Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 9, mai-juin 2000

Finances : des syndicats poussés par la détermination des grévistes

Mis en ligne le 1er juin 2000 Convergences Entreprises

Depuis plus de vingt ans, les gouvernements cherchent à réformer le ministère des Finances afin de diminuer les « coûts » du service public, et transférer certaines activités au secteur privé. C’est le projet ressorti par Strauss-Kahn en septembre 1999, encouragé par la démarche « constructive » des fédérations syndicales. Très rapidement, les agents se sont rendus compte que cette réforme signifierait la fermeture de nombreux centres, et la suppression de milliers d’emplois.

Au vu du mécontentement, la CGT a appelé à une journée d’action le 26 novembre. Les syndicats majoritaires, FO et le SNUI, pour ne pas se laisser distancer, se joignirent à une deuxième journée de grève le 17 décembre (30 % de grévistes sur les 180 000 du Ministère).

Depuis ce moment, les fédérations syndicales furent unies pour demander... l’ouverture de négociations, en se gardant bien de demander le retrait du projet. Elles n’appelèrent à une nouvelle journée d’action que pour le 20 janvier 2000 ! Mais cette fois, il y eut 60 % de grévistes, surtout en province (75 %).

La grève fut reconduite à la seule initiative de ceux qui militaient pour le retrait pur et simple du projet. Face à cette détermination, les syndicats ne purent que suivre le mouvement, et, en province, la mobilisation s’accentua jusqu’au 27 janvier et au 3 février, journées de manifestation nationale à Bercy (près de 15 000 devant le Ministère). Dès lors, nous ne reçûmes plus aucun tract des fédérations syndicales, qui ne prévoyaient plus aucune journée d’action... sinon pour le 16 mars !

Le « tournant » des syndicats

Les fédérations ne proposaient que des rassemblements dans les centres pour « peser » sur les négociations, qui reprenaient le 10 février. Contre les fédérations et à l’initiative de militants d’extrême gauche, près de 400 personnes se réunirent ce jour devant Bercy. Après 7 heures de négociations, la réforme était confirmée. Sautter, l’éphémère ministre, comptait sur le pourrissement du mouvement.

Mal lui en prit, l’action prit un tour inédit, par le blocage des départements informatiques (DI) un peu partout en province (blocage des recettes, pas des dépenses).

Alors le 23 février, les syndicats prirent un ton radical, appuyèrent le blocage, boycottèrent les négociations du 3 mars. Finalement, dans la nuit du 20 mars, après une semaine de blocage quasi-total des finances de l’État, Sautter a retiré le projet de réforme. Au piquet de grève, le lendemain matin, la satisfaction, mais aussi la méfiance se lisaient sur les visages. Beaucoup n’y croyaient tout simplement pas.

La grève continua encore quelques jours (surtout en province). C’est que la victoire apparut à certains « trop facile ». A juste titre ? Fin avril, les négociations entre syndicats et Ministre ont repris. Fabius, qui a remplacé Sautter, déclare que la réforme « n’est plus à l’ordre du jour », parle de « dialogue » et de « concertation », tout en réaffirmant la nécessité de « maîtriser les dépenses publiques ». Dans les services, il y a beaucoup de remue-ménage, de restructurations locales. Il semble que c’est par le bas, en regroupant le travail dans certains centres, dans certains services, et en retirant le travail ailleurs, que le gouvernement va essayer d’atteindre ses objectifs. Plus que jamais il faudra savoir ne pas se laisser diviser ni grignoter.

5 mai 2000. F.R.

Imprimer cet article Réagir à cet article