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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 19, janvier-février 2002 > DOSSIER : Insécurité : des voyous, des flics et des démagogues...

DOSSIER : Insécurité : des voyous, des flics et des démagogues...

Insécurité : des voyous, des flics et des démagogues...

Mis en ligne le 1er février 2002 Convergences Politique

Sirènes hurlantes et gyrophares à la Une, le grand battage médiatique sur le thème de l’insécurité a commencé. Gare aux récalcitrants ! Le chantage n’est jamais loin : si vous n’adhérez pas au discours sécuritaire, c’est que vous ne voulez pas voir la réalité. A moins, sans doute, que vous ne préfériez chercher des excuses aux voyous plutôt que de compatir au sort des victimes…
Il est vrai que dans une bonne partie de la population, surtout dans les quartiers populaires, le sentiment d’insécurité a grandi. Peur de se faire détrousser ou agresser, colère de voir son maigre bien, sa bagnole par exemple, abîmé, volé, parfois brûlé, mais aussi irritation devant « l’incivilité », c’est-à-dire une plus grande rudesse des rapports sociaux, depuis les menaces et insultes gratuites jusqu’aux fauteuils des bus ou des trains déchirés ou salis, on ne sait trop pourquoi. La liste des inquiétudes et des malaises serait interminable. Les démagogues, en revanche, ont vite fait de rechercher l’acquiescement des braves gens à qui on vient dire qu’ils vivent dans une société où délinquance et violence sont croissantes... et qu’il faut sévir. Pas seulement en France. La célébrité d’un Giuliani, maire de New York, bien avant les événements du 11 septembre, vient de son habileté à manier le slogan de la « tolérance zéro ».
Passons sur le fait qu’il y a délinquance et délinquance, et que l’on mélange la petite comme la grande, pour les besoins d’une certaine propagande. Mais pour ne parler que de la violence, la vraie, celle qui s’en prend réellement aux personnes, une analyse sérieuse de son accroissement demanderait une analyse minutieuse de l’évolution de la société depuis cinquante ans, des modes de vie, de travail et de loisir, de l’urbanisation à la scolarisation. Et aussi, et sans doute surtout, de ses hauts et de ses bas : la crise, le chômage, la précarité, tout ce qui a amené une déstructuration des rapports sociaux, notamment familiaux mais pas seulement.

Les fausses solutions et le vrai combat

Ceux qui utilisent la démagogie sécuritaire comme fond de commerce électoral savent d’ailleurs très bien que leurs prétendues solutions ne régleraient rien. Les remèdes qu’ils préconisent ne s’adressent pas aux vraies causes. Ce sont leurs propres chiffres qui nous l’affirment : le nombre de policiers a augmenté plus que la population, cela n’a pas empêché la délinquance de grimper aussi. Mais il est tellement plus facile de promettre des flics que des emplois, surtout quand le chômage repart à la hausse !
Il n’y a pas de solution miracle à l’insécurité. Sans doute répression et policiers sont et seront longtemps un mal inévitable, même dans les premiers temps d’une société qui se débarrasserait de l’exploitation. Pas seulement contre les méfaits des vrais gangsters (ce ne sont pas ceux-là qui sévissent directement dans les banlieues populaires) mais aussi pour aider et protéger les petites gens dans la vie quotidienne. A la première condition évidemment que ces policiers soient sous le contrôle de la population. Mais pour s’attaquer vraiment aux sources de l’insécurité, ce sont tous les rapports sociaux actuels, c’est-à-dire tous les fondements de la société, qu’il faut bouleverser.
La révolution socialiste peut sembler encore loin. Pourtant, si seulement le monde du travail, pour commencer, prenait à nouveau le chemin des luttes et de son organisation de classe, cela commencerait sans doute à changer quelque chose, y compris dans la vie quotidienne des quartiers populaires.
C’est pourquoi la lutte contre le chômage et les injustices doit continuer à être l’essentiel de notre programme, y compris du point de vue de la sécurité de la population laborieuse.
13 janvier 2002

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