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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 54, novembre-décembre 2007

Une tribune de la Ligue communiste révolutionnaire : Poursuivre la discussion, engager de nouvelles relations...

Mis en ligne le 21 novembre 2007 Convergences Politique

On sait que la Fraction L’Étincelle de Lutte ouvrière qui publie Convergences révolutionnaires a répondu positivement à la proposition de la LCR d’explorer la possibilité de créer un nouveau parti et que dans Lutte ouvrière nous militons pour que notre organisation toute entière et pas seulement sa minorité prennent la même attitude.

Bien entendu, explorer signifie vérifier la faisabilité en même temps que discuter des bases programmatiques et politiques qui pourraient ou devraient être celles d’un nouveau parti révolutionnaire des travailleurs. Nous avons donc entamé ces discussions avec la LCR et nous demandons à tous nos camarades de prendre part activement aux débats qui ont ou auront lieu à tous les niveaux.

Déjà Rouge, l’hebdomadaire de la LCR, numéro 2225, 1er novembre 2007, a publié une tribune de la Fraction sur le sujet.Convergences révolutionnaires publie à son tour ci-dessous une tribune que nous a adressée la LCR. Cette tribune est une première réponse à la nôtre. Le débat est donc engagé et cette revue s’en fera largement l’écho.


C’est avec un grand intérêt que nous avons lu votre lettre sur la proposition que la LCR soumet à la discussion, celle de la construction d’un nouveau parti des travailleurs.

En effet, le point de départ de toute discussion, c’est de savoir si les uns et les autres sommes favorables à la construction d’une nouvelle représentation politique des travailleurs, si nous sommes favorables à la convergence de militants, courants, organisations pour construire un nouveau parti anti-capitaliste et révolutionnaire.

C’est d’ailleurs ce que vous indiquez en reconnaissant que « s’il y a un nouveau parti, il ne peut que se constituer avec des gens de ces différents courants ». Il faut donc discuter, sans exclusive, avec tous ceux qui sont intéressés par cette nouvelle perspective.

En effet, une nouvelle période historique – celle du capitalisme globalisé, de nouvelles résistances sociales, de la chute du stalinisme, de l’évolution de la social-démocratie en social libéralisme – conduit les révolutionnaires à donner de nouvelles réponses pour une réorganisation générale du mouvement ouvrier et social.

La question qui est posée, ce sont les bases politiques sur lesquelles nous devons reconstruire. Nous l’avons dit et écrit. Nous voulons construire un nouveau parti anti-capitaliste et révolutionnaire. Mais visiblement, cela ne suffit pas, vous craignez toujours que « nos délimitations pour le futur parti puissent être floues par rapport au réformisme ». Certes, les références générales ne sont jamais suffisantes pour déterminer une politique correcte. Des courants ou militants du PCF peuvent se référer à une perspective révolutionnaire…. et défendre en même temps la nécessité de participer à des gouvernements de « collaboration de classes », comme le sont toutes les formules d’Union de la gauche. Voilà pourquoi, les questions clé d’intervention dans la lutte de classes constituent une délimitation tout aussi importante, une vérification. La référence politique fondamentale de ce nouveau parti, c’est la lutte de classes. Cela se traduit par des repères politiques décisifs des expériences de ces dernières années : programme d’urgence sociale et démocratique, refus de participer à des gouvernements sociaux-libéraux, indépendance vis-à-vis des institutions centrales de l’État capitaliste. Bref, un programme de transition anti-capitaliste, « un parti ouvertement révolutionnaire » mais surtout un parti qui dans la lutte de classes quotidienne défend la perspective d’une rupture avec le système capitaliste. Il faut maintenant, par la discussion et surtout l’action, vérifier que tous ceux qui s’engagent dans une telle perspective partagent « une compréhension commune des évènements et des tâches ».

Vous signalez une deuxième question, ce sont les relations de la LCR avec Lutte Ouvrière… Il ne s’agit pas, ici, de revenir sur le bilan des relations entre les deux organisations. Beaucoup de méfiance et de préventions existent de part et d’autres. Les désaccords politiques entre les deux organisations sont importants et vous n’êtes pas sans savoir que les problèmes de fonctionnement et la « méthodologie organisationnelle » de LO ont constitué et constituent des obstacles majeurs à une action commune dans la durée entre les deux organisations... Mais dans le cadre de la perspective d’un nouveau parti, la discussion doit s’ouvrir avec l’ensemble des courants anti-capitalistes et révolutionnaires. Et cela concerne, bien évidemment, Lutte Ouvrière. C’est dans ce sens que nous avons souhaité rencontrer la direction de LO ; et c’est aussi la proposition que nos faisons à toutes les sections et militants de LO de participer aux réunions ouvertes que nous organisons dans tout le pays. Au-delà des désaccords que nous avons sur ce point — la question du parti — nous faisons, aussi, à LO la proposition de participer, pour les prochaines élections municipales, à des listes larges unitaires, anti-capitalistes et indépendantes du parti socialiste. Mais ce qui est en jeu aujourd’hui, c’est beaucoup plus que l’unité des forces d’extrême gauche. Il s’agit d’essayer, face à la crise du PS et au déclin du PCF, de reconstruire une nouvelle représentation politique des travailleurs, et cet objectif ne peut être identifié à la seule unité des révolutionnaires, à l’unité Ligue-LO, même si, dans un mouvement plus large, toutes les contributions des courants et organisations révolutionnaires seront les bienvenues.

