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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 81, mai-juin 2012 > DOSSIER : SNCF, la privatisation sur les rails

DOSSIER : SNCF, la privatisation sur les rails

Grèves à « Sol & Rail » et « Combi Express » : les cheminots du Fret résistent à la dégradation de leurs conditions de travail

Mis en ligne le 19 mai 2012 Convergences Entreprises

« Depuis la création de Combi Express, la durée des trajets s’est allongée » , explique René, un conducteur . « En plus, en ce moment, il y a des travaux un peu partout, de sorte que les trains roulent plus lentement et que toute planification devient impossible. Par exemple, j’ai pris récemment un train en province à 19 heures qui arrivait d’habitude à Laroche à 23 h 30. Il est arrivé à 2 h 10 du matin ! Et, comme la durée globale du travail reste en dessous de celle prévue par le règlement, il n’y a aucune compensation. »

René fait partie des 380 conducteurs affectés à Combi Express, dont la fonction est le transport de containers dans la France entière. Cette entité, gérée de façon autonome, est elle-même divisée en trois régions et une dizaine d’unités. Environ 700 autres cheminots sédentaires travaillent sur des plate-formes techniques et au siège. La plus grande partie sont des manœuvres, dont les « dockers du rail », qui transfèrent les containers des camions aux trains, souvent dans des conditions très dures et dangereuses. Parmi eux, certains ont été embauchés hors statut SNCF, avec des contrats de droit privé.

« Pour réclamer, tapez 1 »

« Dès le départ, précise René, nos conditions se sont fortement dégradées. Nous avons, par exemple, perdu dix jours de repos annuels et la programmation s’est faite sur trois mois au lieu de six. Mais, maintenant, il n’y en a plus du tout : il faut téléphoner presque tous les jours pour connaître notre charge de travail ! Toute réclamation est devenue impossible, car il faut aller au siège de Clichy pour trouver un responsable, alors qu’auparavant nous avions une direction sur place, à Laroche. Il faut donc téléphoner pour le moindre truc, et on tombe sur des serveurs vocaux, du genre « tapez 1 ». Au début, les gars ont accepté cette situation en échange de primes, car la motivation principale était de maintenir le niveau de rémunération.

Il n’y avait que des conflits limités à des petits trucs mineurs, par exemple le remboursement des notes de portables. Mais, ces jours-ci (fin avril, NDLR), le patron a voulu aller encore plus loin et supprimer des accords locaux. Par exemple, quand on est en dispo, il faudrait appeler à n’importe quelle heure de la nuit, alors qu’avant on appelait seulement le lendemain à 9 heures. C’est devenu infernal. Et une partie des gars se sont mis en grève pour défendre ces acquis. La direction a reporté sa décision en septembre, mais ça ne nous convient pas. On veut l’annulation pure et simple de ces attaques. »

La direction profite de la restructuration pour supprimer des avancements

Des problèmes du même ordre se sont posés lors de la création plus récente de « Sol & Rail », qui regroupe 3 400 cheminots dont 800 conducteurs. « Le patron a immédiatement essayé de profiter à nos dépens de la fusion de plusieurs établissements dans le cadre de Sol & Rail, explique un cheminot. Lors des notations, le nombre global de passages à un indice supérieur, qui permettent d’obtenir des augmentations individuelles, a été fortement réduit. De nombreux collègues qui auraient bénéficié de ces avancements dans le cadre de l’ancienne organisation n’ont rien eu. Il y a eu une grève perlée et des négociations marathon avec la direction. Celle-ci a reculé en partie, mais nous sommes tout de même perdants au bout du compte. C’est leur tactique classique : attaquer très fort, puis reculer un peu pour grignoter petit à petit nos acquis. Il faudrait évidemment une riposte générale, mais c’est difficile car la restructuration nous a aussi divisés. Les collègues qu’on côtoie quotidiennement ne sont plus dans la même structure, et ceux de « Sol & Rail » sont dispersés sur un territoire grand comme le Portugal. Par exemple, lors des bagarres sur les notations, des délégués ont dû venir de Saint-Pierre-des-Corps et de Rouen. »

G.R.

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