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Allemagne - L’atout le plus sûr de Schröder, c’est que même dans l’opposition, Kohl reste un repoussoir !

1er mars 2000 Monde

L’affaire Kohl, puis maintenant Schäuble, continue à défrayer la chronique en Allemagne. C’est le 30 novembre puis le 16 décembre derniers que celui qui fut chancelier durant 16 ans (de 1982 à 1998), dirigeant de la CDU (Union chrétienne-démocrate) pendant 25 ans (de 1973 à 1998) et s’est fait la réputation d’être l’homme de la réunification, a avoué publiquement avoir reçu pour son parti, de 1993 à 1998, dans des caisses noires, près de 2 millions de DM en liquide (environ 7 millions de francs), sans le déclarer, en violation de la loi sur le financement des partis. Un cabinet d’audit vient de faire une expertise évaluant ces sommes au double, 4 millions de DM au moins. Et les médias d’ouvrir ou plutôt d’entrouvrir la boîte de Pandore des financements occultes de la CDU, en même temps que le parquet de Bonn ouvrait une information judiciaire contre Kohl. Mais on ne saura pas tout sur ces sommes qui ont alimenté les cagnottes de la CDU, versées par qui, et utilisées pour quoi... On ne saura pas tout sur cette valise de billets contenant 1 million de DM passée des mains d’un marchand d’armes vers les comptes non déclarés de la CDU pour faciliter l’exportation de blindés allemands Thyssen vers l’Arabie Saoudite pendant la guerre du Golfe, ni sur ces dizaines ou centaines de millions de francs versés par ELF à des partis politiques en Allemagne (dont au premier titre la CDU) pour faciliter la reprise de la raffinerie de Leuna, dans l’ancienne Allemagne de l’Est. Tant que les travailleurs ne s’en mêleront pas, eux qui par leur situation à tous les niveaux de l’économie ont des moyens de contrôle s’ils se mobilisent, on ne connaîtra qu’une petite partie du système de relations étroites, bien rôdé et de longue date, entre capital et politique. Si l’on en croit la grande presse, Kohl graissait également la patte de très nombreuses instances de son propre parti pour s’assurer du succès de sa politique !

Et Kohl sur les péchés duquel les médias font mine de s’indigner, est un récidiviste. Le même scandale avait déjà éclaté dans les années 1982-1985 (pour être finalement étouffé et la carrière de Kohl nullement contrariée) avec l’« affaire Flick » du nom d’un homme d’affaires arrosant les partis politiques de fonds provenant de mécènes de l’industrie et de la finance. Le quotidien Le Monde rappelle que c’est sous l’égide de Adenauer que des banquiers et des industriels fondèrent en 1954 la Staatsbürgerliche Vereinigung (ou Union Civique !), une association dont le but était d’encourager l’économie de marché et de lutter contre le socialisme. Elle collectait des dons fiscalement déductibles des entreprises et les reversait aux partis. Le système continua sous Kohl et de 1969 à 1976 où il fut ministre-président du Land de Rhénanie-Palatinat, sa région serait devenue une vraie oasis fiscale pour les officines de financement de la CDU et du parti libéral FDP. L’association créée sous Adenauer continua à prospérer, mais d’autres aussi, qui auraient rassemblé 250 millions de DM en une dizaine d’années (soit 850 millions de francs). Le scandale Flick fut le déballage de ces affaires d’officines, où Kohl s’illustra déjà en mentant à une commission d’enquête. A l’époque de ce scandale Flick, la section allemande de la IVE Internationale ironisait en donnant à la République fédérale d’Allemagne ou Bundesrepublik Deutschland, le surnom Bundesrepuflick Deutschland.

Dans la foulée de ce scandale, la législation allemande fut modifiée, la déductibilité des dons supprimée, les officines de financement dissoutes, et Kohl put continuer sa carrière de politicien véreux et menteur, par le truchement cette fois des caisses noires ! Et il n’est évidemment pas le seul à être arrosé par le fric et le scandale. C’est toute la CDU qui est concernée et son numéro deux, Wolfgang Schäuble, qui disait ne pas être au courant des prévarications de Kohl, est à son tour impliqué. Il vient de reconnaître qu’il a reçu du même marchand d’armes 100 000 DM et qu’à la fin 1996, le groupe parlementaire qu’il présidait a fait un versement en liquide de 1,15 million de DM (4 millions de francs) dans les caisses noires de la CDU (car la loi interdit à un groupe parlementaire de verser de l’argent à son parti) !

