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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 60, novembre-décembre 2008 > DOSSIER : Leur crise... et nos moyens de sauvegarde

DOSSIER : Leur crise... et nos moyens de sauvegarde

Un pôle financier, sous contrôle « public et citoyen » ?

Mis en ligne le 2 décembre 2008 Convergences Société

La gauche ne s’est pas opposée au plan de sauvetage des banques, du moins au fait que l’État les aient renflouées, sous prétexte que la chute du système bancaire aurait entraîné une catastrophe terrible pour les classes populaires. Mais attention, a martelé le Parti communiste, « puisqu’il faut une intervention publique pour recapitaliser les banques, il est normal d’obtenir pour le moins une minorité de blocage de l’État, voire peut-être une nationalisation de certaines de ces banques. Mais dans tous les cas, il faut un ’pôle financier public’, qui soit utilisé comme levier du développement économique » (Huma du 18/10 – propos de Jean Sandrier, député communiste et membre de la commission des Finances).

L’idée de ce pôle financier ou bancaire public est reprise à la gauche de la gauche, par la constellation « antilibérale », en particulier par un CRAC (Collectif Résistances et Alternatives à la Crise) créé à l’initiative de dirigeants d’ATTAC. Parmi un long train de mesures qui limiteraient le pouvoir de la finance, figure même la mise « sous contrôle public et citoyen » de la Banque centrale européenne. Pourquoi pas ! Formidable ! Mais comment ? Ce qui manque, y compris du côté du PC, c’est le mode d’emploi.

Le contrôle par en haut… et par en bas !

Avant la dérégulation de la fin des années 1980, il existait, en France, un Conseil national du crédit (CNC) regroupant les représentants des plus grandes banques (le Crédit Lyonnais, la Société Générale, la BNP, etc.), de la Banque de France et de l’État. Ses réunions, quotidiennes, étaient destinées à contrôler les crédits accordés par l’ensemble des banques opérant sur le territoire national. Et que se passait-il lorsqu’une banque avait « exagéré » ? Elle était sanctionnée… mais la sanction restait secrète pour ne pas détériorer la « confiance » ! Or l’État avait largement les moyens de peser sur ce Conseil national du crédit puisque, à l’époque, quasiment toutes les grandes banques étaient des banques qui avaient été nationalisées au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale. D’ailleurs, toutes les banques, y compris les banques nationalisées, contournaient le contrôle du CNC en accordant des crédits… en dollars, une bonne partie de leurs avoirs étant libellés dans cette monnaie de réserve internationale, crédits sur lesquels le CNC n’avait pas son mot à dire – ni les autorités américaines, d’ailleurs, puisque ces crédits étaient accordés par des banques non américaines opérant en dehors du territoire des États-Unis : il s’agissait des fameux « eurodollars ».

Voilà peut-être le « must » de ce qui s’est fait par « en haut », par l’intervention de gouvernements (dévoués comme ils le sont tous, de gauche comme de droite, aux possédants et leur finance). Reste l’action par « en bas », par la mobilisation de l’ensemble des travailleurs. Hormis celle-ci, aucun contrôle n’est possible.

J-J. F.

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