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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 80, mars-avril 2012

Notre candidat Philippe POUTOU !

Mis en ligne le 25 mars 2012 Convergences Politique

Philippe Poutou a déposé sa candidature officielle à l’élection présidentielle 2012, en même temps que les 500 parrainages d’élus qui lui étaient nécessaires. Cela montre qu’un ouvrier de l’automobile, révolutionnaire, a convaincu suffisamment d’élus du bien-fondé de sa candidature. Voilà qui rabaisse le caquet de ceux qui n’y croyaient pas, ou n’en voulaient pas, si on se souvient de ceux qui s’appuyaient il y a peu sur des sondages pour mettre hors jeu l’extrême gauche.

Eh bien c’est à voir !

Maintenant commence donc la campagne des militants et sympathisants du NPA pour donner aux classes populaires de ce pays l’envie de voter pour Philippe Poutou, de dire avec lui que ce n’est pas aux travailleurs de payer la crise du capitalisme, que des mesures radicales de sauvegarde des salaires, emplois, amélioration des conditions de vie et de travail, sont nécessaires et devront être imposées par les luttes des exploités et des opprimés.

Pour dire que l’interdiction des licenciements, la hausse générale des salaires d’au moins 300 euros nets, la retraite pleine et entière à 60 ans, des logements décents pour tous, oui, c’est possible. Mais c’est possible non pas en se contentant de glisser un bulletin dans une urne, mais par la convergence de toutes nos luttes en une puissante riposte venue d’en bas. Il n’y aura pas de changement de rapport de forces sans un raz de marée du monde du travail.

Car l’affrontement est rude, entre la bourgeoisie qui maintient ses profits avec tout un arsenal de lois et prétendues réformes, et la classe ouvrière qui paie la facture par la baisse constante de son niveau de vie. La crise n’est pas pour tout le monde. Les actionnaires du CAC 40 ne sont pas sur la paille. Ils continuent au contraire à encaisser des records de dividendes. Au vu et au su de tous, à l’exaspération du monde du travail. Les grands patrons de l’automobile et leurs mafias, par exemple, continuent à s’en mettre plein les poches. Le dividende par action Renault passe de 30 centimes à 1,16 euros cette année : + 286 % ! 340 millions d’euros seront donc versés aux actionnaires. Augmenter les 36 000 salariés de l’entreprise de 300 euros nets ne reviendrait qu’à 250 millions par an, cotisations sociales incluses. Salaires comme licenciements ou fermetures d’entreprises engendrent des coups de colère et luttes. Chez Pétroplus, Lejaby, Citroën-Aulnay, Arcelor Florange pour ne parler que des plus « médiatisés ». Au point que tous les candidats qui défendent ce système d’exploitation, de Nicolas Sarkozy à François Bayrou, en passant par François Hollande ou Marine Le Pen, se sont sentis obligés de pointer leur nez à la porte d’entreprises… et de lancer quelques gadgets auxquels les travailleurs en colère ne croient pas.

Seule l’extrême gauche défend un programme de classe, pour les travailleuses et travailleurs. Notre candidat, Philippe Poutou, mais aussi Nathalie Arthaud, enseignante dans des quartiers populaires, candidate de Lutte ouvrière. Deux porte-parole pour une seule extrême gauche, l’important est qu’ils représentent les intérêts fondamentaux du monde du travail, face à tous ces politiciens qui se disputent les places du prochain gouvernement afin de préserver les intérêts de la bourgeoisie.

Ce qui comptera au soir du 22 avril, premier tour de l’élection présidentielle, ce sont les scores qu’auront réalisés côte à côte ces deux-là et qu’ils pourront totaliser. Mais ce qui comptera davantage encore, c’est la façon dont le contenu de leurs campagnes aura touché les travailleurs, électeurs d’extrême gauche ou pas.