A qui le crime profite ?

L’affaire Kohl profite de toute évidence au SPD et au gouvernement de Schröder. Si Kohl n’avait pas existé, Schröder aurait pu l’inventer et il est probable que les milieux SPD ont leur responsabilité discrète dans les déballages de l’affaire Kohl ! Car l’affaire des financements occultes de la CDU arrive à point nommé pour faire oublier tous les sales coups du gouvernement Schröder contre les travailleurs et les plus pauvres. Schröder ne croyait certainement pas si bien dire quand il menait campagne il y a un an et demi avec la formule : « Je vous donne neuf raisons de voter SPD. La dixième s’appelle Kohl. » Quelques mois après son arrivée au pouvoir, il semble bien que la dixième raison reste la plus solide !

Car il n’a pas fallu longtemps à la coalition SPD-Verts formée par Schröder après son succès électoral du 27 septembre 1998 et son accession au poste de chancelier, pour s’engager dans une politique d’austérité et d’intervention militaire contre la République de Yougoslavie, dont son électorat, quel que soit son peu d’illusions, a sévèrement accusé le coup. Et cela s’est remarqué, sur le terrain électoral, durant l’année 1999 où les partis de la coalition au pouvoir ont reculé au point que le SPD a perdu la majorité à la deuxième chambre allemande, le Bundesrat.

Certes, à l’automne 1998, les électeurs populaires n’ont pas voté pour Schröder avec enthousiasme. Le déplacement de voix qui a permis sa victoire a somme toute été faible et c’est surtout la CDU qui a fortement reculé. Schröder avait mené campagne en faveur d’un Neue Mitte (nouveau centre) et il envisageait une grande coalition gouvernementale SPD-CDU (déjà pratiquée par le passé au gouvernement fédéral et toujours pratiquée dans des gouvernements de Länder).

Mais Schröder a finalement opté pour une alliance avec les Verts auxquels il ne lui a pas été bien difficile d’inculquer une « culture de gouvernement » comme on dit aujourd’hui ! Et si illusions il y a eu, elles sont vite tombées. L’alliance Rouge-Verte a payé tout au long de l’année 1999 le discrédit de la politique gouvernementale sur le terrain électoral où ses résultats comparés à ceux des consultations similaires précédentes, à part à Brême en juin 99 où le SPD a gagné 9,2 % (mais les Verts perdu 4,1 %), ont été une suite de déconfitures :

Aux élections régionales du 7 février 99 en Hesse, le SPD gagnait 1,4 % mais les Verts perdaient 4 %, ce qui faisait perdre au SPD la présidence du Land, au profit d’une coalition CDU-FDP.

Aux élections européennes de juin 99 où le taux d’absentions atteignait les 50,5 %, le SPD perdait 10 % des voix et les Verts (qui progressaient presque partout en Europe) reculaient de presque 4 % par rapport à leurs résultats aux européennes de 1994.

Aux élections régionales du 5 septembre 99 en Sarre, le SPD perdait 5 % et les Verts 2,3 %. Le SPD perdait surtout la présidence du Land.

Aux élections régionales du 5 septembre 99 dans le Brandebourg, le SPD perdait 14,8 % et la majorité absolue qu’il avait, perdait la direction du Land et s’engageait dans une coalition avec la CDU. Les Verts perdaient 1 %.

(Il faut préciser qu’avec 23,3 %, le PDS ou Parti du socialisme démocratique pour une part issu du parti gouvernemental de l’ex-RDA, récupérait une partie des voix perdues).

Aux élections régionales du 12 septembre en Thuringe, le SPD perdait 9,2 % et les Verts 3 ;9 %. Le SPD passait derrière le PDS (22,3 %) et la grande coalition gouvernementale SPD-CDU laissait la place à un gouvernement de la CDU (qui fait à elle seule 49,3 % des voix).

Aux élections régionales du 19 septembre 99 en Saxe, le SPD perdait 5,9 % et les Verts 1,5 %. Le PDS arrivait devant le SPD avec 22,2 % des voix.

