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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 73, janvier-février 2011 > DOSSIER : L’Europe de la crise : Mêmes attaques, mêmes colères

DOSSIER : L’Europe de la crise : Mêmes attaques, mêmes colères

Italie : De la colère étudiante à la riposte ouvrière ?

Mis en ligne le 29 janvier 2011 Convergences Monde

En Italie, comme en Grande Bretagne, c’est l’explosion de colère des étudiants qui a marqué l’automne 2010 et a été la première mobilisation massive contre le plan d’austérité du gouvernement. D’octobre à mi-décembre les manifestations se sont succédées contre les suppressions de postes et coupes budgétaires, ainsi que les occupations d’universités par les étudiants et chercheurs protestant contre leur réforme. Car la suppression de 130 000 postes d’enseignants sur 5 ans (plan de suppression mis en route déjà depuis 2009) est l’un des grands volets du plan d’économies sur les dépenses publiques du gouvernement italien.

La jeunesse en colère

S’y est ajouté à l’automne un projet de loi de réforme des universités qui, outre les suppressions de postes, prévoit la précarisation du statut des enseignants-chercheurs (une bonne partie d’entre eux sont déjà embauchés en contrats précaires), le salaire « au mérite », et l’entrée « d’experts », c’est-à-dire de représentants du privé, dans les directions des universités. C’est ce qui a fait déborder le vase et monter étudiants et chercheurs sur les toits. Le mouvement a rassemblé des centaines de milliers de jeunes.

Il a eu bien sûr ses limites. Comme en a eues l’espoir affiché par des responsables du mouvement qui, à la mi décembre lors du vote de la loi sur les universités, espéraient se faire « entendre » du président de la République Giorgio Napolitano (membre de l’ancien PCI, communiste, transformé depuis en PD – Parti démocrate). Le notable les a « écoutés » mais s’est réfugié derrière son impuissance de président réduit à l’inauguration des chrysanthèmes. Les illusions n’ont probablement pas manqué non plus dans le vaudeville parlementaire de la mi-décembre où Berlusconi, lâché par son allié l’ex-néofasciste Gianfranco Fini, risquait un vote de défiance : les affiches « Berlusconi dehors » avaient fleuri sur les universités occupées.

À la chambre le 14 décembre, l’achat des quelques députés qui lui manquait a suffi au Cavaliere pour sauver son poste. Mais ce même jour la défiance était votée par la rue dans toutes les grandes villes du pays, et notamment à Rome devant le siège de l’Assemblée nationale où des dizaines de milliers d’étudiants et de jeunes travailleurs précaires manifestaient et affrontaient les charges de police.

L’adoption définitive de la loi de réforme des universités et le petit succès de Berlusconi prolongeant son bail… à la veille des vacances scolaires, ont marqué une pause de l’agitation étudiante. Mais n’ont pas eu raison de ces jeunes qui pendant des semaines ont pris leur baptême de lutte sociale et politique et ont brandi dans leurs cortèges, ça et là, quelques banderoles « étudiants et travailleurs solidaires ». De même que bien des travailleurs de leur côté ont vu avec sympathie cette révolte des jeunes, et se sont joints parfois à leurs cortèges.

Nouvelles mesures anti-ouvrières

Car le plan d’économies de 24 milliards d’euros, adopté au printemps 2010 par le gouvernement Berlusconi et qui a suscité une journée nationale de grève et manifestations de protestation le 25 juin, ne frappe pas que l’enseignement mais tous les services publics, suppressions d’emplois et gel pour 3 ans des salaires de fonctionnaires, réduction des budgets régionaux notamment sur les dépenses de transport et de santé. Il comprend d’autres mesures anti-sociales comme le report de certains départs en retraite ou l’échelonnement des primes de départ (auparavant versées en une seule fois tout de suite), ou encore l’aggravation des conditions requises pour l’attribution des pensions d’invalidité.

Au mois d’octobre une nouvelle loi modifiait le code du travail et introduisait l’apprentissage à 15 ans (abaissant l’âge de la scolarité obligatoire), un arbitrage obligatoire dans les conflits entre un salarié et son patron (supprimant au premier la possibilité d’attaquer son patron en justice) et la possibilité pour les patrons d’inscrire dans les contrats d’embauche des clauses dérogeant au code du travail.

Et à côté de ces attaques gouvernementales, il y a l’attaque frontale des patrons contre les travailleurs, dont le PDG de la FIAT, Sergio Marchione, s’est fait le champion, décidant de passer carrément outre à la législation du travail et à la reconnaissance syndicale pour ses propres usines. Jusqu’à ce que la riposte ouvrière prenne le relais des révoltes étudiantes.

Thierry FLAMAND

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