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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 35, septembre-octobre 2004 > DOSSIER : Défendre les services publics ? Pourquoi ? Comment (...)

DOSSIER : Défendre les services publics ? Pourquoi ? Comment ?

Défendre les services publics ? Pourquoi ? Comment ?

Mis en ligne le 30 septembre 2004 Convergences Politique

Feu sur les services publics ! Tel est le cri de guerre de Raffarin-Seillière. Accompagnant les autres attaques contre les travailleurs, contre les salaires, le temps de travail, la protection et la législation sociales, les mesures se succèdent : plan « Hôpital 2007 » qui ferait passer des pans entiers du secteur de la santé au privé, décentralisation dans l’Education nationale poussant de fait à une certaine privatisation, privatisation déclarée d’EDF et GDF, nouvelle réduction de la participation de l’Etat dans le capital de France telecom, plan de réduction drastique des bureaux et des emplois à La Poste, jusqu’au contrôle technique des camions et autocars qui passe au privé...

En distribuant les « bijoux de famille » le gouvernement a d’abord évidemment pour but de complaire à la bourgeoisie. D’une part celle-ci acquiert ainsi les parties rentables des activités de l’Etat et d’autre part celui-là en renflouant ses caisses renforce ses possibilités d’interventions multiformes en faveur des capitalistes. Car c’est d’abord à augmenter les subventions aux patrons que servira l’argent des privatisations, comme elles ont servi dans le passé.

Les trois fronts de l’offensive anti-populaire

Ainsi pour donner aux plus fortunés on dépouille, ponctionne et rend la vie plus difficile à la collectivité et sa partie la plus démunie. La privatisation d’un service public jusqu’ici aux mains de l’Etat se traduit quasi immanquablement par une aggravation pour les salariés employés dans ce secteur : suppression d’emplois, intensité du travail accrue. Mais aussi par un service dégradé pour au moins une partie de la population et une hausse des tarifs pour tous. S’attaquer aux services publics est bien une manière d’attaquer triplement la classe ouvrière : en tant que salariés des entreprises publiques, en tant consommateurs des services sociaux, en tant que contribuable puisque le budget de l’Etat sert plus le capital que les hôpitaux ou les transports.

Ces attaques coordonnées, et sur un laps de temps très court, auraient pu être l’occasion d’unir tous les travailleurs dans la grève et dans la rue, d’abord les salariés de tous les secteurs concernés, mais aussi les autres tout autant concernés en tant qu’usagers ou consommateurs. Ce n’a pas été le cas jusqu’ici. Les enseignants au printemps 2003 n’ont pas réussi à entraîner les cheminots ni les autres. Alors qu’une minorité à EDF et GDF tentait de se mobiliser ce printemps 2004, les hôpitaux ne bougeaient pas. Preuve que la tactique du gouvernement de saucissonner les questions a marché ? Sans doute. Preuve aussi que le moral n’y est pas parmi la grosse masse des travailleurs qui ne croient pas possible de renverser le cours des choses ? Sans doute aussi. Mais ce manque de confiance en eux-mêmes est aussi, sinon surtout, un manque de confiance dans les directions syndicales comme politiques de la gauche. Les unes comme les autres n’ont rien fait pour proposer ce mouvement d’ensemble ou plutôt tout fait pour l’entraver dès que la possibilité pointait à l’horizon.

Prochain objectif : La Poste

Pourtant nous ne sommes pas au bout du chemin. Le démantèlement des services publics, comme les autres attaques tous azimuts contre le monde du travail, va continuer. Les occasions de rassembler les travailleurs pour s’y opposer ne manqueront pas. Ainsi, par exemple, du projet de réorganisation de La Poste qui ne touchera pas seulement 300 000 postiers mais des millions d’usagers, en fait toute la population, et qui vise non seulement à aggraver un service public mais aussi à supprimer des dizaines de milliers d’emplois. Une réelle mobilisation contre ce projet reposerait la possibilité de se mobiliser contre ceux du même acabit, qu’ils soient déjà passés dans les faits ou à venir, à EDF, dans les hôpitaux, à la SNCF, voire les suppressions d’emplois dans le privé.

La défense des services publics, on le voit, ouvre bien sur la défense du monde du travail sous tous ses aspects.

26 septembre 2004

Robert PARIS

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