Car l’important est de préparer les échéances à venir, en vue des sales coups contre les classes populaires lesquels, quel que soit l’élu, vont tomber encore plus drus. L’important est donc de se saisir de cette campagne pour gagner le maximum de travailleurs à la perspective qu’il va falloir en découdre par les luttes, tous ensemble, et que sans offensive ouvrière généralisée, la bourgeoisie ne lâchera pas prise.

L’enjeu de la campagne sera de ce fait aussi de faire comprendre pourquoi l’extrême gauche a toute légitimité à ne pas se dissoudre dans ce Front de gauche dit radical. Jean-Luc Mélenchon agite quelques mesures radicales. Fort bien que des dizaines de milliers de personnes soient venues les applaudir, et aient « pris la Bastille » le dimanche 19 mars, grâce aux autocars et à l’intendance du PCF. En espérant pour l’avenir que ce soit cette « radicalité », et non les accents chauvins dont Mélenchon est coutumier, qui lui valent du succès. On verra s’il réussit à capter une partie des 10 % réalisés par Arlette Laguiller et Olivier Besancenot dans un passé récent. Car le moins qu’on puisse dire est que la radicalité d’un Jean-Luc Mélenchon du Front de gauche se donne d’emblée des limites très précises.

Radical je suis, dit-il, mais dans le système je reste ! D’où ses formules savamment pesées de « révolution citoyenne », et maintenant « insurrection civique », qui accolent des mots qui ne vont pas ensemble. D’un côté la musique qui peut faire rêver, de l’autre les paroles qui ramènent sur la terre capitaliste et institutionnelle, à une bonne VIe République française. Bref, tout pour les urnes et rien que par les urnes, les luttes n’étant là au mieux que pour favoriser une victoire électorale. Mais qui peut croire qu’une majorité parlementaire avec le Parti socialiste, pourra faire s’écrouler les bastilles de la finance ? C’est là que Mélenchon reste coi !

Bien sûr, nous côtoyons dans les entreprises et les quartiers, dans les syndicats et les associations, bien des camarades tentés par cette « gauche de la gauche » et qui seront néanmoins dans les luttes qui nous attendent, voire à leur origine. Mais pour les mener dans quels buts ? Comment et jusqu’où ?

C’est en préparation de ces luttes que les révolutionnaires, même minoritaires aujourd’hui, doivent préserver leur politique et la défendre haut et clair : les mesures radicales nécessaires ne pourront pas s’imposer sans mobilisation générale, et au-delà, sans contrôle politique des travailleurs mobilisés sur leur application.

Pour le NPA, comme aussi pour Lutte ouvrière, la campagne électorale prolonge et donne le moyen d’amplifier la politique quotidienne. Dans les quelques semaines qui nous séparent du premier tour, nous avons l’opportunité, grâce à l’accès aux médias mais aussi aux efforts militants sur le terrain, de défendre nos perspectives auprès du maximum de ceux que nous ne connaissons pas, dans les entreprises et les quartiers. Dont certains qui, dans les classes populaires, sont tellement brisés et aveuglés par la crise qu’ils sont tentés de voter pour Marine Le Pen – elle aussi pourtant, candidate des patrons et des millionnaires.

Derrière la question du programme pour le monde du travail et de la façon de l’imposer, il y a la question cruciale de savoir si l’on peut s’accommoder du système capitaliste ou pas, si les travailleurs doivent laisser leur sort entre les mains de politiciens bourgeois ou pas. Bref de comment on prend la Bastille, pas symboliquement mais vraiment, pas pour une après-midi mais assez longtemps pour changer la société. En louant un maximum d’autocars, ou en préparant sérieusement la révolution prolétarienne dont on ne fera pas l’économie ?

Alors c’est parti. Militons pendant les quelques semaines qui nous séparent du 22 avril pour la candidature de notre camarade Philippe Poutou, c’est-à-dire pour notre programme de défense des intérêts fondamentaux des travailleurs. Pour une insurrection, oui, mais qui sera tout sauf « civique », tout sauf respectueuse de l’ordre capitaliste existant.

19 mars 2012

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Numéro 80, mars-avril 2012