Nous espérons que la discussion qui s’engage ouvre une nouvelle phase de relations et de collaboration entre militants révolutionnaires…

Le BP de la Ligue communiste révolutionnaire

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Réactions à cet article

  • Le fait que la LCR est répondu à la tribune de la fraction dans Rouge est une bonne nouvelle.

    Toutefois, il me semble qu’un certains nombres de points sont largement insatisfaisant.

    Premièrement, l’idée que nous connaitrions une « nouvelle période historique ». Dans sa réponse la LCR dit : « En effet, une nouvelle période historique – celle du capitalisme globalisé, de nouvelles résistances sociales, de la chute du stalinisme, de l’évolution de la social-démocratie en social libéralisme – conduit les révolutionnaires à donner de nouvelles réponses pour une réorganisation générale du mouvement ouvrier et social »

    Cette nouvelle période historique est donc caractérisée par 1) « le capitalisme globalisé ». Je ne sais pas sur quoi repose cette assertion, mais le « capitalisme globalisé » ne date pas d’aujourd’hui. Marx en relevait déjà les tendances dans le manifeste, écrit en... 1848. Par ailleurs l’expansion coloniale qui débute autour de 1870 est bien la marque d’un « capitalisme globalisé ». Cette période reposerait aussi sur 2) de nouvelles résistances sociales (c’est possible), sur 3) la chute du stalinisme (j’en conviens), et sur 4) l’évolution de la social démocratie en social libéralisme.

    Mais de quand date les pages glorieuses de la social démocratie ? Est ce en 1956 quand Mitterrand déclarait l’Algérie française ? Est ce avec le génocide rwandais dans lequel le Parti Socialiste, alors à la tête du gouvernement, a une responsabilité directe ? Ou, est ce en 1936, lors de cette grande trahison que fut le front Populaire ? A moins que ce ne fut en 1914 lors du gouvernement d’union national ?

    Il semble que cette nouvelle période soit davantage un prétexte de la LCR pour tirer définitivement un trait sur sa propre « période » trotskyste.

    Par ailleurs la LCR affirme que la « non participation à des gouvernements sociaux libéraux » est un indicateur révolutionnaire. Qu’est ce donc que le social libéralisme ? Est ce qu’un gouvernement d’Union nationale en est un (non je plaisante) ? Plus sérieusement, est ce que l’on peut qualifier Evo Morales ou Hugo Chavez de sociaux libéraux ? Non, cela semble difficile. Leur volonté de rompre avec le FMI, leur programme social développé... nous empêche de les classer dans la catégorie du social libéralisme. En revanche, sont ils pour autant des gouvernements révolutionnaires. A l’évidence non plus (cf. répression de plusieurs grèves ouvrières, articles de Lutte de Classe).

    Alors il faudra choisir plus clairement son terrain. Veut on chercher des débouchés electoralistes ou se situer sur le terrain des luttes de classe ? Veut-on être réformiste de gauche ou communiste révolutionnaire ? être à la gauche de la gauche ou être à l’extrême gauche ?

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    • Tes observations sont justes à mon avis. Toutefois, on peut dire tout de meme que la fin du stalinisme ouvre une nouvelle période pour le mouvement ouvrier.

      Quant aux ambiguités sur le social-libéralisme, elles font partie des ambiguités de la LCR sur le parti qu’elle veut construire. Si nous parvenons à nous rassembler, à nous de peser pour lever ces ambiguités dans le bon sens. Ce qui n’est pas gagné d’avance, je te l’accorde.

      Mais, soit on a confiance en nous et on pense que nous conserverons nos idées et meme influerons dans le bon sens, soit on n’a pas confiance, on craint la contagion dans le mauvais sens, et... on s’enferme chez soi à double tour comme le fait la direction de la Majorité de LO. Gérard

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  • Oui, c’est un problème d’entendre la LCR parler toujours de « social-libéralisme ». Car cela implique qu’un bon socialisme qui ne serait pas « libéral » serait possible. Une gauche vraiment à gauche, en quelque sorte.

    C’était encore plus clair au meeting de Olivier B la semaine dernière : il n’arrêtait pas de s’indigner « mais elle est où, la gauche ? ». Comme si c’était un problème pour les travailleurs de n’avoir pas une gauche bien visible et pimpante ! Et pas un mot, à ce même meeting, pour mettre en garde les travailleurs contre la gauche qui arrivera au pouvoir tôt ou tard, par le jeu de l’alternance.

    Dans la tribune ci-dessus, la LCR laisse entendre que la fondation du nouveau parti serait aussi une réponse à la dérive à droite du PS. Mais il faudrait qu’elle nous dise si le nouveau parti sera « 100% à gauche » avec pour objectif de battre la droite à 100%, ou bien un parti des travailleurs qui ne se prendra pas au piège de l’alternance.

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