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DOSSIER : Réforme du ferroviaire : un accord de compétitivité made in SNCF

Service public… de la dette

Mis en ligne le 17 juin 2013 Convergences Entreprises

Il faut « reconstruire l’équilibre du système ferroviaire en dix ans », préconise le rapport du socialiste J.-L. Bianco. Y parvenir « suppose la réalisation de gains substantiels de productivité. Il faudra, partout où cela est possible, adapter de manière négociée et déconcentrée l’organisation et les règles de travail. »

Un des objectifs de la restructuration de la SNCF serait donc d’éponger sa dette. Celle-ci a été contractée dans les années 1980, essentiellement par le développement du TGV. Cette vitrine technologique a beaucoup coûté à l’État et tout autant rapporté à Alsthom – qui a fourni les rames [1] et les vend maintenant aux quatre coins du monde – mais aussi à Bouygues, Vinci et Eiffage, à qui les infrastructures ont été sous-traitées. Dans le même temps, le réseau régional a été quasiment laissé à l’abandon et de nombreuses lignes ont été fermées, ce qui condamne les usagers quotidiens, les salariés, à s’entasser dans du matériel vieillissant. Les banques profitent de la manne grâce aux taux d’intérêts.

Dénoncée par la droite comme une preuve du « grand gâchis » de la SNCF, cette dette est au contraire un levier essentiel de la mission de ce mal nommé « service public » : servir de vache à lait pour les intérêts privés. Cerise sur le gâteau, elle est depuis quarante ans un prétexte pour augmenter sans cesse la productivité.

En 1997, une partie de la dette avait été transférée à Réseau ferré de France (RFF) devenu propriétaire des infrastructures. L’ardoise s’élevait alors à 20 milliards d’euros et, bien loin de se résorber, elle n’a cessé d’augmenter pour atteindre aujourd’hui 32 milliards.

Puisque la réforme prévoit la fusion de RFF et d’un tiers de la SNCF au sein du gestionnaire d’infrastructure unifié (GIU), c’est l’occasion pour le gouvernement et la direction de remettre le vieux chantage au goût du jour : la dette doit être épongée en dix ans en augmentant la productivité (que le PDG, Guillaume Pépy, parle même de doubler), c’est-à-dire en accélérant des cadences et des suppressions de postes.

Le même refrain, en somme, que l’État sert aux fonctionnaires. Les cheminots n’ont pas plus de raisons que les autres d’accepter ces reculs.

R.P.


[1Mais les études ont été effectuées et financées par la SNCF.

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Numéro 88, juin-juillet-août 2013

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