Aux élections pour le Sénat de Berlin le 10 octobre 99, le SPD perdait 1,2 % et les Verts 3,3 %. La grande coalition SPD-CDU continuait.

Tandis que les scores des partis de la nouvelle coalition baissaient dans l’ensemble et parfois beaucoup, les abstentions de leur côté augmentaient, particulièrement dans l’électorat social-démocrate. Des sondages « sortie des urnes » ont indiqué qu’en Sarre et dans le Brandebourg, le SPD a enregistré des pertes supérieures à la moyenne dans le milieu ouvrier, et dans le Brandebourg parmi les chômeurs. Et il faut signaler que dans le Brandebourg et en Thuringe où le SPD a beaucoup reculé, ce n’est pas au seul profit de la droite mais aussi du PDS qui a progressé de quelque 5 % des voix. En Thuringe où le PDS fait 21,2 % des voix et en Saxe où le PDS fait 22,2 % des voix, il arrive en deuxième position après la CDU, et devance le SPD.

Avec les affaires Kohl et Schäuble, Schröder et son gouvernement peuvent espérer être valorisés pour les prochaines élections en Rhénanie-du-Nord-Wesphalie et dans le Schleswig-Holstein.

Une coalition Rouge-Verte au gouvernement, une première et pas n’importe laquelle !

A l’automne 98, quand Schröder après avoir fait campagne sur un programme fièrement pro-patronal et visé explicitement une coalition avec la CDU s’est finalement décidé à former un gouvernement de coalition avec les Verts (plus exactement Bündnis90/Die Grünen), ce fut un indéniable retournement de situation et une première en Allemagne. Jamais encore les Verts n’avaient participé au gouvernement du pays. Joschka Fischer, leur chef de file, un ancien soixante-huitard « gauchiste », entré chez les Verts en 1981, élu député au Bundestag en 83, nommé premier ministre de l’environnement du gouvernement régional de Hesse en 85, s’était illustré par quelques libertés prises avec le protocole, bien davantage que par une politique radicale. Il s’était fait expulser du Bundestag pour avoir traité son président de « Arschloch (trou du cul) » et il a prêté serment de ministre en jeans et baskets. Mais le même Joschka Fischer semble désormais très bien dans ses nouvelles baskets de ministre des Affaires étrangères et très bien dans son nouveau rôle de plénipotentiaire au service de l’impérialisme allemand. Rôle d’autant plus marquant que l’histoire a joué ce tour aux Verts et aux sociaux-démocrates, eux qui faisaient profession de pacifisme, d’avoir à mener l’intervention militaire contre l’ex-Yougoslavie, dès mars 99.

Certes, la RFA a depuis bien longtemps une armée. Certes, elle est un des grands marchands d’armes du monde. Son territoire où étaient stationnées des troupes américaines, françaises, anglaises, était certainement une des plus grandes bases militaires du monde impérialiste, qui a effectivement servi aux États-Unis et ses alliés pour des interventions extérieures en particulier au Vietnam. Et les fusées dirigées vers l’Est n’étaient pas que d’aimables joujoux. Mais jusqu’à la chute du mur et les transformations politiques qui ont suivi, les grandes puissances impérialistes avaient fait mine, hypocritement, de la « surveiller » du fait de son passé nazi, ce qui impliquait que son armée n’intervienne pas à l’étranger. Nuance qui vient d’être effacée. Kohl l’avait certainement rêvé, mais c’est Schröder flanqué de Fischer qui l’ont fait ! L’exception allemande n’existe plus. Par la grâce de la guerre du Kosovo et de la politique social-démocrate mâtinée de Vert ! Pour la première fois depuis 1945, des forces armées allemandes sont intervenues sur un terrain extérieur, dans l’ex-Yougoslavie où l’armée hitlérienne avait laissé de mauvais souvenirs... Problème que Joschka Fischer a vite résolu en confirmant sa profession de foi anti-nazi d’une manière originale : jusque-là, il avait peur du retour du nazisme chez les Allemands, mais en la circonstance, il y avait à le craindre chez les autres. Et d’évoquer Srebrenica, Auschwitz et Münich... Ce qui n’empêche pas aujourd’hui le ministre des affaires étrangères d’Allemagne de bavarder de façon apparemment fort courtoise avec Milosevic, si l’on en croit une photo publiée dans le premier numéro de l’hebdomadaire Spiegel de l’an 2000 !

