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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 64, juillet-août 2009

Base Handling — aéroport CDG Paris (service aux avions) : trois semaines de grève

Mis en ligne le 3 juillet 2009 Convergences Entreprises

Base Handling, créée en 2006, filiale à 100 % de Servair, elle-même filiale d’Air France, prépare des plateaux-repas et assure le nettoyage des avions sur l’aéroport de Roissy. Parmi ses 300 salariés, la quasi-totalité de l’encadrement et de la maîtrise est constituée de détachés de Servair, chargés d’imposer la discipline maison dans une société… où les salariés sont pourtant privés des conventions et accords d’entreprise du groupe Servair.

En août 2007, une grève de huit jours avait déjà eu lieu. Depuis, l’activité du site et l’exploitation se sont encore accrues. Et, deux ans plus tard, les réunions de négociation annuelle ont été le déclencheur d’un nouveau mouvement. À l’appel des délégués CGT et CFTC, le personnel ouvrier, jeune, ayant très souvent moins de 25 ans, s’est mis d’accord pour réclamer le paiement d’une prime de panier de 5 euros par jour, l’augmentation de la prime de transport et la mise en place d’un cycle de travail avec des jours de repos prévisibles.

La volonté de ne pas rester seuls

Malgré la maîtrise détachée de Servair tentant d’assurer le service anti-grève, celle-ci, commencée le 15 avril, a été largement suivie dans tous les services (chauffeurs, laverie, préparation des plateaux). Et, pendant les deux premières semaines, les ouvriers ont tenté d’étendre le mouvement aux autres centres et filiales de Servair de l’aéroport (en tout 5 000 salariés). En se rendant avec des tracts aux portes des autres centres, ils ont recueilli des marques de soutien, en particulier financier, mais sans que cela débouche sur l’extension recherchée.

Rassurée la direction a alors adopté une attitude de mépris, refusant de faire la moindre proposition, exceptée celle du paiement… d’un café par jour. Et, à la veille du week-end du 1er mai, elle assénait un coup de massue en prélevant la totalité des 15 jours de grève d’avril.

Réponse des grévistes : être encore plus visibles et, d’abord, défiler à 80 à Paris le 1er mai. Puis, une fois cette première manifestation réussie et les grévistes regonflés et conscients de l’injustice des méthodes d’externalisation et de sous-traitance d’Air France (des salaires de 1 000 euros par mois pour un travail en équipes et avec une amplitude horaire allant de 5 heures du matin à 1 heure le matin suivant), ils décidèrent de se manifester directement auprès des sièges de Servair et d’Air France à Roissy. Ainsi, dans les terminaux d’enregistrement, des passagers purent découvrir le « niveau social » de la « première compagnie aérienne mondiale ».

Une fin en demi-teinte

Les défilés, en gilets de sécurité, aux sons des sifflets, avec des banderoles telles que « Air France, profiteur des misérables » , « association de profiteurs » ou encore « Air France, organisateur de l’exploitation » ont fini par agacer la maison-mère. La direction départementale du travail a finalement proposé sa médiation au bout de trois semaines de grève, à la veille du week-end férié du 8 mai. La direction a accepté le paiement d’une prime de panier de deux euros par jour, l’augmentation de la prime de transport de 15 euros par mois et, surtout, la mise en place d’un planning de travail par cycle.

Une minorité de grévistes préférait en rester là. La majorité percevait l’écart entre ces propositions et leurs revendications. Mais elle était dubitative sur les possibilités de continuer si une minorité reprenait le travail. De plus, les délégués, qui avaient pourtant pendant trois semaines poussé à étendre le mouvement et accepté le contrôle de celui-ci par les grévistes, finissaient, au soir d’une journée de négociation, par céder aux man ?uvres et aux pressions de la direction, en signant un accord avant de consulter les travailleurs en grève.

Le lendemain, dans une AG d’une centaine de personnes, des discussions ont opposé certains aux partisans de la reprise, à qui était reproché d’abandonner la revendication de l’embauche immédiate des CDD qui avaient participé à la grève. La quasi-totalité a quand même accepté l’arrêt d’une grève que les travailleurs de Base Handling n’étaient pas parvenus à étendre aux autres centres et filiales. Mais, pour marquer le coup, ils ont défilé à l’intérieur du site… et obtenaient encore que la journée fériée du 8 mai soit payée à tous les grévistes.

20 juin 2009

Marc OUSSIS

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