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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 11, septembre-octobre 2000

Editorial

La croissance se fait sur notre dos

Mis en ligne le 1er octobre 2000 Convergences Politique

La croissance s’affiche pour les patrons. Les trusts internationaux accroissent leurs profits mais imposent des fermetures d’entreprises, des licenciements comme à Cellatex ou à Adelshoffen pour accroître les profits des commanditaires et des maisons-mères. Total-Fina annonce avec son nouveau compère Elf plus de 40 milliards de profits, alors que les populations continuent à faire les frais de l’augmentation des prix des carburants. Cette croissance se fait sur le dos des salariés et gouvernement et patronat accentuent leurs attaques qui visent à rendre le travail moins cher, à amoindrir les droits sociaux.

Côté gouvernemental, Jospin n’a de cesse de déclarer qu’il faut adapter la France au défi de la mondialisation. Traduction : alléger les « charges patronales » et les affranchir du maximum de contrainte. Ceci à l’image de la « charte des droits fondamentaux » que la Conférence des gouvernements européens s’apprête à adopter en décembre à Nice, charte qui ne vise qu’à confirmer le « droit » des travailleurs à chercher un emploi et à se faire exploiter au moindre prix. Et Mme Aubry a été aux avant-postes avec une première loi qui a fait pénétrer la flexibilité et l’annualisation dans tout le secteur privé (en attendant que les mêmes attaques s’appliquent à la fonction publique) et une seconde qui institue une baisse permanente du salaire social, par les dégrèvements de cotisations sociales.

Côté MEDEF, le patronat craint que la petite baisse du chômage -même si elle se traduit par une hausse de la précarité- et les chiffres de la croissance ne donnent confiance aux salariés pour obtenir leur dû, alors que lui voudrait faire accepter que cette croissance se fasse sous le signe de la mise à bas des droits sociaux, du droit à l’indemnisation du chômage, de l’introduction de contrats précaires à la place du CDI.

Car, pour l’instant, les salariés et les chômeurs, la classe ouvrière, ne voient guère les retombées de ces nouvelles richesses. La « réforme fiscale » de Fabius, au lieu de faire baisser les impôts des foyers populaires, bénéficie essentiellement aux hauts revenus et à la fiscalité des entreprises.

Patrons-routiers et exploitants agricoles ont su se mobiliser pour exiger d’être de la noce patronale, et le gouvernement a vite reculé. Mais l’inquiétude de Seillière devant ce conflit de petits patrons est révélatrice. Sa crainte, comme celle de Jospin, est que les travailleurs se disent, eux aussi, qu’il est temps de faire payer la note des salaires au rabais, du chômage et de la précarité. Les directions syndicales, engluées dans la toile d’araignée de la refondation sociale, ne se font guère les porte- parole de ces exigences.

Les militants révolutionnaires auront à cœur dans les mois qui viennent de mettre en avant l’exigence que la croissance soit celle des salaires et de l’emploi, celle d’une autre répartition des richesses, au profit des salariés et des chômeurs, pas à celui des patrons et des actionnaires.

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