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Archives > Éditos L’Étincelle > 2003 > mai > 11

Le 13 mai tous en grève et dans la rue… le 14 on continue !

Avec son projet sur les retraites, le gouvernement veut nous faire travailler davantage et plus longtemps pour toucher moins. Dans un premier temps, Raffarin, Fillon et consorts ont voulu nous faire croire que leur souci était de rétablir « l’équité » entre public et privé. Il est clair aujourd’hui qu’il ne s’agissait que d’une grossière tentative de division dans le seul but de faire accepter à tous un allongement de la durée des cotisations et une baisse de 20 à 30 % du niveau des pensions.
Avec l’amputation des retraites, le gouvernement incite à recourir aux fonds de pensions. Ceux qui pourraient encore rogner sur leur salaire sont invités à confier leurs économies, au risque de les voir partir en fumée, soit à des banques ou des assurances qui les joueront à la Bourse, soit directement à leur patron qui, comme la société Enron, pourra les faire disparaître en même temps que leur emploi… sans que ce soit perdu pour tout le monde.
Quant à ceux, la majorité, qui n’auront pas les moyens de se constituer un tel complément, après avoir été jetés de leur travail avant d’atteindre leur 40, 42 ou 45 annuités de cotisations, ils pourront traîner jusqu’à la mort de petits boulots en petits boulots. Ou comme on le voyait encore il n’y a pas plus de 25 ans, faire les poubelles sur leurs vieux jours pour manger.
Contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, il n’y a pour les retraites aucun problème de démographie - la production n’a pas cessé d’augmenter ces dernières années et dans des proportions considérables - le seul vrai problème est celui de la répartition des richesses.

Derrière le projet contre les retraites, s’annonce aussi celui du démantèlement de la Sécurité sociale. Le déremboursement immédiat de plus de 600 médicaments est le prélude au dépôt d’un projet de loi, cet automne, selon lequel la Sécurité sociale ne couvrirait plus que les risques de quelques maladies jugées les plus graves, laissant de plus en plus à la charge des assurés sociaux les frais des autres dépenses de santé et les incitant à recourir pour le complément, à des mutuelles - en conséquence toujours plus chères - et à des assurances privées. Ceux qui en auront les moyens évidemment, les autres devront renoncer à se soigner.
Sur un autre front, loin d’empêcher les patrons de licencier, le gouvernement leur donne l’exemple. En supprimant des postes dans l’éducation nationale, dans les transports, dans les hôpitaux, à la poste, en ne remplaçant pas des milliers de fonctionnaires partant en retraite. Pour faire des économies de budget… et consacrer davantage de fonds en dépenses d’armements, ou en cadeaux au patronat.
Le gouvernement mène une offensive brutale contre tous les travailleurs et il en rajoute dans le style « ça passe ou ça casse ».

Demain 13 mai, un appel de tous les syndicats nous invite à faire grève et à manifester. Nous devons y répondre massivement. Cette journée doit nous servir à préparer la suite. Une suite qui ne doit pas se résumer à une autre lointaine journée comme cette promenade dominicale programmée pour le 25 du mois, mais être le début d’un mouvement qui se prolonge et s’amplifie jusqu’à devenir une grève générale avec manifestations de rue.

Raffarin répète à qui veut l’entendre « ce n’est pas la rue qui gouverne ». Mais nous savons que ce sont les grèves en se généralisant en 95, avec les manifestations répétées, qui ont obligé Juppé, un des prédécesseurs de Raffarin, en quelques semaines à remballer les mêmes projets qu’aujourd’hui. Et nous savons que c’est une grève générale en mai 68, qui a contraint le patronat, sous De Gaulle, à fortement augmenter les salaires et presque doubler le minimum de l’époque.

Si la grève continue le 14 mai, ne serait-ce que dans quelques secteurs importants, même les syndicats qui sont aujourd’hui réticents à une grève générale choisiront de se mettre sur les rangs. A nous travailleurs de montrer à Raffarin que nous voulons nous aussi aller jusqu’au bout. Nous avons la force et les moyens de lui faire remballer ses sales coups, car sans nous, rien ne peut fonctionner ni être produit dans ce pays.

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