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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 34, juillet-août 2004

Editorial

L’alliance LO-LCR après « l’échec » électoral

Mis en ligne le 22 juin 2004 Convergences Politique

Le mauvais résultat des listes LO-LCR aux élections européennes aura fait plus d’heureux qu’un bon aurait pu le faire. Unanimes tous nos ennemis, et même quelques uns de nos amis, glosent sur « l’échec » de l’alliance LO-LCR.

Leur soulagement est sans doute à la hauteur de leur appréhension. Il était déjà visible au soir des régionales, pour lesquelles pourtant le résultat sans être bon était loin d’être catastrophique. Après tout, pas loin de 5 % des voix pour l’extrême gauche la maintenait au niveau électoral moyen où elle s’est hissée depuis une dizaine d’années et confortait plutôt le fait qu’elle constitue bien une force qui compte dans le paysage politique de ce pays.

L’on peut débattre des raisons pour lesquelles elle n’a pas retrouvé ce pourcentage deux mois et demi plus tard. L’une en tout cas peut être écartée d’emblée : que les électeurs auraient perdu en juin l’estime qu’ils pouvaient lui avoir marquée en mars. L’explication, corroborée par l’énorme augmentation des abstentions, est bien plutôt à rechercher dans l’absence d’enjeu de ces élections européennes, au point que sans doute nos électeurs n’ont pas vu la raison de répéter leur geste. De là à en déduire qu’ils ont voulu le désavouer...

Mais tous ceux qui en viennent ouvertement ou non à cette conclusion, y compris malheureusement dans les rangs de l’extrême gauche elle-même, visent à bien autre chose : persuader les deux organisations qu’elles ont plus à perdre qu’à gagner en intervenant ensemble, même quand elles sont d’accord sur les buts et les méthodes de ces interventions ; persuader que leur apparition en commun repousserait d’avance une partie de ceux qui suivent l’une ou l’autre ; persuader la LCR que l’erreur fut d’accepter de se distinguer clairement de la gauche, en refusant d’avance avec LO d’appeler à voter pour cette gauche au deuxième tour des régionales (même si cet argument est parfaitement illogique puisque cela n’a pas empêché plus d’un million d’électeurs de voter au premier tour) ; persuader LO que cela ne sert à rien de faire alliance avec la LCR puisque cela n’améliore même pas l’impact électoral (même s’il est bien évident que chacune de leur côté les deux organisations n’auraient pas plus attiré sur leur nom des électeurs qui, voulant condamner ce gouvernement, ont estimé que le bulletin PS leur serait plus utile pour exprimer leur opinion).

Ce vote, ou ce non-vote, ne change rien à ce que bon nombre de travailleurs attendent toujours de l’extrême gauche, en particulier sur les terrains de la lutte de classe et dans les prochaines confrontations sociales. Mais c’est justement là qu’il y a un enjeu pour nos adversaires à interrompre maintenant l’alliance des deux organisations.

Les élections européennes passées - ce non-événement pour une énorme majorité des travailleurs - restent les vrais problèmes : d’un côté l’offensive anti-ouvrière des patrons et du gouvernement qui continue, symbolisée au moment même où nous écrivons par leur volonté de privatiser EDF-GDF et faire voter en juillet le plan Douste-Blazy sur l’assurance-maladie ; de l’autre côté la volonté affichée du Parti socialiste d’attendre sans broncher les prochaines élections de 2007 comme celle des directions des grandes organisations syndicales de rechercher négociations et compromis plutôt que d’organiser la riposte.

Comment dans ce contexte LO et LCR pourraient-elles manquer d’essayer d’intervenir et d’explorer systématiquement les opportunités de le faire en commun ? Et comment de telles opportunités ne pourraient-elles pas se présenter, et pas dans trois ans mais dans les mois, voire les semaines qui viennent ?

21 juin 2004

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