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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 60, novembre-décembre 2008

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Mis en ligne le 2 décembre 2008 Convergences Culture

Le rêve de Bolivar

Marc Saint-Upéry

370 pages, 12,50 €.

Éditions La découverte.


Ce livre, paru pour début 2007, vient d’être réédité en format poche. Sous-titré « Le défi des gauches sud-américaines » , il fournit des éléments sur les politiques de la gauche (ou des gauches) au pouvoir en Amérique du Sud. Trois pays sont l’objet d’un chapitre spécifique : le Brésil de Lula, le Venezuela de Chávez, l’Argentine des Kirchner. Un autre est consacré aux questions indienne et noire. Le dernier est consacré aux relations internationales en Amérique du Sud, avec évidemment la question des relations avec les États-Unis.

L’auteur, qui réside en Équateur, se présente comme un journaliste et un « militant de gauche » qui croit encore à la « transformation sociale » et à la « mobilisation populaire » , mais qui « ne croit pas à la révolution » .

Le livre, à la lecture agréable, a le mérite en moins de 400 pages de donner des éléments très concrets sur la réalité sociale et politique du continent. L’auteur laisse la parole à de nombreux interlocuteurs (hommes politiques, militants de gauche, journalistes ou simples habitants) qu’il a rencontrés au cours de son enquête. Il nous plonge dans la réalité du racisme des élites blanches vis-à-vis des Indiens, ou dans les espoirs de la population des bidonvilles de Caracas en Chávez. Mais il donne aussi des rappels historiques, le péronisme en Argentine ou l’histoire de la politique pétrolière du Venezuela.

Si l’auteur ne cache pas ses sympathies et espoirs pour ces gouvernements de gauche, il ne tombe pas dans l’apologie. Ce qui permet de percevoir les fortes limites de cette gauche, et combien insuffisantes sont ces politiques pour en finir avec l’extrême inégalité qui règne dans ce continent. Il a aussi le mérite de se démarquer fermement de la thèse des « deux gauches », qui voudrait absolument distinguer une gauche modérée, d’une autre, radicale, symbolisée par Chávez, une image d’Épinal du commentaire politique, aussi bien reprise par des admirateurs de la modération d’un Lula que par une partie des altermondialistes et de l’extrême-gauche qui ne jure que par Chávez. Saint-Upéry met en lumière nombre de continuités avec les politiques des gouvernements antérieurs : ainsi la politique de nationalisme pétrolier au Venezuela précède largement Chávez. Les alliances ou les différends entre les pays sud-américains s’expliquent d’abord par les intérêts économiques et géopolitiques et non par les étiquettes politiques des uns et des autres.

Un ouvrage qui peut servir d’une bonne introduction à l’Amérique du Sud actuelle, et dont on finit la lecture en ayant vraiment le sentiment d’avoir appris quelque chose sur ce continent.

Michel CHARVET

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