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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 83, septembre-octobre 2012

Face à l’entente gouvernement-patronat, l’heure est à la coordination de nos mobilisations !

Mis en ligne le 9 octobre 2012 Convergences Politique

« Compétitivité » !

Mot magique qui, en cet automne, scelle l’union sacrée entre le nouveau gouvernement socialiste et le grand patronat. C’est leur solution à la crise. Sus au marché mondial ! Boostons l’agressivité de « nos » multinationales ! Vive la famille Peugeot, les actionnaires de Renault, de Sanofi ! Vive la France. Leur France. Et que crève le monde du travail. En avant pour la guerre économique.

Et qui en sera la chair à canon ? Pas de souci. Là, les trusts de l’automobile, de l’acier, de la chimie, de la pharmacie ou de l’agro-alimentaire, français, allemands, indiens… ou américains, savent s’entendre. Aux salariés de dégager ! À ceux qui restent d’être « flexibles », de se résigner au chômage total ou partiel, de travailler plus en moins de temps et à moins nombreux. Aux jeunes d’être relégués à ces « emplois d’avenir » aussi précaires que sans avenir. Voilà l’intox déversée du haut du Mondial de l’automobile et des ministères, et dûment relayée par les grands media.

Il fallait les entendre, ces PDG de Renault et de PSA, Carlos Ghosn et Philippe Varin, crier famine à la veille de l’ouverture du salon de l’auto. Il fallait les entendre, la bouche pleine de profits (588 millions d’euros pour PSA, 1,2 milliard pour Renault en 2011), en appeler au gouvernement pour assurer plus de « flexibilité » et faire baisser le « coût du travail ».

L’arnaque du « dialogue social »

et des « accords de compétitivité »

Côté gouvernement, message reçu. Plutôt dix fois qu’une. La grande arnaque du « dialogue social » est lancée, pour faire avaler aux confédérations syndicales la généralisation des « accords-compétitivité-emploi ». Ces prétendus accords « gagnant-gagnant » où le patronat est doublement gagnant et les salariés doublement perdants. Tous ces accords d’entreprise dont tant de travailleurs, ces dernières années, se sont mordu les doigts avant de se révolter.

De la main gauche, le gouvernement envoie donc ce prétendu dialogue social, et l’avocat-ministre Arnaud Montebourg faire des effets de manche compassionnels à la porte des usines menacées, tout en expliquant que l’expropriation des patrons spéculateurs «  n’est pas à l’ordre du jour » ! Ce qui lui a valu les huées des ouvriers de Florange. Et de la main droite, en toute normalité, le président Hollande soi-même annonce un fameux plan d’austérité : hausses d’impôts, symboliques et surtout pas confiscatoires pour les riches, mais bien réelles en termes d’augmentation de la CSG et de gel du barème pour les ménages modestes, sans parler, dernière annonce en date, de cette taxe CASA prélevée sur les retraités imposables (soit six sur dix), et des coupes claires dans les budgets de la santé et de la culture, entre autres.

Prendre l’argent où il est

Tout cela, « pour ne pas affoler les marchés » ! Les « marchés », ces nouveaux dieux vengeurs paraît-il insaisissables, devant lesquels les vermisseaux des gouvernements de gauche ou de droits s’agenouillent en tremblant. Mais c’est quoi, ces fameux marchés ? Rien d’autre, en réalité, que des transactions électroniques bel et bien dictées par des actionnaires en chair et en os, ces gens dont les fortunes personnelles se montent à mille, dix-mille, cent-mille… un million d’années de Smic ! On nous fait pleurer sur le déficit du budget. Mais l’argent, on sait où il se trouve. À portée de main. À foison. Oui, contrairement à ce que raconte Arnaud Montebourg, c’est l’expropriation des licencieurs et des affameurs qui serait à l’ordre du jour. Mais n’allons pas demander cela à un gouvernement socialiste « normalement » au service du capital. Lui dont le rôle consiste à huiler la machine à profits, si possible à coups de « dialogue social ».

Si possible. Car tout n’est pas dit. La population est loin d’être dupe. Les reportages télé de l’ouverture du Salon de l’auto, le samedi 29 septembre, avaient quelque chose de réconfortant. Tout le monde a pu voir que les ouvriers de Ford ou de PSA qui manifestaient ont reçu un accueil enthousiaste et solidaire de la part du public. Car ceux qui viennent admirer les belles mécaniques du Mondial (sans pouvoir se les payer d’ailleurs !) sont souvent eux-mêmes des travailleurs qui craignent pour leur emploi. Alors tant mieux si ceux qui se battent en ce moment dans toutes les entreprises, nombreuses, où plane la menace des licenciements, parviennent à attirer l’attention de ceux qui ne se battent pas encore, mais pourraient les rejoindre bientôt !

La tâche de l’heure des militants ouvriers

La voilà, la tâche de l’heure du mouvement ouvrier. Face à ces attaques en règle, les travailleurs doivent se donner leur propre stratégie. Et commencer par coordonner les luttes qui existent déjà. Il faut que ceux qui ont entamé la lutte unissent leurs forces, et s’adressent aux autres travailleurs, ceux qui ne se battent pas encore mais qui regardent déjà vers les premiers, ceux du privé comme du public, car les problèmes sont les mêmes pour tous.

Car c’est cela, la grande trouille du patronat : que le feu qui couve ici, se propage ailleurs et se généralise. Et c’est cette trouille, si elle se concrétise, qui les fera reculer sur tout, à commencer sur leurs projets de fermetures et de licenciements.

Ces échéances ne sont pas forcément si lointaines. En ces temps de crise, de deux choses l’une. Ou bien les mobilisations partielles et sectorielles s’épuisent et tournent court. Dans ce cas, les découragements et la résignation risquent de s’accumuler, dans un contexte où il sera plus facile non seulement à l’extrême droite mais à un quelconque ministre de l’Intérieur… « socialiste », de miser sur le racisme et la xénophobie en désignant des boucs-émissaires. C’est ce qu’on vient de voir avec la politique abjecte d’un Manuel Valls contre les Roms, dont le résultat est d’inciter la population des quartiers pauvres de Marseille ou de certains faubourgs de Lille à s’en prendre à plus pauvres qu’eux.

Ou bien il se trouvera des militants au sein du mouvement ouvrier qui sauront s’appuyer sur les mobilisations de leurs camarades de travail pour se coordonner avec les autres et prendre les initiatives qui redonneront le moral au reste des salariés, en rendant crédible la contre-offensive ouvrière. Après tout, dans ce pays, les militants d’extrême-gauche sont aujourd’hui présents et en position de leaders dans différents secteurs industriels. On les a vus et on les voit mener des combats dans l’automobile, la chimie, le commerce, chez les cheminots, les postiers, les enseignants. Entre autres. Et fort heureusement, ils ne sont pas les seuls à vouloir en découdre.

Mais dans le contexte actuel, ils sont précisément les mieux placés, parce qu’ils ont des perspectives de lutte d’ensemble, pour prendre les initiatives nécessaires permettant d’établir des liens concrets entre les différentes luttes en cours. En cette période de crise, de paupérisation du monde du travail, où les attentes sont grandes, il s’agit pour l’extrême gauche de faire preuve d’initiative et d’audace politique. Son poids dans la lutte de classe peut alors être décisif, et reléguer les faibles scores électoraux aux oubliettes. Et, soit dit en passant, c’est sur ce terrain de la lutte de classe que les organisations révolutionnaires pourront gagner la course de vitesse avec l’extrême droite ou autres démagogues xénophobes.

30 septembre 2012

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Numéro 83, septembre-octobre 2012