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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 2, mars-avril 1999

Campagne LO-LCR : un enjeu qui dépasse le 13 Juin

Mis en ligne le 1er avril 1999 Convergences Politique

Le défi que doivent relever aujourd’hui les révolutionnaires est de proposer d’autres choix sociaux, une autre politique face à celle du gouvernement et de la gauche réformiste : mettre un coup d’arrêt à l’arrogance patronale et imposer la satisfaction des aspirations du plus grand nombre. Le petit mouvement déjà perceptible autour de la campagne commune LO-LCR montre aujourd’hui l’écoute favorable que peuvent rencontrer les révolutionnaires, justement parce qu’ils refusent, à la différence de la « gauche plurielle », la soumission aux intérêts des patrons et des banquiers.

Mais au delà les révolutionnaires peuvent reprendre et développer les propositions déjà mises en avant par la LCR et LO pour une offensive contre le pouvoir capitaliste, les mesures politiques à même de prendre le problème à la racine.

Défendre un plan d’urgence anticapitaliste

La question fondamentale est évidemment celle de l’exploitation, la volonté des capitalistes actionnaires ou gestionnaires de remettre en cause l’emploi, les salaires et les acquis sociaux pour mieux maintenir la rémunération du capital. Les richesses produites chaque année par la quatrième puissance économique du monde (au moins 8000 milliards de francs de produits intérieur brut en 1998) permettent évidemment que chacun ait un emploi et un revenu. Mais ces richesses sont aujourd’hui confisquées par une minorité d’exploiteurs (en France, 1 % des ménages possède 50 % du patrimoine) qui réduit d’année en année la part consacrée aux besoins sociaux.

Confisquer aux capitalistes les richesses produites et les rendre aux salariés et salariées est la base même des réponses à mettre en avant face au chômage, à la précarité et à la misère.

Les hommes et les femmes ne sont pas une marchandise dont il faudrait apprécier la valeur relative ou dont l’emploi dépendrait d’une quelconque reprise économique. Les exigences des capitalistes seules imposent de moins en moins d’emplois et des conditions de plus en plus précaires pour ceux et celles qui travaillent. La conjoncture économique n’est ni plus ni moins propice à l’emploi. La masse salariale « acceptable » par les entreprises est calculée en fonction des marges de profits exigées par les actionnaires. Les entreprises qui licencient, comme Renault à Vilvoorde et bien d’autres, le font parce que les gains de productivité leur permettent d’exploiter, encore plus, moins de salariés pour la même production.

Battre en brèche le pouvoir absolu du patronat passe par l’interdiction des licenciements et la réquisition des entreprises qui osent licencier alors qu’elles font des profits.

La misère des chômeurs et de ceux et celles qui, avec un contrat précaire, ne dépassent souvent guère le RMI est insupportable. Les syndicats reconnaissent que le SMIC actuel ne permet pas de vivre, la CGT revendique 8500 F par mois.

Ce SMIC, net évidemment, doit être le revenu minimum pour tous, chômeur ou salarié.

Alors que les salariées et salariés sont chaque année davantage soumis à l’impôt sur le revenu, à la CSG, à la TVA et aux autres taxes indirectes, les patrons non seulement s’exonèrent eux-mêmes de l’impôt en diminuant l’emploi mais sont aussi exonérés de centaines de milliards par l’Etat.

Arrêter de rémunérer l’argent en versant des dividendes libres de toute charge sociale est l’exigence de l’heure, de même que la suppression de la CSG et la TVA qui sont autant de taxes qui touchent essentiellement les salariés.

La réduction du temps de travail est utilisée par le patronat et l’Etat pour revenir sur les acquis et imposer partout la flexibilité.

Les intérêts des salariés, des chômeurs des jeunes et des précaires est bien d’imposer au patronat que l’application des 35 heures se fasse sans revenir sur les acquis des pauses, avec partout 10 % d’embauches sans perte de salaire, sans annualisation ni flexibilité.

