Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 34, juillet-août 2004 > DOSSIER : Accidents du travail et maladies professionnelles : faux frais de (...)

DOSSIER : Accidents du travail et maladies professionnelles : faux frais de l’exploitation pour le patronat et l’Etat

Citroën : parcours accidenté

Mis en ligne le 22 juin 2004 Convergences Entreprises

Pour déclarer un accident du travail, les ouvriers de l’usine Citroën d’Aulnay-sous-bois (plus de 7000 salariés, dont un très grand nombre d’intérimaires) doivent se présenter au service médical qui leur donne les premiers soins et une fiche blanche, qui décrit les circonstances de l’accident, remplie et signée en général par le responsable d’unité. Si l’accidenté n’a pas sa fiche, les soignants lui diront souvent : « Je vous déclare en maladie » et à la rigueur : « retournez demander à votre chef la fiche blanche, si vous revenez avec, on acceptera de vous mettre en accident de travail. » Bien sûr, l’ouvrier accidenté peut connaître ses droits et ne pas craindre les pressions : le médical sera obligé de lui donner le volet accident du travail, la loi l’y oblige : l’employeur ne peut pas s’opposer à une telle déclaration, seulement y mettre des réserves. Mais... la fiche blanche est bien un premier filtre efficace !

Si l’accident est plus sérieux, et nécessite une consultation extérieure, le service médical oriente presque systématiquement vers une clinique privée d’Aulnay, avec laquelle la direction a passé un accord, et non plus vers l’hôpital public (trop généreux en jours d’arrêt ?). Là encore, rare sera l’ouvrier qui insistera pour consulter où il veut consulter, comme la loi l’y autorise.

Enfin, quand l’accidenté est reconduit à l’usine, après sa consultation, il est en général accueilli... par un chef et par le « préventeur », salarié théoriquement recruté pour améliorer les conditions de sécurité dans les ateliers. Une « discussion amicale » vise alors à dissuader l’accidenté de prendre son arrêt : « Tu es arrêté 10 jours ? Pas de problème, tu restes tranquillement à la maison au début, puis tu reviens au boulot où on te mettra sur un poste peinard, on te paiera, on te renverra l’ascenseur, tu peux compter sur nous. » Si le salarié, entouré de tels amis, accepte, il écrira à la Sécu : « Je ne désire pas prendre mon arrêt de travail ». Il va sans dire que s’il est intérimaire (ils sont 1500 en moyenne), le refus équivaut à faire une croix sur l’embauche.

Citroën évite ainsi de grosses dépenses sur ses cotisations à la branche AT-MP, et une mauvaise publicité pour ses conditions de travail. Tant pis pour l’accidenté qui verrait des séquelles inattendues apparaître à long terme.

B. T.

Mots-clés : |

Imprimer cet article Réagir à cet article