Si l’épreuve n’a pas été rude pour Joschka Fischer elle représente pour lui un passage obligé pour une carrière politique bourgeoise ambitieuse elle l’a manifestement été pour une partie de la classe ouvrière et de la petite bourgeoisie allemande où les sentiments pacifistes existent. Cette politique n’est pas passée comme une lettre à la poste, ni à la base du SPD et tout particulièrement dans ses associations de jeunesse, ni chez les Verts où les opposants, au dernier congrès, ont chahuté Fischer. L’épisode de la guerre au Kosovo est certainement pour beaucoup dans le recul électoral des deux partis de la coalition gouvernementale. Et le PDS a certainement marqué quelques points parce qu’il était le seul dans le pays (certes avec l’extrême gauche mais qui est très faible) à se dire opposé à la guerre du moins pour ce qui concerne le PDS à la manière du PCF, en préconisant une intervention sous contrôle de l’ONU. Les manifestations qui ont eu lieu en Allemagne, à l’appel du PDS, de jeunes sociaux-démocrates et de l’extrême gauche, ont rassemblé à plusieurs reprises des dizaines de milliers de personnes.

Personne ne vante plus le miracle allemand !

C’est surtout sur le terrain social que la politique du nouveau gouvernement s’est inscrite dans la parfaite continuité de celle du gouvernement conservateur antérieur dont elle a même renforcé certains aspects anti-ouvriers.

La toile de fond, c’est évidemment le chômage total ou partiel qui frappe la classe ouvrière. Le nombre officiel de chômeurs dépasse les 4 millions, avec un taux de plus de 10 % à l’Ouest, mais du double à l’Est où la situation se dégrade entre autres du fait que les autorités, pour raison d’« économies », suppriment toujours plus d’ABM (petits boulots style CES) largement subventionnés. Par ailleurs comme partout, le travail à temps partiel gagne du terrain. Temps partiel « légal », entrant dans le cadre des conventions collectives et soumis à cotisations sociales. Mais aussi temps partiel qu’on pourrait dire sauvage mais qui n’en est pas moins largement répandu puisqu’il a connu une forte progression dans la décennie 1990. Selon une enquête de l’institut de conjoncture économique DIW, il concernait en 1997 quelque 5,6 millions de salariés, dont 1,3 million exerçait ce type d’emploi au titre d’une seconde activité. C’est à cause des dérogations en matière d’impôt et de charges sociales que ces emplois, connus en Allemagne sous le nom de Jobs à 630 marks (ce qui fait environ 2200 francs), sont particulièrement prisés des patrons, surtout du commerce. Le développement de ces petits boulots commençait sérieusement à faire scandale dans les dernières années de l’ère Kohl. Mais le nouveau gouvernement n’a pas envisagé de supprimer ce type de contrat. Il a fait mine, pendant quelques temps, de vouloir « corriger l’abus ». Mais, face à la levée de boucliers du patronat, il a bien vite retiré toute vraie réforme, se contentant d’introduire une cotisation patronale de 22 % pour la sécu, mais sans rien changer à la précarité.

La toile de fond, c’est aussi les conditions de travail de plus en plus dures, avec l’introduction de mesures de flexibilité tous azimuts, souvent acceptées par les syndicats. Dans toutes les branches, les horaires varient à l’envi au gré des patrons. Annualisation ou pluri-annualisation ! Chez Volkswagen qui s’était vanté de l’introduction de la semaine de 4 jours ou 28,8 heures par semaine, les salariés en étaient récemment (du fait du bon carnet de commande) à travailler 36 heures par semaine, voire jusqu’à 38,8 heures puisque la convention collective l’autorise. Les heures supplémentaires sont payées ou stockées sur un compte épargne, qui autorise à plus de vacances ou à un départ à la retraite anticipé (à condition d’être toujours vivant !). Dans bien d’autres trusts de l’automobile, la flexibilité se développe selon les mêmes formules d’annualisation : un horaire officiel de 35 heures, mais un volant de 200 heures en plus ou en moins, selon la demande patronale. Et dans la plupart des entreprises, la surveillance des congés maladie est de plus en plus tracassière.

