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DOSSIER : Contre l’Europe morcelée des capitalistes, les intérêts planétaires des travailleurs

Brexit : Toujours en suspens, mais déjà payé par les travailleurs

Mis en ligne le 26 janvier 2017 Convergences Monde

La procédure de sortie de l’Union européenne sera déclenchée fin mars, selon la Première ministre britannique, Theresa May. Enfin… sauf si la Cour suprême, dont la décision est annoncée pour janvier, confirme le jugement de la Haute Cour de Justice exigeant un vote préalable du Parlement. Si les députés doivent donner leur assentiment, cela pourrait bien être la fin d’un Brexit auquel la grande majorité du Parlement, comme de la bourgeoisie britannique, est hostile.

Une telle décision arrangerait sans doute les affaires de Theresa May, qui joue de la démagogie souverainiste, mais exprimait il y a peu, devant un parterre de banquiers réunis par la célèbre banque Goldman Sachs, un soutien sans faille au marché commun : « Je pense que faire partie d’un bloc commercial de 500 millions de personnes est important pour nous. […] Il y a de clairs avantages en termes économiques » [1]. Sa première mesure avait d’ailleurs été de repousser l’échéance prétextant… un manque d’experts. Comme si la bourgeoisie n’avait pas tout le personnel nécessaire pour défendre ses intérêts !

Si Brexit il devait y avoir, personne ne sait encore trop sous quelle forme. Pas seulement parce qu’il faudra deux ans de bras de fer pour définir le nouveau statut du pays, mais aussi parce que Theresa May entretient un flou artistique sur ses objectifs dans la négociation. Au point que l’inquiétude monte parmi les financiers de la City, patrons, parlementaires et diplomates, dont certains ont claqué la porte.

Du côté de l’Union européenne, l’heure est encore aux coups de menton. On promet au Royaume-Uni, dont certains représentants suggèrent de ne rien changer à part fermer les frontières aux personnes, qu’il n’obtiendra pas de dérogation aux « quatre libertés » qui fondent l’Union européenne (liberté de circuler des biens, services, capitaux et personnes). Ce sera toutes ou rien, dit-on. En France, le conseil départemental des Hauts-de-Seine fait déjà la promotion du quartier d’affaires de La Défense dans les gares et aéroports londoniens : « Tired of the fog ? Try the frogs ! » (« Marre du brouillard ? Essayez les grenouilles ! »).

La facture déjà présentée aux classes populaires

Quant aux travailleurs, on leur promet les dix plaies d’Égypte : chômage, inflation, krach boursier, pauvreté, récession, désunion du Royaume et, last but not least, fuite des talents de la Premier League de football ! Ce qui est sûr, c’est que l’avenir est bien incertain. Mais le patronat a déjà commencé à faire payer les travailleurs. Les salaires stagnent, alors que l’inflation est repartie à la hausse suite à la chute de la livre sterling. Elle atteint des records pour certains produits : le traditionnel Christmas pudding aurait augmenté de 21 %, ses principaux ingrédients étant importés. Unilever a augmenté de 10 % certains produits, provoquant la grogne de Tesco, principale chaîne de supermarchés, qui se pose en défenseur des consommateurs… mais craint surtout pour ses ventes. Toblerone a trouvé l’astuce : augmenter l’espace entre ses triangles chocolatés pour vendre moins au même prix.

Reste que la réaction des travailleurs pourrait être à la hauteur. La période de Noël a vu une série de grèves, qui pourraient continuer. Dans plusieurs compagnies ferroviaires, le personnel de ménage s’y est mis sur les salaires. Les cheminots de Southern Rail cumulent les journées contre la suppression des contrôleurs chargés de la sécurité à bord des trains. Le 9 janvier, le métro était quasiment arrêté contre la suppression des guichets. Dans les cinémas PictureHouse de Londres, le personnel a suivi jusqu’à huit jours de grève en décembre pour passer le salaire brut de 10 à 11 euros et pour le droit à un congé maternité. D’autres journées sont prévues. À British Airways, 2 900 salariés s’y remettent pour trois jours sur les salaires à partir du 19 janvier, après deux jours à Noël. Des compagnies de bus et usines, comme Weetabix, s’y sont mis aussi.

M.S.


[1Citée par Luc Vinogradoff, « Brexit : ce que Theresa May disait aux Anglais et ce que Theresa May disait à Goldman Sachs », Le Monde, 26 octobre 2016.

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Numéro 110, janvier 2017