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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 84, novembre-décembre 2012

Élections américaines 2012 : La fin d’une lune de miel

Mis en ligne le 28 novembre 2012 Convergences Monde

Le 6 novembre, Barack Obama a remporté un total inattendu de 51 % des voix, contre 48 % pour Romney. Réélu pour un second mandat donc, mais rien à voir avec 2008.

En 2008, des millions de gens s’étaient enthousiasmés. Obama se présentait comme un espoir de changement et beaucoup voulaient croire en lui. Il obtint 53 % des voix, contre 46 % pour le républicain, John McCain. Son élection fut alors considérée comme un symbole de la victoire des luttes afro-américaines contre le racisme et un référendum contre les années George W. Bush. Le soir des élections des milliers de personnes étaient descendues dans les rues de tout le pays pour fêter l’événement.

Espoir et changement ?

Quatre ans après, l’enthousiasme a disparu. Il avait promis de redresser l’économie et de réparer les dégâts causés par les banques et les grandes entreprises ; de revenir sur les réductions d’impôts accordées par Bush aux plus riches ; de mettre fin aux guerres en Irak et en Afghanistan ; une réforme du système de santé pour réduire le coût des soins et assurer une couverture médicale à tous les Américains ; de revenir sur les dispositifs de sécurité et les restrictions des libertés individuelles, développés sous Bush ; de commencer à s’attaquer à la crise environnementale. Autant de promesses non tenues.

Au cours des quatre dernières années, le chômage a atteint son plus haut niveau depuis des décennies. 27 millions de travailleurs restent sans emploi. Le «  Programme d’adaptation abordable  », créé en 2009 et destiné à favoriser les crédits immobiliers, n’avait servi, en janvier 2012, qu’à un peu plus de 900 000 emprunteurs. À comparer aux quelque douze millions qui ont, depuis 2007, vu leur maison saisie. Les dépenses de santé ont augmenté de 150 % depuis 1998. Et les prix des produits alimentaires de base ont grimpé de 10 % depuis juin dernier. 46,7 millions de citoyens américains, et un enfant sur trois, sont dépendants de l’aide alimentaire.

De l’autre côté, les 500 plus grandes entreprises américaines ont réalisé leurs plus hauts profits depuis 1929. Jamais aux USA tant de richesses n’avaient été concentrées entre les mains de si peu de monde : les 400 Américains les plus riches gagnent plus que les 150 millions les plus pauvres.

Voilà pourquoi, cette fois-ci, peu de gens dansaient dans les rues après la réélection d’Obama.

« Mais quelle alternative avons nous ? »

Pourtant, les gens avaient le sentiment qu’il fallait voter pour Obama. Pour beaucoup, ce fut une réponse au mépris absolu de Romney qui a affirmé que 47 % des Américains sont des parasites improductifs sur le dos des riches capitalistes, ces « créateurs d’emplois », comme les appellent les républicains.

Réduire les impôts pour les riches, sabrer dans les services publics, réduire les dépenses pour l’environnement, attaquer les syndicats, étendre les guerres dans le monde, promettant d’accroitre la violence contre les peuples irakien et afghan, faire machine arrière sur le droit des femmes à un avortement légal et sûr. Tels étaient les objectifs affichés des républicains.

Les gens ont été soulagés que 62 millions de personnes aient voté contre la campagne de Romney et aient donné aux démocrates une majorité plus forte au Sénat et un plus grand nombre de sièges à la Chambre des représentants, mais pas la majorité.

Mais, cette fois-ci, seulement 57 % des électeurs ont participé au vote, contre 63 % en 2008 et 60 % en 2004. De toute évidence, la lune de miel est finie avec Obama. Le train-train politicien est de retour. 

San Francisco, le 15 novembre 2012

Craig VINCENT

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Numéro 84, novembre-décembre 2012