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Archives > Éditos L’Étincelle > 2016 > novembre > 14

Comment éviter d’être ‘Trumpés’ et bafoués ?

L’élection de Donald Trump à la présidence américaine a suscité émotion et inquiétude parmi tous ceux qu’ont révolté ses propos racistes, misogynes et réactionnaires. Ici même, tous ceux qui jouent sur les mêmes cordes que le bonimenteur milliardaire américain se sentent encouragés à continuer, de Sarkozy à Le Pen.

Les travailleurs se détournent d’élections…

Contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire à coup d’interviews d’électeurs de Trump, ce dernier n’a pas été élu par les travailleurs blancs américains en colère qui se sentiraient menacés : en fait, la majorité des travailleurs, noirs, latinos ou blancs, ne sont pas allés aux urnes ! L’abstention a fortement progressé et c’est Clinton qui en a surtout fait les frais avec 10 millions de voix en moins qu’Obama en 2008. En majorité, les travailleurs se sont détournés d’élections dont ils n’attendaient rien.

… qui ne leur offrent aucun espoir

D’ailleurs, en quoi les huit années de l’administration Obama auraient-elles pu les détromper ? Les Noirs tombent toujours sous les balles de flics racistes. Comme ailleurs dans le monde, le patronat licencie et baisse les salaires. Obama s’est surtout illustré en sauvant le système bancaire de la faillite et en faisant payer la note aux plus pauvres – comme ici. Même le fameux « Obamacare », supposé être un système de santé pour tous, a surtout enrichi des ‘mutuelles’ dont les tarifs élevés ont laissé de côté un grand nombre.

Ici aussi, au gré des trahisons de la gauche gouvernementale, l’abstention gagne chez les travailleurs. Certains, déboussolés, vont jusqu’à se préparer à voter pour le Front national, en disant : « autant foutre le bordel », espérant ainsi chasser les responsables du « système ». Autant se tirer une balle dans le pied : Marine Le Pen, parfaitement dans le « système », est la riche héritière de son tordu de père et la plupart des ténors du Front national sont des transfuges de la droite classique.

Le gros des électeurs du Front national, comme de Trump aux USA, vient des classes moyennes qui se sentent fragilisées par le système capitaliste et croient se protéger en votant pour un de ses représentants. Ce qui n’a rien de réjouissant, d’ailleurs, car cela offre à ces derniers une base sociale plus large et plus hargneuse dans leurs menées anti-ouvrières.

Préparer les luttes contre les attaques patronales

Trump est un exploiteur milliardaire parfaitement intégré au système. Ses propos racistes et de préférence nationale s’en prennent aux Noirs, aux Latinos, mais visent en réalité tout le monde du travail qu’il cherche à diviser.

Pour l’heure, l’Amérique réactionnaire exulte. Les réseaux sociaux y font état d’une recrudescence d’actes racistes. En face, les nombreuses manifestations de jeunes refusant de voir en Trump « leur » président ne suffiront peut-être pas, à elles seules, à endiguer les attaques prévisibles, mais elles montrent la voie.

La victoire de Trump a quelque chose d’inquiétant, mais Clinton aurait tout autant servi le capitalisme. C’est bien pourquoi elle a peiné, dans son camp, à rallier les travailleurs et les jeunes. Elle s’est rabattue sur l’argument du « vote utile » contre Trump : on a vu le résultat.

Il faut de vrais représentants des travailleurs

Dans les élections américaines, il n’y avait pas de véritable représentant des travailleurs. Au printemps 2017, en France, les travailleurs peuvent être directement représentés. C’est la raison d’être de la candidature à l’élection présidentielle de Philippe Poutou, lui-même ouvrier chez Ford. Une candidature qui affirmera que seules nos luttes peuvent nous mettre à l’abri du chômage, de la vie chère, des mauvaises conditions de vie et de travail. Une candidature visant à populariser les moyens d’unifier nos luttes pour être plus forts face au patronat et, enfin, renouer avec la victoire.

Il y a d’autres façons de « créer la surprise » que de voter pour de vieilles badernes réactionnaires. Le vote pour un militant ouvrier anticapitaliste, même s’il ne devient pas « président », montrerait aux capitalistes que les travailleurs ne sont pas des « sans-dents » mais sont au contraire prêts à mordre !

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