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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 3, mai-juin 1999

Points de vue

Les révolutionnaires et les « nouveaux » syndicats

Mis en ligne le 1er juin 1999 Convergences Politique

Dans cette rubrique, militants des deux tendances qui publient Convergences Révolutionnaires, mais aussi lecteurs appartenant à d’autres courants, font part de leurs réactions ou points de vue. Nous leur demandons simplement de respecter les contraintes d’une pagination forcément limitée.


L’article du numéro 2 de Convergences Révolutionnaires intitulé « Depuis 10 ans, l’arrivée de nouveaux syndicats » pose un problème d’appréciation et d’orientation de la politique syndicale des révolutionnaires.

Dans les années 70, une partie des militants révolutionnaires nourrissaient des illusions en la CFDT où ils voyaient un syndicalisme plus propice que les autres à leur activité en entreprise. Le penchant de certains militants d’extrême gauche à voir dans les syndicats SUD un « renouveau du syndicalisme », voire un retour aux « pratiques du syndicalisme révolutionnaire », relève du même type d’illusions.

L’appareil des syndicats SUD est loin de n’être influencé que par la politique des révolutionnaires qui y militent. Les responsables de SUD, exclus de la CFDT pour leur participation aux grèves de l’automne 1988 dans les hôpitaux et à la Poste, ou l’ayant quittée à la SNCF après décembre 1995, se sont montrés alors plus combatifs que les apparatchiks de la confédération mère. Mais beaucoup ont gardé leurs pratiques syndicales d’auparavant à la CFDT, non exemptes de bureaucratisme et surtout de clémence l’égard de la politique anti-ouvrière du gouvernement « de gauche ». Quant aux « anciens militants des groupes d’extrême-gauche » qui, selon l’article, « ont fait de SUD leur organisation », ils ont en se réfugiant dans le seul syndicalisme abandonné l’essentiel, le combat politique. Et, maintenant qu’ils ont un appareil qu’ils considèrent comme « leur organisation », eux-mêmes sont moins enclins (ils ne l’étaient déjà pas beaucoup hier) à susciter dans les luttes la création de comités de grève ou même de coordinations.

Il n’y a pas en soi de « syndicalisme révolutionnaire ». Il y a seulement, ce qui est autre chose, une politique des militants révolutionnaires dans les syndicats. Lorsqu’ils ont le choix, ils auraient tort de privilégier l’entrée dans un « nouveau » syndicat, SUD en l’occurrence aujourd’hui. La CGT garde une influence décisive parmi les ouvriers d’industrie, et même les cheminots, les postiers ou le personnel hospitalier. C’est elle qui joue le principal rôle dans les luttes... y compris négatif, pour les isoler, les freiner ou les arrêter.

Si l’appareil CGT a longtemps fait la chasse aux militants révolutionnaires dans ses rangs, c’était en grande partie parce que ses propres militants, qui se référaient au communisme, même dévoyé et caricaturé par le stalinisme, pouvaient être sensibles à l’influence des révolutionnaires communistes. Cela reste vrai aujourd’hui. Les travailleurs qui choisissent la CFDT, FO ou… SUD se sentent en réalité plus proches de la social-démocratie existante que des idéaux communistes.

Le rapprochement de la CGT avec la CFDT peut faire craindre un « isolement des SUD et du groupe des 10 dans le champ syndical » note l’article. C’est la situation vue par… la lorgnette de l’appareil SUD. Pourtant, s’il est quelque chose de plus notable pour les révolutionnaires dans le recentrage de la CGT, ce sont les réactions contre cette évolution au sein de la CGT.

Il y a à la CGT, plus nombreux évidemment que dans tous les autres syndicats réunis, des militants qui ne se retrouvent plus dans la politique du Parti Communiste et de la direction de la CGT. L’extrême gauche se doit de leur offrir des perspectives. C’est souvent plus facile quand on milite avec eux dans le même syndicat. C’est une raison de plus pour nous de continuer à privilégier l’implantation dans la CGT. Même si en militant à SUD, à la CFDT ou à FO selon les possibilités, nous pouvons toujours et devons nous adresser aux militants de la CGT.

Quant à la FSU, elle a certes appelé ses adhérents à participer aux principales manifestations contre le plan Juppé en décembre 1995. Mais ceux des enseignants qui ont milité alors pour une extension de la grève ont dû s’affronter à l’appareil de la FSU. Sans parler de la politique des dirigeants de la FSU aujourd’hui, pas bien mordante - c’est un doux euphémisme - contre Allègre !

Olivier BELIN (fraction L’Etincelle)

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