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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 77, septembre-octobre 2011 > Crise de la dette, crise du capitalisme !

Crise de la dette, crise du capitalisme !

Question de rapport de forces

Mis en ligne le 25 septembre 2011 Convergences Politique

Sous prétexte d’endettement public, les classes populaires sont désormais partout attaquées, ici comme en Grèce, en Espagne, en Italie ou en Angleterre. Elles résistent néanmoins, bien que sur la défensive. En France, chaque jour compte des grèves contre des licenciements, chaque jour des mobilisations contre des fermetures d’hôpitaux, chaque fois des actions farouches mais isolées et de ce fait démunies.

C’est encore loin de ce qui serait nécessaire. Mais ce qui existe n’est pas rien, dont il faut partir. C’est à ces luttes locales qu’il faut participer, voire qu’il faut impulser quand on le peut et auxquelles il faut donner un programme, en premier lieu celui de se propager et de s’unir. Et le pays ne manque pas de militants syndicaux et politiques, dont ceux de l’extrême gauche mais ils ne sont pas les seuls conscients des enjeux, capables d’aider leur classe à réagir sur son propre terrain.

Au-delà, il y a la question des perspectives politiques. Et une différence non négligeable entre ceux qui pensent qu’on pourrait insuffler davantage de justice sociale dans ce système, à raison d’élire un bon président (ou bonne présidente) de gauche en 2012, et n’agir sur un terrain de classe que pour pousser un peu à la roue dans ce sens, et ceux dont nous sommes qui pensent que le capitalisme n’est pas amendable et que toute la question est de savoir qui va contraindre qui.

L’une des premières tâches est d’expliquer les ressorts du capitalisme, en quoi les crises (de l’immobilier, des banques ou de la dette) sont le seul mode de régulation de ce système d’exploitation, en quoi chaque fois le coût des dernières folies et frasques n’est rattrapé tant bien que mal que par des plans de baisse drastiques du niveau de vie des exploités.

La propagande contre ce système est nécessaire, face aux solutions bidons, voire solutions poisons de type protectionnistes à relents xénophobes, répandues par la bourgeoisie. Pour commencer, il y a à expliquer et convaincre notre classe que les dettes souveraines ou les taux de chômage ne sont pas des questions d’experts en économie, mais en dernier ressort des questions de rapport de forces entre les classes populaires et leurs exploiteurs. Les travailleurs doivent se convaincre que « la force est un agent économique », comme l’écrivait Karl Marx, et s’en convaincre pour exercer la leur propre. D’autant plus efficace qu’elle sera rassemblée et frappera d’un même poing.

Cette force est potentiellement immense. Jamais la planète n’a compté autant de prolétaires, souvent extrêmement concentrés dans les immenses usines de pays dits émergents. D’année en année, les luttes qui se mènent rendent toujours plus visible que ces prolétaires ont à réagir contre les mêmes pressions et la même paupérisation – même si leurs conditions de travail et de vie sont encore bien différentes d’un continent à l’autre.

Face aux attaques, les grandes lignes d’un programme d’ensemble ne seraient pas si difficiles à fixer, de défense des salaires, de l’emploi, des services publics d’éducation ou de santé. Qui nécessiterait pour son application que les travailleurs se mobilisent, s’organisent et exercent leur propre contrôle sur ces industriels et ces banques qui mènent la planète à la faillite, sans s’arrêter devant les murs de l’argent ou autres barrières de la propriété privée. Mais seule la force organisée permet de ne pas s’y arrêter.

Ces perspectives-là doivent être mises en avant. Elles sont aujourd’hui propagandistes. Du moins pour l’heure en France. Là où des débuts de révolutions ont eu lieu, comme dans les pays arabes, elles pourraient avoir des déclinaisons très concrètes. En tout cas, elles doivent déjà inspirer les actions ou interventions locales dans lesquelles on s’engage. Car les travailleurs et les jeunes qui sont successivement en lutte dans divers pays, ou dans diverses régions voire diverses entreprises d’un même pays, doivent chercher à sortir de l’isolement, à faire converger les luttes pour que l’une ou l’autre atteigne le point critique où elle déclenchera la contagion, fera basculer le rapport de forces général propice à un authentique contrôle ouvrier.

M.V.

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Numéro 77, septembre-octobre 2011