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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 8, mars-avril 2000

Banques : Quand les syndicats bradent les acquis

Mis en ligne le 1er avril 2000 Convergences Entreprises

Le patronat des banques, à l’image de ses collègues des autres branches, avait décidé en février 1998 de revenir sur les garanties sociales obtenues par les luttes des salariés du secteur. La convention collective – couvrant 220 000 salariés – fut dénoncée sous prétexte de la moderniser – argument hypocrite qu’utilise le patronat quand il veut reprendre ce qu’il fut obligé de concéder par le passé.

Après une première journée d’action fin février 1998, il a fallu attendre octobre 1999 pour que les fédérations syndicales lancent un appel à la grève. Entre temps, elles avaient tenu de nombreuses réunions avec le patronat au cours desquelles celui-ci fit part de ses intentions. Nul besoin d’être grand clerc pour deviner que celles-ci n’étaient pas favorables aux salariés. Tous les acquis étaient divisés par deux, le nouveau projet introduisait un statut différent pour les anciens et les nouveaux salariés, la convention ne reprenait qu’un minimum laissant aux entreprises la décision d’aller au-delà en fonction de leurs moyens, de leur volonté et surtout du rapport de force. Quant au temps de travail et aux congés, ils étaient simplement retirés du dispositif conventionnel – grâce à l’appui du SNB/CGC – pour cause de loi Aubry afin de permettre à chaque direction d’entreprise de mettre en place un accord particulier.

Cinq syndicats, CGT en tête, signent

Ces tergiversations syndicales, dans une période de recul général des luttes et de soutien syndical au gouvernement, ont contraint les salariés à l’attentisme. Car la plupart de celles et ceux qui étaient prêts à se battre attendaient un appel ferme et des mots d’ordre clairs de la part des fédérations. Les mobilisations de l’automne dernier n’ont pas été suffisantes pour faire reculer les banquiers car pour cela il aurait fallu que les salariés des banques comptent avant tout sur leurs propres forces et ne laissent pas les fédérations syndicales mener le mouvement à leur façon.

Ainsi les cinq syndicats ont pu s’appuyer sur les limites de la lutte – limites qu’ils avaient eux-mêmes fixées – pour accepter finalement de signer le projet patronal. Et les plus pressés de sortir leur stylo furent les dirigeants de la fédération CGT qui firent annoncer par la presse, les premiers, qu’ils étaient favorables à la signature, dédouanant de cette responsabilité les syndicats les plus enclins à signer habituellement.

Contestation au sein de la CGT et de la CFDT

De nombreux militants CGT et CFDT ont contesté ce qu’ils ont ressenti comme une trahison de la part de leurs fédérations. Les syndicats CGT des plus grosses banques de la région parisienne ont fait connaître publiquement dans la presse et dans leurs entreprises leur désaccord. Les effets de cette signature syndicale n’ont certainement pas fini de se faire sentir ; en commençant par les élections professionnelles. A la BNP, lors des récentes élections au conseil d’administration, une liste présentée pour la première fois par le SDB–SUD a remporté plus de 16 % des voix au détriment de tous les autres syndicats en faisant clairement campagne contre la signature de la convention collective.

Eric PERREUX

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Numéro 8, mars-avril 2000

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