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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 40, juillet-août 2005 > DOSSIER : Main basse sur l’argent public

DOSSIER : Main basse sur l’argent public

Privatisations : quand l’État vend ses « bijoux de famille »

Mis en ligne le 4 juillet 2005 Convergences Politique

La privatisation des services publics sensibilise une partie de la population, bien consciente du fait que si ces services sont soumis uniquement à la loi du profit ils ne peuvent lui être favorables. À l’inverse, si le mouvement actuel de privatisations suscite inquiétude et désapprobation, le mouvement des nationalisations fut plutôt bien perçu. Et pourtant, l’un et l’autre constituent les deux facettes d’une même politique de l’État, consacrant des fonds publics pour que croissent les profits privés.

Privatisations ou nationalisations, c’est le contribuable qui paie la facture !

Le mouvement de yo-yo s’effectue au gré des besoins des entreprises capitalistes. Tantôt nationalisées lorsqu’il s’agit de les renflouer et d’investir, tantôt privatisées lorsqu’elles sont devenues rentables, les entreprises et leurs actionnaires sont les grands bénéficiaires de ce mouvement de pendule, au détriment des caisses de l’État.

En 1982, lors des nationalisations sous un gouvernement de gauche, les actions des entreprises ont été rachetées à leurs propriétaires à une valeur très généreuse. Près de 40 banques, des grands groupes comme Péchiney, Thomson, Bull, ont été renfloués grâce aux milliards déversés par l’État, avec des suppressions massives d’emplois au passage.

Ces entreprises, devenues bénéficiaires quelques années plus tard, après avoir été modernisées aux frais de l’État, étaient prêtes à être revendues. Mais l’État, au bout de deux ans, récupéra la moitié seulement de la valeur en Bourse de ces entreprises ! Un joli cadeau aux actionnaires.

Ralenti jusqu’en 1992, le mouvement de privatisation reprit avec les gouvernements Balladur et Juppé, puis explosa sous le gouvernement Jospin, qualifié par Le Figaro, qui lui en savait gré, de « premier privatiseur de France ». De 1997 à 2002, Jospin a privatisé plus que ses prédécesseurs de droite réunis (31 milliards d’euros de recettes contre 26,4).

Après avoir subi une pause forcée due à l’effondrement des marchés financiers à partir de 2002, peu favorable à l’introduction en Bourse, les privatisations sont reparties de plus belle : France Telecom a inauguré le mouvement, puis sur la piste d’envol, on trouve Air France, Aéroports de Paris, EDF-GDF, en attendant la Poste ou la SNCF...

Des cadeaux aux capitalistes

Dans une privatisation, de nombreux acteurs sont gagnants : les banques tout d’abord, qui n’apparaissent pas sur le devant de la scène, mais qui empochent des fortunes. Car une privatisation est préparée par les banques d’affaires spécialisées, qui se font grassement rétribuer pour leurs bons offices.

Puis il y a les actionnaires bien sûr. Ainsi, le syndicat Sud aérien a dénoncé le fait que l’État s’apprêtait à mettre en vente Air France à la même valeur en 2003 qu’en 1999, sans tenir compte des 6 milliards dépensés entre temps en investissements.

Inutile sans doute de nommer les perdants ! Ainsi aujourd’hui, par exemple, le timbre est encore au même prix sur tout le territoire. Ça risque de changer si La Poste passe au privé. En Suède, le prix du timbre a augmenté de 60 % en quelques années, alors que le nombre d’employés fondait dans le même temps de 27 %.

Laurence VINON

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