Autre problème, la masse salariale diminue de façon spectaculaire relativement aux profits du capital. Après des années d’austérité salariale, les inégalités dans la répartition des richesses créées n’ont cessé d’augmenter au détriment de la classe ouvrière. Selon les analyses du DIW (réputées pour être d’« inspiration keynésienne »), la part des salaires dans le PIB n’a cessé de diminuer depuis 1982 et se trouve à un niveau « historiquement bas ». L’IRES (Institut de recherche de syndicats en France), dans sa revue de mars 1999, en fait le commentaire suivant : « Les économistes constatent d’ailleurs qu’à l’observation, la modestie salariale n’a pas produit d’effets positifs sur l’emploi (...) l’assainissement économique ne peut se passer du renforcement significatif de la demande intérieure, fortement malmenée par des années de baisse du pouvoir d’achat des salariés. »

Mais les entreprises n’ont que faire de tels conseils et continuent à dégager plus de profits en créant plus de chômeurs et en surexploitant ceux qui sont au travail. C’est ainsi que de 1993 à 1997, leurs bénéfices nets ont augmenté de 20,9 % alors que les salaires nets des salariés ont diminué de 7,1 % (chiffres de l’IG Metall). Siemens, Daimler-Benz, Bayer, parmi bien d’autres, annoncent des bénéfices nets conséquents pour 1998 et le premier semestre de 1999. Le plus souvent à deux chiffres, caracolant loin devant les augmentations salariales. Et les indices boursiers connaissent en Allemagne comme en France une envolée encore plus folle.

Ce sont pourtant ces grands trusts, dont les bénéfices sont florissants, qui sont responsables du chômage. Fusions, restructurations, délocalisations s’accompagnent de plans de réduction d’effectifs que les patrons présentent comme compatibles avec le social (socialement corrects en quelque sorte !), autrement dit qui n’entraînent pas de licenciements secs ce qui leur vaut généralement l’approbation des directions syndicales ou directions des conseils d’entreprise. Ce n’est évidemment pas souvent vrai. Mais quoi qu’il en soit, de plans socialement corrects en plans socialement corrects, c’est toujours le chômage qui grandit !

Et les mauvaises performances économiques de l’Allemagne qui arriverait presque en dernière position en Europe par son faible taux de croissance du PIB, bien que les perspectives paraît-il s’améliorent, ne sont qu’un prétexte pour imposer aux travailleurs avec ou sans emploi toujours plus de sacrifices.

Durcissement des mesures contre les travailleurs et les chômeurs

Certes, dans les premiers mois, le gouvernement a pris quelques mesurettes populaires, telles que l’augmentation des allocations familiales de 13 %, le rétablissement du remboursement à 100 % des congés maladie, la réduction du ticket modérateur pour l’achat de médicaments, le rétablissement de la loi sur l’autorisation administrative de licenciement dans les PME de 5 à10 salariés. Le nouveau gouvernement pouvait difficilement ne pas revenir sur quelques-unes des décisions les plus impopulaires de la fin du règne de Kohl, décisions contre lesquelles les directions syndicales avaient non sans arrière-pensées électoralistes orchestré pendant quelques mois la protestation.

Mais pour le reste, la politique de la coalition Rouge-Verte se résume à un train de mesures anti-ouvrières d’un côté, des cadeaux pour les patrons et les riches de l’autre.

Depuis plusieurs mois, le nouveau gouvernement s’est attelé à la tâche de réduire de 30 milliards de DM par an le budget de l’État, et pourquoi pas de 50 milliards d’ici 2003 (sur un budget total de 485,7 milliards de DM pour 1999), et cela au moyen de divers volets d’un plan d’austérité, ou Sparpaket (paquet d’économie). Trois ministères vont y contribuer surtout, au premier rang desquels celui du Travail, dirigé par Walter Riester, ex-vice-président de l’IG Metall. Il faut bien que la bureaucratie syndicale aille au charbon !

Sur les 30 milliards de DM d’économies, 12,8 devraient donc être dégagés par le seul ministère du Travail par des coupes dramatiques contre les plus démunis d’abord, cyniquement chiffrées : réduction des prestations sociales de retraite et maladies versées aux chômeurs (qui devrait rapporter 7,2 milliards de DM), indexation des retraites sur l’inflation et non plus sur les salaires (qui devrait rapporter 3,8 milliards de DM), baisse des pensions de retraite des veuves, et Riester parle de compenser la baisse du montant des retraites par la mise en place d’un système de prévoyance privé. Par ailleurs, les communes vont voir leurs subventions diminuer de 2 milliards de DM (ce qu’elles vont certainement répercuter à leur tour, par leur propre austérité, sur les travailleurs).

