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DOSSIER : Municipales, le mythe de l’élection et de la gestion démocratiques

Des révolutionnaires sur des listes de gauche au premier tour, parce que la gauche ne serait pas au gouvernement ?

Mis en ligne le 17 janvier 2008 Convergences Politique

Dans Lutte Ouvrière (n°2053, du 7 décembre 2007) notre camarade Arlette Laguiller affirme que « cette attitude est certes nouvelle, mais la possibilité de l’envisager n’est, pour nous, pas nouvelle. Il se trouve que, lors d’élections municipales précédentes, le Parti socialiste et le Parti communiste étaient au gouvernement et s’y comportaient comme la droite aujourd’hui, ce que nous ne voulions pas cautionner. »

Oui, mais… aux municipales de 1977, certes bien éloignées, mais qui se plaçaient dans une période de fortes illusions des travailleurs dans une gauche qui n’avait pas gouverné depuis 20 ans, LO, la LCR et l’OCT (groupe aujourd’hui disparu) avaient présenté des listes « Pour le socialisme, le pouvoir aux travailleurs » . Elles avaient permis qu’une fraction significative de l’électorat ouvrier, en leur apportant ses suffrages [1], infligent un avertissement aux politiciens de droite en place, comme à ceux de gauche qui aspiraient à leur succéder.

Et aujourd’hui il suffirait que les politiciens de gauche ne soient plus au gouvernement depuis 5 ans, qu’ils aient moins l’occasion d’attaquer les travailleurs (mais on peut être larron sans occasion), qu’une partie de l’électorat populaire préfère les y voir revenir (mais quelle partie ?), pour que les révolutionnaires acceptent d’avoir des candidats sur des listes de gauche, dans un nombre de villes qui finalement relève du bon vouloir de cette gauche ? Ce sont les arguments développés en substance par la rédaction de Lutte Ouvrière, le 14 décembre dernier, en réponse à une tribune de la Fraction. Au risque d’être étiquetés « LO canal historique » par certain édile socialiste, nous renvoyons volontiers à l’appel d’Arlette Laguiller de 1977 –ci-dessous.

Michelle VERDIER


Le 13 mars, pour les travailleurs, il n’y a qu’un seul choix possible :

Voter pour les listes « POUR LE SOCIALISME, LE POUVOIR AUX TRAVAILLEURS »

Les élections municipales vont se dérouler devant une toile de fond bien sombre pour les travailleurs : une crise économique dont on ne voit pas la fin, un nombre de chômeurs qui dépasse officiellement le million, une hausse des prix qui ne s’est ralentie ces temps-ci (d’après les indices officiels) que parce que Barre, en prévision des élections de mars, a tripatouillé la TVA en janvier.

C’est en fonction de cette situation que nous devons nous demander s’il convient d’aller voter le 13 mars, et pour qui. II est clair que ce que nous demandent tous les partis en présence, ce n’est pas seulement de leur ouvrir les portes des mairies, c’est d’avaliser la politique qu’ils mènent face à la crise.

Aucun travailleur, aucun de ceux qui gagnent leur vie sans exploiter quiconque, ne peut envisager de voter pour la droite. Jamais, d’ailleurs, depuis des années, cette droite — qu’elle soit représentée par Giscard et Barre ou par Chirac— n’était aussi ouvertement apparue comme le parti des possédants contre la population laborieuse, prenant dans la poche des petites gens pour faire des cadeaux aux gros capitalistes.

Et il faut voir avec quelle morgue Barre parle des travailleurs qui manifestent leur mécontentement et affirme qu’ils peuvent toujours crier, que ce n’est pas cela qui le gêne !

Mais si la droite peut se permettre de traiter les travailleurs avec tant de mépris, n’est-ce pas parce que les organisations politiques et syndicales qui prétendent parler au nom de la classe ouvrière, qui s’affirment les dirigeants naturels de ses luttes, ne font rien pour faire ravaler leur propos aux Barre et aux Chirac ?

II y a cinq mois qu’avec le plan Barre le gouvernement a ouvertement déclaré la guerre aux travailleurs. Et qu’ont fait les confédérations syndicales ? Une journée d’action trois semaines plus tard et, depuis, plus rien, si ce n’est quelques mouvements si soigneusement éparpillés que personne ne s’en est aperçu. On a même vu Edmond Maire, le dirigeant le la CFDT, affirmer que l’heure n’était pas favorable à la lutte.

C’est que les partis de l’Union de la gauche n’aspirent qu’à venir au gouvernement pour y gérer les affaires du patronat, en incitant les travailleurs à faire des sacrifices dans « l’intérêt national », comme le font déjà les travaillistes anglais ou les sociaux-démocrates allemands.

Et les confédérations syndicales liées à l’Union de la gauche, au lieu d’organiser la riposte ouvrière au plan Barre, déploient leur talent pour désorganiser les luttes, pour émietter les mouvements, afin d’apparaître respectables et responsables aux yeux des patrons.

Oh, certes, il y a bien quelques nuances entre les prises de position de la CGT et de la CFDT, du PCF et du PS. Pour faire un peu plus radical, le PCF dit qu’il faut lutter. Mais que fait-il ?

Il participe à des listes communes avec le PS et, là où il ne le peut pas, il se lamente sur la méchanceté des dirigeants socialistes. En fait, entre la politique du PCF et celle du PS, il n’y a pas de différence, il n’y a qu’une rivalité pour les places.

Dans ces conditions, si pour un travailleur voter le 13 mars pour la droite, ce serait trahir sa classe, voter pour l’Union de la gauche, ce sera approuver la politique des confédérations syndicales et des grands partis de gauche et leur permettre de dire que ce sont les travailleurs eux-mêmes qui les encouragent à ne rien faire pour s’opposer, par la lutte, au gouvernement et au patronat.

Tous les travailleurs qui sont conscients que la classe ouvrière ne doit compter que sur ses luttes pour imposer à la bourgeoisie de supporter les frais de sa propre crise ; tous les travailleurs qui pensent que, face à l’offensive du patronat et du gouvernement, le devoir des organisations ouvrières serait d’organiser la riposte d’ensemble de la classe ouvrière, voire de préparer une grève générale ; tous les travailleurs qui enragent devant l’inaction des confédérations syndicales et des grands partis de gauche, doivent le dire le 13 mars : en votant, partout où elles existent, pour les listes des révolutionnaires.

Si vous voulez que les partis de gauche et les confédérations syndicales entendent votre voix :

LE 13 MARS, VOTEZ POUR LES LISTES

« POUR LE SOCIALISME, LE POUVOIR AUX TRAVAILLEURS ».

Arlette LAGUILLER


[1Largement supérieurs au cumul des scores d’Arlette Laguiller et d’Alain Krivine aux présidentielles de 1974 : 4,63 % à Belfort, 4,42 % à Bordeaux, 4,76 % à Bourges, 8,30 % à Caen, 6,27 % à Cenon, 5,57 % à Clermont-Ferrand, 5 % à Dijon, 6,38% à Lille, 6,71 % à Aubervilliers, 9,50 % à Saint-Ouen, et plus de 3 % dans des arrondissements de Paris.

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