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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 31, janvier-février 2004

Sarkozy contrôle l’immigration… et livre les immigrés au patronat

Mis en ligne le 12 janvier 2004 Convergences Politique

La nouvelle loi de Sarkozy « pour le contrôle de l’immigration », comme les précédentes, qu’elles aient été le fait de la droite ou de la gauche, ne vise qu’à précariser les travailleurs « sans papiers », les désarmer face au patronat et les transformer en main d’œuvre corvéable à merci.

Pour le plus grand bénéfice du patronat

Il faut rappeler que les travailleurs immigrés pouvaient vivre et travailler en France sans « papiers » jusqu’à ce que la circulaire Giscard de juillet 1974 leur accorde un « statut » que les lois Pasqua-Debré des années 80 ont aggravé. Depuis les immigrés doivent disposer de « papiers » ou se retrouver dans l’état de « sans-papiers » contraints à la clandestinité et pourchassés.

Mais ce faisant, ces lois ont simplement transformé ces travailleurs en réserve de main d’œuvre à bon marché, vouée à la surexploitation avec des salaires parfois invraisemblablement bas. Un sans-papier qui travaille dans le bâtiment ou sur un marché n’est jamais sûr du salaire qu’il va recevoir, ni même parfois d’être payé ! Nombre d’entre eux ont eu des accidents graves sans aucune indemnité. Car les patrons peuvent impunément s’asseoir sur le droit du travail et les conventions sociales, ne respecter aucune règle en matière d’accident du travail, ne pas payer un sou pour la retraite ou l’assurance maladie… Ce ne sont pas les sans-papiers, vivant dans la crainte constante du contrôle d’identité et dans l’attente d’une improbable régularisation, qui risquent d’en appeler à la police ou la justice, n’est-ce pas ? Ils contactent même rarement les syndicats, qui ne sont pas eux-mêmes très prompts à les prendre en charge.

Toujours plus précaires

Cela n’empêche pas d’accuser ces travailleurs venus du tiers monde d’être responsables de l’aggravation de bien des maux, criminalité et prostitution entre autres. Ils sont dénoncés comme cause prétendue de l’insécurité. Ils sont même accusés d’être la cause du travail au noir. Un comble quand on sait que de nombreux secteurs de l’économie comme le bâtiment, les marchés ou encore le textile, ne vivent et prospèrent qu’en ayant recours aux sans-papiers.

C’est cette situation précaire des sans-papiers si favorable au patronat que la nouvelle loi Sarkozy entend maintenir. Ou plutôt aggraver, et tout d’abord en rendant plus difficile la défense légale des réfugiés. Ils seront dorénavant arrêtés sur les terre-pleins des aéroports sur lesquels seront aménagés des accueils où les avocats qui voudraient les défendre devront les retrouver, ce qui complique énormément leur tâche. L’augmentation de la durée de rétention va dans le même sens. Bien plus, les personnes qui se portent solidaires des sans-papiers seront elles aussi criminalisées. Ainsi celui qui héberge un sans-papier ou qui lui offre un certificat d’hébergement ou de paternité, sera menacé de passer en justice avec à la clef des peines pénales, amendes ou même prison. Enfin les conditions d’obtention de papiers sont aggravées. Obtenir une carte de dix ans devient un parcours du combattant. Sont augmentés la durée nécessaire de séjour en France, la durée depuis le mariage et s’y rajoute un nouveau contrôle par les services administratifs : celui de « l’intégration ».

Tout ceci signifie que la loi va fabriquer un nombre plus grand de sans-papiers. Mais pas que le gouvernement entend réellement supprimer ou diminuer la main d’œuvre surexploitée qu’ils forment, si utile aux patrons. Tout au plus, il se permet de durcir les conditions d’entrée des Asiatiques ou des Africains, parce qu’il calcule qu’une partie de la main d’œuvre bon marché viendra désormais des pays de l’est intégrés à l’Europe.

Les sans papiers font bien partie de la classe ouvrière dont ils sont la fraction la plus opprimée. Les attaques qu’ils subissent visent par ricochet tous les travailleurs. Elles font partie de l’offensive anti-sociale de ce gouvernement au même titre que les attaques contre les retraites ou la Sécurité sociale. C’est dans le cadre du combat de toute la classe ouvrière que les sans-papiers peuvent construire le rapport de force nécessaire à leur défense. Mais en revanche celle-ci entre bien dans les tâches des organisations ouvrières politiques et syndicales. A tous les militants de le leur rappeler.

Robert PARIS

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