le 2 décembre 2008
Le krach de 1929 déclencha la plus grave crise de toute l’histoire du capitalisme (du moins jusqu’ici). Des dizaines de millions d’Américains perdirent leur travail et furent plongés brutalement, et durablement, dans la misère. Entre 1929 et 1933, la production des richesses chuta de 30 %, et la proportion de chômeurs dans la population passa de 3 % à 25 % ! La crise se propagea immédiatement à l’Allemagne et l’Autriche, qui dépendaient énormément des capitaux américains. La France fut touchée deux ans plus tard. En 1931, la crise était vraiment devenue mondiale. En 2008, elle l’a été instantanément !
Du côté des causes immédiates, il y a des ressemblances frappantes avec celle d’aujourd’hui, comme l’explique l’économiste Paul Jorion ( La crise , Fayard, septembre 2008) : « Même origine en effet dans une spéculation immobilière commençant dans les deux cas en Floride. La spéculation dans l’immobilier et sur les marchés boursiers résultait déjà, en 1929, d’une disparité croissante des revenus et d’une concentration de la richesse entre quelques mains. Les grandes fortunes étaient à la recherche de rendements élevés pour leurs placements et déléguaient leurs efforts à des établissements financiers dont le nom a simplement changé : appelés investment trusts à l’époque et hedge funds aujourd’hui. Ces officines avaient alors trouvé le moyen de découpler leurs opérations de leur responsabilité financière et utilisaient massivement l’effet de levier pour multiplier leurs chances de gain. Rien de nouveau sous le soleil : les mêmes causes engendrèrent les mêmes effets. » Ce fut aussi une époque d’endettement massif, qui inventa le « prêt à la consommation » (notamment pour l’achat d’une voiture !), en pariant sur une augmentation à l’infini du prix des actions.
La différence ? En 2008, l’État est intervenu bien plus rapidement et massivement. Mais, comme en 1929, il le fait pour sauver les intérêts de la classe dominante, avec, toujours, l’idée que licenciements et baisse des salaires sont salutaires ! Ben Bernanke, le président de la Réserve Fédérale américaine, appelé à jouer un rôle essentiel face à la crise, est même un spécialiste… de la crise de 1929. Dans un livre paru en 2000 ( Essais sur la Grande Dépression ), il affirme que l’économie aurait été mieux relancée en 1929 si les employeurs avaient plus vite licencié et le gouvernement laissé filer davantage l’inflation qui rogne les salaires… Nous voilà prévenus !
B.R.

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