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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 81, mai-juin 2012

Fermeture de centres de distribution à Paris : La Poste continue ses restructurations à marche forcée

Mis en ligne le 19 mai 2012 Convergences Entreprises

Actuellement à Paris plusieurs centres de distribution de courrier devraient fermer. Les facteurs du 11e, du 8e, du 19e et même du centre du Louvre (dont les sites sont vendus ou loués) s’attendent à voir leur service fusionné avec ceux d’autres arrondissements. Pour l’instant, La Poste voudrait que ces « délocalisations » se déroulent sans trop de vagues et évite dans l’immédiat de tailler dans l’effectif. Mais une fois les fusions effectuées, les emplois seront en ligne de mire, c’est un objectif clairement affiché par la Poste qui parle de gains de productivité et de 50 000 postes à supprimer entre 2010 et 2015.

Dans le centre de distribution du onzième arrondissement, le déménagement dans le 20e est fixé au 15 septembre 2012 et la direction parisienne s’apprête à ficeler un projet pendant l’été, alors que beaucoup d’agents seront en congé. Elle se veut rassurante, expliquant que personne ne resterait sur le carreau. Face à l’inquiétude du personnel qui se bat pour des embauches depuis un an et demi, elle a même promis la création de cinq emplois. Mais jusqu’à présent, un minimum d’information a été donné aux postiers, pour qui ce déménagement implique une nette dégradation de leurs conditions de travail. C’est bien le signe que la direction veut passer en force et très vite.

Exploiter encore plus

Suite à la vague de suicides rapportée par les médias au mois de mars, La Poste a engagé un « Grand dialogue » avec les organisations syndicales et fait une vague promesse de pause dans ces restructurations. Mais derrière tout ce bla-bla, les réorganisations continuent, le président de La Poste invoquant qu’il ne peut pas freiner la « modernisation » de l’entreprise. Comme « modernisa­tion » rime avec exploitation plus intense, les suppressions d’emplois vont bon train, les postiers devant se contenter de la promesse de n’être restructurés que tous les deux ans au lieu de 18 mois auparavant. Six mois de répit : voilà ce que La Poste pourrait appeler une « baisse tendancielle » de l’aggravation de l’exploitation !

Même l’annonce de 5 000 embauches (au lieu des 4 000 initialement prévues pour 2012) ressemble fort à une promesse bidon : personne n’a le moyen de le vérifier sauf la direction et 10 000 suppressions d’emplois sont toujours programmées cette année. Sans compter que bien souvent, entre deux réorganisations, les départs ne sont pas remplacés, les emplois disparaissent en douce et c’est au personnel restant d’assurer.

Ni Bailly ni Hollande

Les grèves qui éclatent régulièrement à La Poste sont des réactions légitimes à cette politique, même si elles restent le plus souvent isolées. Ce qui est sûr, c’est que les postiers ne pourront compter ni sur le « Grand Baratin » du président Bailly ni sur la politique du président Hollande pour obtenir les mesures dont ils ont un besoin urgent : des embauches, des augmentations de salaires et un coup d’arrêt aux pressions quotidiennes pour en faire toujours plus.

Concernant la privatisation de La Poste, ce n’est certainement pas Hollande qui la remettra en cause, souvenons-nous que France Télécom avait été privatisé sous la gauche plurielle. Les postiers, comme tous les travailleurs des services publics, ne pourront donc compter que sur la lutte collective pour imposer ces mesures.

12 mai 2012

Anne HANSEN

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