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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 48, novembre-décembre 2006

Belgique : bilan des élections et perspectives pour les révolutionnaires !

Mis en ligne le 27 novembre 2006 Convergences Monde

Dans le dernier numéro de Convergences révolutionnaires, nous soulignions l’inquiétude du monde politique à l’idée que les électeurs mécontents puissent décider de reporter leur voix à l’extrême droite et sa stratégie pour tenter d’en réduire l’influence en Flandre comme en Wallonie : découverte opportune d’un complot d’extrême droite dans l’armée à la veille des élections, tracasseries administratives et procès en Wallonie pour empêcher le Front national de se présenter.

Maintien de l’extrême droite, baisse de la gauche

Les élections communales sont passées. Les hommes politiques et les médias ont poussé un ouf de soulagement car le Vlaams belang (parti d’extrême droite en Flandre) n’a pas été en mesure de s’emparer de la mairie d’Anvers. Pourtant, il n’y a pas lieu de crier victoire : le Vlaams belang dépasse de 0,5 % son score réalisé aux élections communales de 2000 à Anvers et y obtient cette fois 33,5 % des suffrages. Il double le nombre de ses conseillers communaux pour l’ensemble du pays. Dans nombre de petites communes où il se présentait pour la première fois, il obtient plus de 10 % des voix.

Pour ce qui est du Front national en Wallonie, divisé, sans vraiment d’appareil militant, ses scores sont importants dans certaines villes comme Charleroi (13 %), Mons (8 %) ou, tout à côté, Quaregnon (11,4 %).

De l’autre côté, le Parti socialiste a perdu de nombreux suffrages dans les villes où il est mêlé à des « affaires » de clientélisme, d’attribution de marchés publics et de collusion d’intérêts. Ces « affaires » avaient disparu de la Une des journaux le temps de la campagne électorale mais cela n’a pas pour autant empêché le recul du Parti socialiste. C’est le cas à Charleroi où il recule de 12,94 %, à La Louvière où il perd 14,28 % ou encore à Mons : moins 9,8 %.

L’extrême gauche

L’extrême gauche était présente dans ces élections. Le Pos (Parti ouvrier socialiste, section belge du Secrétariat unifié) a présenté dix candidats sur des listes locales et obtient 4 élus. Le Mas (Mouvement pour une alternative socialiste rattaché au CIO) a présenté une dizaine de listes et obtient 0,45 % des voix en moyenne. Le PTB (Parti du travail de Belgique, formation « marxiste-léniniste ») a obtenu 15 élus et des scores importants comme à Zelzate (en Flandre orientale) où, avec 21 % des voix, il a 6 élus ; à Herstal (près de Liège), il obtient 9,4 % des voix, et 8,3 % des suffrages à Hoboken (un district d’Anvers).

Ces scores sont à mettre en partie au compte de l’implantation du PTB dans ces communes où il milite dans les entreprises et organise des maisons médicales « Pour le peuple » et des aides juridiques. Les résultats obtenus par le PTB lui posent un certain nombre de questions politiques sur l’attitude à avoir vis-à-vis de l’extrême droite à Hoboken. Dans cette ville, au conseil de district, le Vlaams belang a obtenu 10 sièges tandis que la coalition droite-gauche en a 9. Le PTB dans ce district a deux élus dont les votes seront déterminants. Dans sa presse, le PTB exprime le désir de participer à une majorité avec les partis de gauche et de droite, mais ce sont ces partis qui voient un problème dans le fait d’être associés à des communistes staliniens. À l’heure actuelle, rien n’est encore décidé.

Ces élections passées... tout le monde pense aux prochaines échéances électorales, y compris l’extrême gauche.

Samedi 28 octobre, à Bruxelles, s’est tenue la première réunion nationale d’un nouveau cartel politique regroupant des altermondialistes, une grande partie de l’extrême gauche (Pos et Mas), le reste du PC belge, des socialistes dissidents, en tout 600 personnes venues jeter les bases d’un mouvement du style du Linkspartei en Allemagne ou encore de « la gauche de la gauche » en France. Un des premiers votes de ce cartel... fut une motion pour décider de se présenter aux prochaines élections de mai ou juin 2007. Cela est sans doute significatif des ambitions et des limites des promoteurs de ce rassemblement.

Les véritables échéances pour les travailleurs

Pourtant, avant ces élections, d’autres échéances importantes vont avoir lieu. Début novembre débutent les négociations entre patronat et syndicats pour fixer le cadre de l’accord interprofessionnel 2007-2008. Ces négociations concernent deux millions de travailleurs du secteur privé, plus tous les « allocataires sociaux » : chômeurs, retraités, victimes de maladies professionnelles, Rmistes, et ont pour but :

  • de décider pour une durée de deux ans les augmentations salariales et des questions liées aux conditions de travail : heures supplémentaires, Smic, temps de travail, etc. ;
  • de fixer un seuil minimum qui sert de base pour les négociations dans les secteurs où il n’existe pas de négociation collective.

Au moment où ces négociations vont démarrer, rien ou presque n’est avancé en terme de revendications du côté syndical. Les deux syndicats, unis dans cette négociation, n’avancent que trois priorités bien vagues : hausse du salaire minimum brut, droit à la formation et amélioration de la qualité de l’emploi. Aucune revendication d’augmentation générale des salaires pour tous les travailleurs n’est mise en avant. Rien n’est, pour l’instant, envisagé non plus en terme d’action.

Voilà donc une question sur laquelle, dans les semaines qui viennent, il serait nécessaire que les révolutionnaires interviennent. C’est sur ce terrain, bien plus important que celui des élections pour tous ceux qui entendent lutter pour l’organisation et le combat des travailleurs, qu’ils pourraient et devraient se retrouver au coude à coude.

Bruxelles, le 12 novembre 2006

Paul GALLER

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