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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 16, juillet-août 2001 > DOSSIER : Révolte en Kabylie, révolte en Algérie

DOSSIER : Révolte en Kabylie, révolte en Algérie

La guerre d’indépendance

Mis en ligne le 1er août 2001 Convergences Monde

La guerre d’Algérie a duré de 1954 à 1962, avant d’aboutir à l’indépendance en laissant un pays ruiné, 500 000 morts du côté algérien et 30 000 du côté français. Elle a revêtu un caractère assez particulier au sein de la révolution coloniale car l’Algérie était une « colonie de peuplement » avec près d’un million de Pieds noirs pour la plupart originaires de la métropole et en France une immigration algérienne formait une fraction notable de la classe ouvrière.

Le mouvement nationaliste algérien est né en 1926 quand Messali Hadj crée parmi les ouvriers émigrés en France l’Étoile nord-africaine qui revendique l’indépendance des pays du Maghreb. Elle est dissoute sous le Front populaire et remplacée par le Parti Populaire Algérien (PPA) lui aussi interdit. Le 8 mai 1945, le soulèvement de Sétif est réprimé avec une terrible brutalité (entre 10 000 et 45 000 morts selon les estimations) par le gouvernement issu de la Libération.

De la révolte à l’insurrection armée

Un nouveau statut voit le jour en 1947, mais il n’est question ni d’indépendance ni d’autonomie. Deux organisations nationalistes coexistent désormais : l’Union Démocratique du Manifeste Algérien (l’UDMA dirigée par Ferhat Abbas, modérée), et le Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques (le MTLD dirigé par Messali Hadj). Dès 1947 le MTLD crée une organisation para-militaire, l’Organisation Spéciale (l’OS). Ce sont les activistes de l’OS qui entament la lutte armée sur tout le territoire algérien le 1er novembre 1954, après avoir rompu avec le MTLD. Un nouveau mouvement voit le jour : le Front de libération nationale (FLN) dont le programme réclame l’indépendance nationale. Mitterrand, alors ministre de l’intérieur, organise activement la répression au nom de « l’Algérie française ».

L’insurrection finit par embraser toute l’Algérie. Le gouvernement français, qui a été contraint d’octroyer l’autonomie interne à la Tunisie et au Maroc en 1953, ne veut rien lâcher en Algérie. A partir de 1956, le socialiste Guy Mollet y expédie les soldats du contingent. La guerre et la répression, dont les aveux du général Aussaresse ont confirmé récemment le caractère barbare, s’intensifient. En 1958 De Gaulle prend le pouvoir et se voit contraint d’engager des négociations à Evian en 1961 avec le GPRA (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne). L’OAS, organisation française d’extrême-droite, se déchaîne. La France ayant renoncé en partie au pétrole du Sahara, un cessez-le-feu est signé le 19 mars 1962, alors que commencent l’exode des Pieds noirs vers la France et le massacre des harkis en Algérie.

La gauche française et l’extrême-gauche

Le Parti Socialiste est l’un des responsables de la répression alors que le PCF ne mène qu’une lutte assez molle pour la « Paix en Algérie » après avoir désapprouvé en novembre 1954 «  le recours à des actes individuels susceptibles de faire le jeu des pires colonialistes, si même ils n’étaient pas fomentés par eux », et surtout après avoir voté les pouvoirs spéciaux à Guy Mollet en 1956.

Quelques militants parmi les courants chrétiens de gauche, les dissidents du PCF et l’extrême gauche trotskiste et anarchiste font le choix de soutenir le FLN. Les membres des réseaux clandestins qui fonctionnent autour du philosophe Francis Jeanson et du communiste égyptien Henri Curiel seront baptisés les « porteurs de valises ». Certains sont jugés en septembre 1960. Au même moment est lancé le « Manifeste des 121 » signé par les intellectuels et les artistes les plus prestigieux, défendant l’insoumission pendant la guerre d’Algérie. Un autre procès aura lieu en juin 1963 à Amsterdam pour juger 2 dirigeants trotskistes, Pablo et Santen, pour fabrication de fausse monnaie à l’usage du FLN.

Mais ce qui a manqué au peuple algérien pour que sa lutte aboutisse non seulement à l’indépendance mais à donner le pouvoir aux opprimés ce n’est pas tellement les aides matérielles au FLN mais l’absence d’un parti qui représente les intérêts des travailleurs et des pauvres.

R.B.

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