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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 38, mars-avril 2005

Maroc : six syndicalistes condamnés à 10 ans de prison

Mis en ligne le 7 mars 2005 Convergences Monde

Le 14 janvier dernier six syndicalistes dont l’ex-secrétaire général du syndicats des ouvriers des mines d’Imini, Mohamed Khouya, ont été condamnés pour « entrave à la liberté de travail et coups et blessures entraînant un décès délibéré » à 10 ans de prison ferme chacun. L’affaire devrait être examinée dans les prochains jours par la Cour d’appel de Ouarzazate. Elle suscite d’ores et déjà un vaste mouvement de protestation au Maroc où une commission nationale de soutien aux mineurs d’Imini s’est créée le 9 février dernier sur initiative d¹une centaine d¹organisations politiques, syndicales, associatives et de personnalités nationales qui nous a fait parvenir un récit de l’affaire que nous résumons ci-après.

Les mines d’Imini relevant de la Société chérifienne des études minières (SACEM) sont depuis toujours synonymes de précarité, cadence de travail effrénée, mauvaise gouvernance, enclavement d’une population déshéritée, pollution mais surtout de climat antisyndical. L’ouverture de la procédure de redressement de la mine au mois de novembre 2001, avait encore entraîné une succession de mesures visant les maigres droits et acquis des ouvriers accumulés après tant d’années. Le 28 octobre 2002 une note instituait le travail à temps partiel au sein de la mine avec réduction de 50 % des salaires. Depuis les protestations, manifestations et sit-ins devant le siège se sont multipliés pendant que les négociations entre syndicalistes et Direction traînaient en longueur.

Les choses se sont gâtées lorsque le 1er avril 2004 la Direction a obtenu de la direction régionale de l’UMT (une des deux grandes confédérations) le limogeage de Mohamed Khouya, jusque là membre du bureau régional, chargé de l’action syndicale dans le secteur minier de la province et mandaté pour négocier les mesures d’accompagnement social du plan de continuation de la mine. Les 148 ouvriers et cadres des mines d’Imini ont alors décidé le 5 avril 2004 de se retirer en bloc de l’UMT pour adhérer à la CDT, le syndicat concurrent.

Le 15 avril 2004 sous la conduite du Secrétaire général régional de l’UMT une véritable milice d’environ 120 personnes étrangères à la mine, tentait de reprendre celle-ci d’assaut, alors que la Direction pour accroître le désarroi avait orchestré une coupure électrique dans tous les villages de mineurs.

Lors des affrontements et des échanges de jets de pierres un ouvrier UMT était blessé à la main. Transporté le soir même à l’hôpital provincial de Ouarzazate il y décédait huit jours plus tard dans des conditions que les défenseurs des 6 syndicalistes jugent bien suspectes, puisqu’on devait apprendre que quelques jours avant l’équipée il avait déjà été placé en réanimation à l’hôpital provincial à cause d’un diabète chronique, et que la veille même le directeur local des mines d’Imini l’avait fait sortir de l’hôpital à l’insu de sa famille pour le faire transporter aux mines d’Imini.

C’est pourtant ce décès qui justifierait la condamnation des 6 mineurs.

Février 2005

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