Sinon, un vaste programme d’économies sur les dépenses de santé est en chantier, qui ressemble étrangement à celui des gouvernements Juppé et Jospin en France. Prétendue rationalisation de la consommation de médicaments dont la liste des remboursables sera revue d’ici 2 ans, prétendue rationalisation des soins médicaux avec contrôle accru sur les praticiens, réforme des caisses d’assurance maladie : le tout devrait rapporter quelques milliards de DM d’économies. En Allemagne comme en France, les travailleurs auraient pris de mauvaises habitude de santé et devraient en changer, dixit la ministre Verte Andrea Fischer.

Le gouvernement rançonne également et durement la population par sa fameuse taxe écologique, large panoplie d’augmentations de taxes, échelonnées dans le temps, et qui marque ce début d’année puisqu’au 1er janvier 2000 le litre d’essence grimpe encore de 6 pfennig, soit 20 centimes. Mais la prétendue taxation écologique concerne d’autres impôts indirects sur les matériaux de chauffage et l’électricité dont les utilisateurs industriels sont quasiment exemptés !

Et alors que le gouvernement fait mine de pleurer sur les nécessaires économies à faire, et qu’il rançonne les classes populaires, il prépare de somptueux cadeaux au patronat par de nouvelles exemptions de charges sur les bas salaires, et par une réforme de la fiscalité des entreprises, c’est-à-dire une baisse importante de leurs impôts (impôt sur les sociétés, taxe professionnelle, tous deux fonction des bénéfices). Le taux d’imposition qui s’élève aujourd’hui à 56 % (mais auquel beaucoup savent totalement ou partiellement échapper) tomberait à 35 %, et peut-être à 25 %. Les journaux économiques sont peu bavards sur le manque à gagner pour l’État, mais le quotidien La Tribune l’évalue à 15 milliards de DM (soit 50 milliards de francs).

Bref, ce que le gouvernement vole à la population ouvrière, il le donne aux patrons ! Et les dirigeants syndicaux de la DGB ne le critiquent pas, si ce n’est en disant que cette politique fiscale présenterait « ombre et lumière » !

La différence entre Schröder et Kohl, c’est que le premier se flatte d’avoir l’appareil syndical dans sa manche !

Mais la différence entre Schröder et Kohl, l’intérêt pour la bourgeoisie d’avoir un gouvernement dit de gauche du moins tant qu’il garde un tantinet de crédit , réside dans son aptitude à assujettir la hiérarchie syndicale. La bureaucratie syndicale allemande pratique certes la concertation et la collaboration depuis des décennies. Mais on peut toujours faire mieux pour l’État et les patrons et pire pour les travailleurs. On peut toujours se coucher un peu plus devant les intérêts patronaux et gouvernementaux. C’est ce à quoi on assiste depuis quelques mois. Par le truchement de ce Pacte pour l’emploi et la compétitivité, instance tripartite syndicats-gouvernement-patronat, qui en est à sa demi-douzaine de séances et représente une nouvelle institution-étouffoir des revendications.

Il s’agit d’un Pacte pour indiquer que les parties en présence sont et veulent rester amies ! Il s’agit d’emploi parce qu’évidemment le chômage pèse sur la classe ouvrière mais pour exercer aussi un chantage auprès de ceux qui ont un emploi et ne devraient pas le compromettre par des revendications abusives ! Il s’agit enfin et surtout de compétitivité, parce que cette exigence patronale reste le fin mot de l’affaire et qu’il existe une entente possible entre les patrons et les bureaucrates syndicaux, pour la prétendue sauvegarde du Standort Deutschland ou site industriel national ! Et les bureaucrates syndicaux d’Allemagne, aussi peu internationalistes que ceux de France, y tiennent autant que les seconds tiennent au produire français !

Cela dit, la nouvelle institution du Pacte pour l’emploi est surtout un moulin à palabres, en séances plénières ou en commissions qui sont autant de sinécures pour bureaucrates syndicaux et conseilleurs sociaux-démocrates.

