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DOSSIER : Contre l’Europe morcelée des capitalistes, les intérêts planétaires des travailleurs

Grèce

Un tout petit cadeau, sur fond d’une énorme catastrophe sociale

Mis en ligne le 26 janvier 2017 Convergences Monde

Le gouvernement Tsipras a finalement pu maintenir ses petits cadeaux de Noël : pas de hausse de la TVA en 2017 dans les îles exposées au flux des réfugiés syriens et distribution de 300 à 600 euros aux retraités touchant moins de 850 euros mensuels. Coût des mesurettes : 617 millions d’euros, prélevés sur un excédent budgétaire plus fort que prévu.

Mais Tsipras a dû pour cela promettre de ne plus prendre d’initiative sans en référer aux représentants de l’Eurogroupe et de la Banque centrale européenne (BCE), alors même que l’utilisation à son gré de 40 % de l’excédent était en principe autorisée. Pour montrer leur mauvaise humeur, ceux-ci avaient suspendu leur décision portant sur un mini-réaménagement de la dette publique grecque, réaménagement qui consistait en fait à ne pas augmenter comme prévu les taux d’intérêt en 2017. Très généreux de leur part !

Depuis l’acceptation du mémorandum le 13 juillet 2015 (10 jours après son refus à 62 % par référendum) et les élections de septembre 2016 où Tsipras s’était présenté comme un bouclier face aux exigences des créanciers, le gouvernement a accepté tous les reculs sociaux demandés. En particulier les privatisations à prix cassé d’entreprises publiques, les hausses de TVA et une réforme des retraites.

La colère continue d’éclater

Ces attaques ne sont pas toujours allées sans réaction. Les 6 et 7 mai 2016, une grève a été très suivie contre une nouvelle réforme des retraites prévoyant une augmentation des cotisations, un nouveau mode de calcul des pensions avec un minimum à 384 euros (à condition d’avoir cotisé 20 ans minimum) et la réduction des pensions les plus élevées. Mi-novembre, à l’occasion de la visite de Barack Obama en Grèce, des étudiants ont occupé l’École polytechnique d’Athènes, avant d’être violemment expulsés par la police. Des affrontements importants entre étudiants et policiers ont eu lieu au même moment dans d’autres villes.

Le 8 décembre, alors que le parlement se préparait à voter de nouvelles mesures d’austérité, une nouvelle grève générale a été appelée contre la hausse des impôts en application du troisième mémorandum, pour refuser la destruction programmée du droit du travail et s’opposer à de nouvelles privatisations. Mais cette fois, elle a été peu suivie, à l’exception du secteur des transports maritimes, qui a fait plusieurs jours de grève. Cela est probablement dû à la lassitude face à la succession de journées sans lendemain, à l’appel très tardif d’Adedy – la confédération du secteur public, qui appelait initialement le 24 novembre –, mais surtout au manque total de perspectives de la part des bureaucraties syndicales, dont une grande partie est liée à la droite, au Parti socialiste ou à Syriza. 

Félix RODIN


Les salaires en croquettes ?

La presse s’est récemment fait l’écho d’un phénomène en pleine explosion en Grèce : une partie des salaires est versée sous forme de coupons d’alimentation. Les patrons payent une part en argent – légalement au moins le salaire minimum, 570 euros net – et le reste sous forme de coupons. Plus de 200 000 travailleurs du secteur privé recevraient entre 20 et 25 % de leur rémunération sous cette forme. Pour les patrons, il s’agit d’un moyen d’échapper au paiement des cotisations sociales. Quant aux travailleurs, une fois le loyer et les factures payés, il ne reste plus grand-chose en dehors de ces bons d’achat. Comme c’est pour se procurer de la nourriture dans certains supermarchés (merci pour eux !), les patrons espèrent qu’ainsi les travailleurs se seront mis sous la dent de quoi avoir la force de retourner au boulot. La reconstitution de la force de travail – selon Marx – à l’état brut !

T.R.

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Numéro 110, janvier 2017

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