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Archives > Éditos L’Étincelle > 2017 > février > 6

Le repli national ne protège jamais les travailleurs !

Ce week-end, en dehors de Fillon qui a préféré se terrer, tous les « grands » candidats à la Présidentielle ont poursuivi leur campagne. Parmi leurs promesses et boniments, il y a un argument qui revient chez plusieurs d’entre eux : le repli sur les frontières nationales protégerait les emplois en France.

Le Pen a approuvé les mesures protectionnistes de Trump, le milliardaire américain qu’elle prend ouvertement pour modèle… Mais Mélenchon n’est pas en reste, qui approuve, lui aussi, le Brexit, la sortie de l’Union européenne de la Grande-Bretagne, et flirte clairement avec une sortie de la France.

Des propos nationalistes jamais très loin des propos xénophobes

C’est une spécialité des Le Pen, père et fille, de dealer avec les sentiments xénophobes. Mais que penser de Mélenchon quand il a dénoncé en juillet dernier, au Parlement européen, la situation qui existe « dans chaque pays chaque fois qu’arrive un travailleur détaché, qui vole son pain aux travailleurs qui se trouvent sur place » ? Comme si le travailleur migrant était responsable de la misère qu’il fuit ! Comme si le travailleur « détaché » polonais ou roumain était responsable du contrat passé par son patron, responsable de la recherche du plus bas prix – et donc des plus bas salaires – de la part des capitalistes « bien de chez nous » ?

En France, près d’un travailleur de l’industrie sur deux travaille dans une entreprise étrangère !

Tous ceux que séduisent ces politiques protectionnistes ont en tête les délocalisations − comme Renault avec Dacia en Roumanie… Mais, si les entreprises françaises rapatriaient leur production en France comme fait mine de le proposer Trump pour les États-Unis, les firmes étrangères ne risqueraient-elles pas d’en faire autant des entreprises qu’elles ont en France ? C’est bien beau de penser à Dacia en Roumanie. Mais qu’arrivera-t-il aux travailleurs de l’usine… Toyota de Valenciennes ?

Si toutes les entreprises non françaises quittaient la France… un travailleur sur huit serait au chômage ! Et même un sur deux dans l’industrie !

Le repli sur soi, comme dans les années 1930 ?

Les grandes entreprises représentent l’essentiel du commerce international ; aucun marché national ne peut leur suffire. Les françaises comme les autres. Un repli sur les frontières nationales engendrerait une intensification de la guerre commerciale.

C’est d’ailleurs la situation qu’a connue l’Europe, puis le monde entier, dans les années 1930 et la guerre commerciale a débouché sur une guerre tout court.

Nous n’en sommes certes pas là mais le temps des affrontements n’est jamais bien loin quand les politiciens se mettent à promouvoir un nationalisme aux accents toujours guerriers…

Les travailleurs de tous les pays ont les mêmes intérêts

Les capitalistes mettent les travailleurs en concurrence les uns avec les autres, d’un pays à l’autre et, dans un même pays, d’une usine à l’autre !

Ils prétextent toujours que nous sommes trop payés tandis que les autres le seraient moins.

Mais il y a une autre solution que de nous déchirer entre travailleurs : nous battre ensemble pour que tout – salaires, législation sociale – soit aligné sur le pays où la situation est la plus favorable aux travailleurs.

L’Europe actuelle est celle des capitalistes ? Eh bien construisons donc l’Europe des luttes des travailleurs : pendant que nous nous battions en France contre la loi Travail, les travailleurs belges et italiens en faisaient autant contre leur loi Travail à eux, mais sans que nos luttes soient coordonnées !

Nous retrouverons le chemin de la victoire quand nous réussirons à exporter nos luttes aussi facilement que les capitalistes exportent leurs capitaux !

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