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DOSSIER : Seconde loi Aubry : une nouvelle offensive tous azimuts contre les salariés

La réduction du temps de travail sauce Aubry, c’est pas la santé !

Viellissement au travail et 35 heures

Mis en ligne le 1er octobre 1999 Convergences Société

Les logiques patronales d’organisation du travail retiennent un modèle d’ouvrier jeune, solide, apprenant vite et obéissant aux consignes qui lui sont données. Sont créés des postes et des cadences en fonction de ces définitions, reste aux ouvrières et ouvriers, jeunes ou âgés à s’adapter ou disparaître.

Pour tenir leur place les travailleurs plus âgés, à partir de leur expérience du travail, des risques et de leur fatigue, cherchent à adapter les opérations à effectuer, à anticiper les problèmes pour éviter les incidents. Mais il faut avoir le temps, les marges de manœuvre dans la production, les cadences pour pouvoir le faire. L’enjeu de ces économies de temps et de fatigue est bien souvent le maintien dans l’emploi. On sait bien en effet que les premiers licenciés sont ceux que le patron estime les plus mal adaptés au travail tel qu’il l’a conçu.

La bonne opération des trusts de l’automobile

Chez Peugeot à la tôlerie de Mulhouse, une enquête réalisée sur les dossiers médicaux montrait que 241 ouvriers sur un effectif total de 831 présentaient une ou plusieurs restrictions médicales. Ces handicaps sont liés à la flexion du dos, au port de charges, aux efforts physiques, aux déplacements. Ils se révèlent vers l’âge de 35 ans mais le plus grand nombre de personnes affectées se situent dans les tranches d’âge comprises entre 45 et 52 ans.

La réponse des trusts automobiles est connue : il faut diminuer la proportion de travailleurs âgés dans nos unités de production, car c’est un facteur qui diminue la compétitivité des unités de travail récentes occupant très majoritairement des jeunes. Ils ont même obtenu ces dernières semaines l’aide du gouvernement Jospin pour réaliser l’opération qui consiste à se débarrasser les travailleurs âgés pour les remplacer en partie par des plus jeunes. Ils réaliseront d’une pierre deux coups : le rajeunissement et la diminution des effectifs. Mais que deviennent ceux qui partent parce qu’inadaptés au travail tel qu’il est conçu. Ici, avec le plan automobile et les fonds distribués par l’Etat, ça ira, mais plus généralement ? C’est d’autant plus scandaleux de la part de ceux qui déclarent partout qu’il faut augmenter le nombre d’annuités pour partir en retraite.

Sur tous ces sujets, la réduction du temps de travail qui s’accompagne de l’augmentation des cadences, organise l’intensification du travail, déstabilise les horaires, les habitudes, va tendre encore plus à exclure les travailleurs âgés, fatigués de l’entreprise.

C.P.

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