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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 81, mai-juin 2012 > DOSSIER : SNCF, la privatisation sur les rails

DOSSIER : SNCF, la privatisation sur les rails

Seafrance, Sernam, Novatrans… Filialiser pour mieux licencier...

Mis en ligne le 19 mai 2012 Convergences Entreprises

Seafrance, Novatrans, Sernam : ces noms se sont invités ces derniers mois dans les journaux télévisés. Ils évoquent des luttes courageuses contre les licenciements dont les politiciens candidats se sont emparés – du moins en paroles ! – à des fins électoralistes. Ces trois entreprises sont ou ont été des filiales de la SNCF. Avec ses 390 000 salariés, ceux des filiales compris, ainsi que des dividendes versés à l’État actionnaire qui ont atteint cette année 230 millions d’euros, la pieuvre SNCF n’avait-elle pas la voilure de garantir les 3 000 emplois des travailleurs de Seafrance, Sernam et Novatrans ? Mais la direction du groupe ne l’entendait pas de cette oreille. Pas plus que l’État lui-même qui, pour l’instant, est toujours le pilote de l’entreprise ferroviaire nationale.

Après plusieurs semaines de lutte, les salariés de Seafrance n’ont vu venir que des propositions de reclassement bidon. 90 % des emplois proposés l’étaient à plusieurs centaines de kilomètres de Calais et chaque salarié ne disposait que de 15 jours pour se décider. Tout a été fait pour calibrer des propositions de reclassement inacceptables. Pari gagné : finalement, seuls 15 salariés sur 500 ont accepté d’être reclassés. Et il y a fort à parier que les quelques postes promis pour les travailleurs de la Sernam et Novatrans seront du même acabit.

Deux mois après la liquidation de Seafrance, l’histoire s’est répétée avec la Sernam, groupe spécialisé dans le transport routier. Thierry Mariani, ministre des transports de Sarkozy, a feint d’imposer à la SNCF la reprise de l’entreprise par le biais de Geodis, une des filiales de transport routier que la SNCF détient à 100 %, et qui a effectivement racheté l’affaire pour 750 000 euros… pour se vanter d’avoir fait un geste en reprenant seulement 800 salariés sur les 1 600 ! Et elle oublie de préciser qu’elle récupérera sans doute, en plus des 550 camions et 50 agences, les clients de Sernam qui ont pesé 300 millions d’euros de chiffre d’affaires pour l’année 2011. Une bonne affaire qui se solde par des centaines de licenciements !

Car si, dans un accès de motivation toute électorale, le ministère du Travail a annoncé la mise en place d’une cellule de reclassement pour les licenciés et si le PDG de la SNCF s’est engagé à fournir 500 propositions de postes à ladite cellule, le 7 mai, date de la reprise de Sernam par Geodis, seulement 150 postes ont été réellement proposés par la SNCF. Et, maintenant que la campagne est achevée personne ne jure plus de rien.

Alek SOZEN


Sernam 2000, 2005, 2012 : des plans de licenciements qui rapportent à chaque coup

Depuis 1980, la Sernam était en concurrence directe avec d’autres filiales de la SNCF plus rentables et qui font aussi dans le transport routier. La Sernam étant déficitaire, la SNCF avait alors déjà cherché à s’en débarrasser. En 2000, elle fut donc filialisée. Pour accompagner l’opération, le gouvernement Jospin et l’Union européenne avaient alors subventionné la SNCF à hauteur de 540 millions d’euros. Le gouvernement Villepin, en 2005, en a remis une louche au moment du rachat de la majorité des actions par le fonds d’investissement Buttler Capital : le gouvernement avait alors offert 100 millions d’euros en subventions pour l’opération. Ce fonds d’investissement n’en était d’ailleurs pas à son premier fait d’armes ; quelques semaines plus tôt, il avait, avec Veolia Transport, racheté la SNCM (après un long conflit, lâché finalement par la CGT elle-même, négociant avec le gouvernement par dessus la tête des grévistes), juste après que l’État y avait injecté la modeste somme de 113 millions d’euros.

Évidemment, les 540 millions versés par l’État à la SNCF pour mieux privatiser la Sernam n’ont pas atterri dans la poche des salariés, ni même servi leurs intérêts puisque l’entreprise est passée de 2 000 employés en 2000, à 1 600 en 2006. Aujourd’hui le successeur, Buttler Capital, ne s’en sort pas mal non plus : il ne devra débourser que 2 millions d’euros pour les licenciements actuels alors qu’il a obtenu de l’État français 100 millions d’euros en 2005.

A.S.

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