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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 6, novembre-décembre 1999 > DOSSIER : Sécurité sociale, hôpitaux, santé : les réformes de l’austérité

DOSSIER : Sécurité sociale, hôpitaux, santé : les réformes de l’austérité

Des ripostes en ordre dispersé

Mis en ligne le 1er décembre 1999 Convergences Entreprises

Des congés dont le salarié ne peut profiter, des services qui ne tournent qu’avec une seule infirmière ou une seule aide-soignante, des personnels qui se retrouvent catapultés sur un service qu’ils ne connaissent pas pour boucher les trous, les coups de téléphone au domicile pour remplacer un absent… les personnels en ont assez. Et ce mécontentement s’exprime ouvertement.

D’un ensemble de mouvements…

Dans les deux derniers mois, les mouvements n’ont pas manqué. Ainsi les services des urgences de Marseille se sont mis en grève pour protester contre l’insécurité provoquée par l’insuffisance de personnel. A Moisselles, en région parisienne, durant deux mois la grève s’est s’opposée à la fermeture partielle de cet hôpital psychiatrique. A Henri Mondor, à Créteil, le personnel s’est mis en grève contre la suppression de certains jours de repos. A Saint-Vincent de Paul à Paris, le personnel de nuit s’oppose à la nouvelle comptabilité du temps de travail que veut instaurer la direction, en fait, une mouture de la flexibilité introduite par la loi Aubry sur les 35 heures. A Nantes, des journées de grève ont eu lieu contre 180 suppressions de postes. Au Havre, le personnel lutte contre un plan de 107 suppressions de postes. Et cette liste n’est pas exhaustive.

Depuis plusieurs années, les mouvements se succèdent dans les hôpitaux. Au premier rang des revendications viennent les problèmes d’effectifs. Quand les salariés chiffrent les besoins indispensables, c’est souvent entre 50 et 200 postes qui manquent de façon criante. Certains mouvements, comme ceux de l’hôpital Avicenne à Bobigny, Paul-Guiraud à Villejuif, de l’hôpital de Montluçon, Laënnec à Paris, ont pu durer entre un mois et 10 semaines. Ceci malgré les limites d’une grève dans un hôpital, où souvent 80 % ou plus des grévistes sont réquisitionnés pour assurer le service. Ces mouvements se traduisent donc par des Assemblées Générales, des interpellations de la direction de l’hôpital, des manifestations auprès des autorités de tutelle (ministère, ARH).

...à un mouvement d’ensemble ?

Ces mouvements ont pu aboutir à des embauches de plusieurs dizaines de personnes, et à un déblocage de crédits. Mais le plus souvent, ce dernier se déroule par le biais de la rerépartition des crédits au sein de la région. En fait, pour le moment, les gouvernements Juppé puis Jospin ont pu gérer ces mouvements, qui restent isolés. C’est aussi le cas des structures menacées de fermetures dans les petites villes : souvent des réactions du personnel et de la population ont eu lieu, l’Etat a pu reculer, mais pour faire passer le projet ultérieurement.

Toutes ces raisons font qu’un mouvement d’ensemble dans les hôpitaux s’impose. Le ras-le-bol existe, la combativité aussi. Mais l’isolement des mouvements est flagrant : des mouvements sur les mêmes thèmes se succèdent, mais sans lien réel. Et face à un plan concerté, bien qu’étalé sur le temps, seule une réponse d’ensemble des 800 000 salariés des hôpitaux peut s’avérer efficace. De plus, les hospitaliers ont avec eux une arme importante : une lutte, qui serait aussi une lutte contre les attaques contre le droit à la santé pourrait obtenir le soutien de la population, directement concernée.

Si la fédération CFDT est partisane de la réforme hospitalière, la CGT, l’organisation la plus présente dans les hôpitaux, dénonce certes les conséquences de l’austérité budgétaire. Mais elle ne prépare, ni ne défend l’idée d’un mouvement d’ensemble dans le secteur de la santé. Les syndicats CGT, quand ils sont partie prenante des luttes pour l’embauche et contre les suppressions de moyens, confinent les luttes au sein de l’établissement, parfois même du service. Par contre, lorsque la CGT a décidé de participer activement à des initiatives bidon comme les « Etats-Généraux de la Santé » qui ont occupé pendant plusieurs mois Kouchner, les élus de la gauche plurielle, les syndicats de médecins, etc, elle a été présente à tous les rendez-vous. Et que dire de l’attitude des représentants CGT à la tête de la CNAM qui jugent au sujet du plan Johanet, que « en raison même de la complexité des problèmes (…), la raison doit l’emporter sur l’impatience » ?

Pourtant les attaques qui se préparent sous couvert de 35 heures, ou tout simplement la poursuite de la politique actuelle, ne font que rendre plus indispensable cette lutte d’ensemble.

Michel CHARVET

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