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DOSSIER : Croissance et mondialisation : des raisons pour une reprise de l’offensive ouvrière

Le dévouement capitaliste des sociaux-démocrates européens :Que sont les partis sociaux-démocrates devenus ?

Mis en ligne le 1er avril 2000 Convergences Politique

Loin, très loin de leurs ancêtres révolutionnaires et ouvriers du début du siècle, les partis se réclamant de la social-démocratie sont aujourd’hui les meilleurs gestionnaires du capitalisme.

La politique dite « libérale » a fait son entrée brutale et cynique dans les années 1980, sous la houlette des Reagan et Thatcher. Mais la nouvelle offensive capitaliste de déréglementation des flux financiers, de concentrations industrielles et de régression sociale, a continué son chemin, davantage planifié et en concertation avec les directions syndicales. Et la social-démocratie au pouvoir dans la plupart des pays européens s’est montrée le meilleur fantassin de cette offensive.

Loin de constituer un quelconque frein, même modéré, même nationaliste, c’est elle qui en France, en Angleterre, en Espagne, en Italie, en Belgique, en harmonie avec les directives et accords de l’Union européenne, parfait l’œuvre de privatisation des services publics, de restrictions sur la santé, l’éducation, les transports, de baisse des prestations versées aux chômeurs et aux retraités, de flexibilisation du travail.

Là où les conservateurs se sont parfois cassés les dents, là où les politiques de Berlusconi en 1994, de Juppé en 1995, et même de Kohl en 1996, ont suscité des manifestations de centaines de milliers de travailleurs, les D’Alema, Jospin et Schröder semblent capables de faire avaler les pilules les plus amères.

Une adhésion des classes populaires ?

Au contraire des années 1970, les partis sociaux-démocrates ne sont plus en mesure de proposer ou de mener des politiques qui améliorent sensiblement les conditions de vie, de travail, dans une perspective réformiste. Ceci dit, malgré les déceptions ou écœurements, ils gardent dans les milieux populaires l’image de partis qui, à défaut de défendre les intérêts des plus démunis, du moins limiteraient au mieux les dégâts. Et le discours social-démocrate, qui rejette la responsabilité des attaques sur des « forces extérieures » (patronat, fonds de pension, USA, mondialisation) et déclare n’y pouvoir rien mais, semble s’opposer à celui de la droite qui assume presque tout comme un bien nécessaire.

Une partie des classes moyennes, fragilisées, s’accroche à la social-démocratie en espérant qu’elle sauvera ce qui peut être sauvé. La méfiance est plus grande dans les classes populaires, mais elle se traduit aussi par une attirance pour les partis d’extrême droite.

Alors pour tenter de garder son audience, pour limiter toute contestation de sa politique du côté des couches populaires et pour qu’aucun parti ne puisse incarner une alternative politique à gauche, des partis sociaux-démocrates réussissent à amener les partis partiellement « contestataires » du système (Grünen, Izquierda Unida, Parti de la Refondation Communiste...) à s’allier à eux dans la gestion des affaires de la bourgeoisie, avec ministères et accords électoraux à la clé, ou menaces d’unions avec la droite. En Italie, ce chantage a longtemps obligé le PRC à soutenir le gouvernement Prodi, et a permis de faire porter sur lui la responsabilité de la formation du cabinet D’Alema avec le centre droit.

Le soutien des directions syndicales

Cette volonté de faire figure de seule gauche possible se double d’une politique offensive en direction d’autres résistants potentiels : les syndicats. Nombre de militants syndicaux ont été désorientes par la politique et l’évolution à droite des partis sociaux-démocrates. Mais les directions des confédérations syndicales, elles, l’accompagnent ouvertement et ne défendent plus qu’un service minimum de luttes. La CGIL italienne soutient de fait la politique d’austérité alors qu’elle avait su dans le passé mobiliser les travailleurs pour défendre les retraites.

A l’aube du troisième millénaire, encore utile, la social-démocratie ? A la bourgeoisie, pour faire passer son programme de rénovation, c’est-à-dire d’exacerbation, de l’exploitation capitaliste. C’est donc aux révolutionnaires d’expliquer de façon pratique qu’entre réforme et révolution, il ne s’agit pas d’un débat sur les moyens, mais bien sur la fin poursuivie.

Paul EIRE

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Numéro 8, mars-avril 2000