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Archives > Éditos L’Étincelle > 2017 > mai > 15

Un banquier est en place, organisons la riposte !

Ça y est : Emmanuel Macron est installé à l’Élysée. Et à Matignon, Édouard Philippe, le député-maire Les Républicains du Havre, est nommé premier ministre.

Le « renouveau » en marche avec du vieux

Avec cet ex-membre du cabinet d’Alain Juppé, accompagné de politiciens de gauche et de droite connus depuis longtemps comme François Bayrou, Gérard Collomb (le maire PS de Lyon) ou Jean-Paul Delevoye, ancien ministre de Chirac, le renouveau gouvernemental a sacrement le goût du vieux.

Macron met aussi en avant la « société civile » qu’En Marche présente comme candidats aux législatives, ces nouveaux venus à la politique. Leur profil est bien particulier. Les plus nombreux, ce sont les patrons (on en compterait déjà 58 parmi les candidats d’En Marche). Et les autres, ce sont des cadres d’entreprises, des avocats ou des médecins. Quant aux salariés de base, il faut les chercher à la loupe.

Le programme de Macron est parfaitement en phase avec ses soutiens. Il ne s’en cache pas, lui qui veut « libérer le travail (traduire : massacrer les salariés) et soutenir les entreprises ». Cet été, ce sera l’attaque contre le Code du travail par ordonnances, encore plus expéditive que la loi Travail que Valls avait fait passer à coups de 49-3. Macron compte aussi supprimer des emplois dans les services publics. Il veut aussi s’attaquer au système de retraite et contraindre les chômeurs à accepter n’importe quel emploi, sous menace de suppression des indemnités.

Macron veut « réunir la gauche et la droite », dit-il : c’est réussi. C’est la synthèse des politiques antisociales menées par les gouvernements successifs, de la réforme des retraites de Juppé en 1995 à la loi Travail de Valls de 2016 !

Leur « société civile » et la nôtre

Il n’y aucune ambiguïté. Pour le monde du travail, Emmanuel Macron est un ennemi déclaré, décomplexé. Sa « société civile », c’est la bourgeoisie et ceux qu’elle délègue pour encadrer ce monde capitaliste ; rien à voir avec la population travailleuse, rien à voir avec les chômeurs, les jeunes qui subissent la précarité et les bas salaires.

Au second tour de la présidentielle, on avait le choix entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, une politicienne d’extrême droite qui est tout autant au service des patrons que les autres. Pas étonnant que nombreux ont préféré s’abstenir ou voter blanc ou nul dans ce vote où on n’avait le choix qu’entre deux ennemis du monde du travail.

Mais il serait temps que notre « société civile », celle d’en bas, se fasse entendre, et vraiment cette fois. Qu’elle se mette aussi en marche pour défendre et faire entendre ses intérêts. Cela ne pourra prendre qu’une voie, celle de la lutte sociale, dans la rue, dans les entreprises. Car c’est le seul outil dont nous disposons pour peser. Mobilisés, nombreux, nous pouvons être une force qui se ferait craindre des patrons et de tous les politiciens. Alain Juppé avait bien dû reculer sur sa réforme des retraites devant la mobilisation en décembre 1995. Faisons connaître à son élève, Édouard Philippe, le même sort.

Ces derniers jours, les plans sociaux et annonces de fermetures d’entreprise se multiplient. Tati en liquidation judiciaire, fermeture de Whirlpool à Amiens, annonce de 1 900 suppressions de postes chez Engie (l’ancien GDF-Suez), et la liste n’est pas close : les patrons se sentent confortés, ils sont à l’offensive. Les ouvriers de GM&S dans la Creuse, un sous-traitant de l’automobile, sont en lutte depuis des semaines contre la menace de fermeture de leur usine. Un rassemblement pour les soutenir est prévu ce mardi 16 mai.

Il faut saisir toutes les occasions pour faire entendre que les travailleurs ne sont pas prêts à accepter les mauvais coups des patrons et du nouveau président. Préparer la riposte contre les attaques patronales et gouvernementales, c’est tout de suite !

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