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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 113, juin-juillet-août 2017 > A lire : deux polars

A lire : deux polars

Ténèbres, Ténèbres

de John Harvey

Mis en ligne le 9 juin 2017 Convergences Culture

Paru en poche chez Rivages/Noir en avril 2017 – 8,70€ (traduit de l’anglais par Karine Lalechère).


Ce roman est le dernier ouvrage d’une série que John Harvey, romancier britannique, a consacrée à son personnage, Charles Resnick, policier d’origine polonaise au commissariat de Nottingham.

Amateur de jazz et de chats (il en a 4, tous nommés d’après des jazzmen célèbres, Bud, Pepper, Dizzy et Miles), mais aussi de sandwiches, Charles Resnick est attachant, un taiseux foncièrement honnête, tout sauf ambitieux et prêt à s’opposer à sa hiérarchie pour faire triompher la vérité. Tout au long de la série, nous le suivons avec ses collègues, dans ses enquêtes et sa vie personnelle, pas très heureuse.

Harvey, en bon auteur de polars « sociaux » a fait de Nottingham une ville miroir du pays : « une ville où chômage, misère, violence, exclusion, racisme, délinquance sont l’expression des bouleversements résultant de la casse industrielle initiée par le gouvernement conservateur Thatcher ».

Ténèbres, Ténèbres est dans cette veine, peut-être encore plus noir (comme son nom l’indique !) car le temps qui passe n’incline pas Harvey (et ses personnages) à l’optimisme. Resnick est désormais à la retraite mais il donne toujours un coup de main à la police qui le sollicite pour appuyer une jeune inspectrice dans une enquête délicate puisqu’elle concerne une femme disparue en 1984, pendant la grève des mineurs, dont le cadavre vient d’être retrouvé, trente ans après.

Enquête délicate car se menant à un moment où le rôle de la police dans les violences de cette époque est mis en cause par une Commission… Resnick, ayant vécu cette grève comme dirigeant d’une unité de surveillance destinée à contrôler les grévistes, ce qui lui posait des cas de conscience, et ayant croisé la disparue, est bien placé pour y participer. D’autant que l’inspectrice, femme et noire, se heurte à l’hostilité à peine cachée de certains de ses subordonnés.

Le roman est construit sur des allers-retours entre 1984, la grève, l’éveil social et politique de Jenny, la disparue, mariée à un « jaune » et l’enquête actuelle menée par Resnick et Catherine Njoroge. Passionnant, il nous tient en haleine jusqu’à la fin, avec ses personnages complexes, bien campés et son éclairage sur la grève des mineurs et l’Angleterre de 1984 et sur celle d’aujourd’hui. A lire donc… et cette lecture vous donnera peut-être envie de découvrir la série des Charlie Resnick !

Liliane LEFEVRE

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Numéro 113, juin-juillet-août 2017

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