Les comptes des entreprises, consolidés au niveau des groupes, doivent être rendus publics, et la collectivité doit pouvoir décider de l’affectation des profits financiers dégagés par ces trusts. Les bénéfices dégagés par les travailleurs ne doivent pas être laissés à disposition de banquiers ou d’actionnaires. Tous les hommes, toutes les femmes qui vivent dans ce pays, français ou immigrés, doivent pouvoir décider directement et pleinement des choix économiques et sociaux.

Les salariés, et leurs organisations, les syndicats, les associations de chômeurs, celles de consommateurs, doivent pouvoir décider directement de l’affectation des richesses produites.

Aujourd’hui le parlement national (élu par un système inégalitaire) n’a qu’un pouvoir ridicule face aux banques et aux groupes capitalistes. Leur pouvoir économique et politique doit être directement remis en cause pour la satisfaction des besoins sociaux du plus grand nombre.

Une réelle démocratie doit partir des entreprises où ceux et celles qui produisent les richesses doivent avoir le contrôle de la production et de l’affectation des bénéfices. De même, les grands choix des localités doivent être faits directement par la population concernée.

Ces exigences, et celles qui en découlent pour les droits à la santé, à la retraite, au logement notamment, doivent être portées haut et clair par les révolutionnaires. Elles ne seront évidemment pas satisfaites par ce gouvernement. leur réalisation dépend de la mobilisation générale de tous ceux et toutes celles qui ont intérêt à sa mise en oeuvre.

Avancer vers une force politique révolutionnaire

Bien sûr, un score significatif de la liste LO-LCR donnera plus de force, de confiance pour réaliser cette mobilisation, pour se battre pour ce plan d’urgence. Au moins aux centaines de milliers de salariés et salariées, de jeunes, de chômeuses et chômeurs qui vont pouvoir voter pour une liste composée de militantes et de militants qui, en butte à la même exploitation, partagent aussi les mêmes combats et les mêmes espoirs.

Mais l’enjeu n’est pas seulement celui d’une campagne réussie ou d’un bon score électoral.

D’autres groupes révolutionnaires soutiennent la campagne LO-LCR. De nombreux militants, sans être d’accord avec toute la ligne politique de LO ou de la LCR, sont prêts à agir pour son succès, en espérant qu’elle pourra trouver une suite.

De plus il y a dans ce pays beaucoup d’hommes et de femmes qui mènent chaque jour, chacun à leur manière ou sur leur terrain, un combat contre le système capitaliste. Les organisations n’en rassemblent qu’une petite partie.

Dans les semaines qui viennent les militants de LO et de la LCR ne doivent pas seulement se mobiliser et mener campagne ensemble dans les entreprises et les localités. Ils doivent donner l’occasion à tous ceux et à toutes celles qui le désirent de se joindre à eux dans cette campagne, ce qui serait aussi l’occcasion de se rencontrer pour débattre des propositions du plan d’urgence, d’en avancer éventuellement d’autres mais surtout de voir comment continuer à agir ensemble après les élections.

Car tous ensemble ils peuvent demain constituer une force politique révolutionnaire qui combatte, au jour le jour, pour un plan d’urgence anticapitaliste, pour que toutes les luttes convergent vers une riposte d’ensemble. Cette force ne surgira évidemment pas d’un coup de baguette magique, au cours, ou même au lendemain de cette campagne électorale. Mais celle-ci peut et doit être l’occasion pour des milliers de militants de réaliser quelques pas concrets dans sa direction, en jetant des bases d’une poursuite de leur collaboration. Collaboration entre LO et la LCR évidemment, mais aussi collaboration de ces organisations avec tous ceux qui entendent lutter contre l’exploitation et l’oppression, dans et hors des entreprises, y compris ceux qui appartiennent encore à des partis qui soutiennent le gouvernement, notamment au Parti Communiste.

Laurent CARASSO

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