Le cadre à vrai dire avait été créé sous Kohl à l’initiative du dirigeant de l’IG Metall Klaus Zwickel, mais il était resté une coquille vide car il est évident que Schröder a bien d’autres moyens et intérêts que Kohl à utiliser la courroie de transmission syndicale.

Et Zwickel surtout, s’illustre par des petites phrases qui sont tout un programme. Selon lui, il ne faudrait pas que les organisations patronales s’affaiblissent (allusion au fait que des entreprises s’en désaffilient pour ne pas supporter les contraintes des conventions collectives négociées par branche) et de menacer ceux qui snobent les instances de concertation centralisées pour leur préférer les instances délocalisées, entreprise par entreprise : « Au lieu d’un ou deux gros incendies par décennie, les négociations s’enflammeront désormais partout à la fois »... Et Zwickel souligne que « L’IG Metall souhaite une organisation patronale forte et efficace ». Les recentrages ne concernent pas que les Notat et les Thibault. Même un Zwickel a choisi depuis quelques mois de défendre la nécessité d’une « rénovation » car « les temps ont changé et les salariés préfèrent aujourd’hui un consensus à une grève dure ».

Pas si sûr. Il y a moins d’un an, au moment du renouvellement des conventions collectives dans la métallurgie, les travailleurs avaient répondu massivement aux premières grèves d’avertissement car ils espéraient bien obtenir les 6,5 % d’augmentation de salaires qui étaient au programme syndical, et c’est bien la direction de l’IG Metall qui a décidé pour eux d’arrêter la lutte avant même de l’avoir vraiment engagée. La direction syndicale ne souhaitait pas créer une situation difficile pour le gouvernement. Surtout que l’épreuve de force ou son absence dans la métallurgie allait servir de modèle pour les négociations dans les autres branches où le mécontentement existait aussi. Le printemps 99 a été marqué par des mouvements sociaux non négligeables, mais vite étouffés à peine impulsés par la bureaucratie syndicale, dans les banques, le bâtiment, les services publics, voire la chimie.

La toute dernière séance du Pacte pour l’emploi et la compétitivité de ce début janvier 2000 a annoncé la couleur, en répondant négativement à deux revendications de la classe ouvrière, la retraite à 60 ans et l’augmentation des salaires.

Les patrons et le gouvernement ne veulent pas du système de retraite à 60 ans à taux plein qu’a proposé le dirigeant de l’IG-Metall. La retraite à 60 ans à sa sauce n’était pourtant pas au désavantage des patrons. Loin de là puisqu’il envisageait de la financer avec... l’argent des travailleurs eux-mêmes ! Alors qu’en Allemagne l’âge de départ en retraite est de 65 ans pour les hommes et 63 ans pour les femmes, il proposait en effet que le départ soit possible à 60 ans et que les 18 % qui font la différence entre le montant d’une retraite à taux plein et celui d’une pré-retraite (dans le cas de suffisamment d’années de travail) soient compensés par un fonds alimenté à parts égales par travailleurs et patrons... les patrons pouvant défalquer leur quote-part des augmentations salariales à venir, ou la récupérer par une réduction voire suppression des primes de Noël ou de vacances ! Ce qui donnait aux patrons la possibilité de se débarrasser d’une partie des travailleurs âgés (la mesure aurait concerné quelque 3 millions de salariés sur les 5 ans de sa validité envisagée), qu’ils auraient remplacés par moins de jeunes et payés moins cher. Tout bénéfice donc. Mais le patronat refuse en fait tout dispositif centralisé contraignant et préfère rester maître des choix qu’il estime les meilleurs, entreprise par entreprise. C’est d’ailleurs la conclusion que les négociateurs tripartites ont tirée d’un commun accord : syndicats et patronat discuteront entreprise par entreprise, voire branche par branche, de « toute une palette de solutions innovantes » !

La dernière rencontre du Pacte pour l’emploi a non seulement fait remballer à Zwickel son projet de retraite à 60 ans, mais elle a surtout conduit à ce que l’IG Metall s’engage à modérer ses revendications salariales pour l’an 2000. La grande presse a rapporté que « les partenaires sociaux ont pris l’engagement mutuel de favoriser une politique salariale à long terme favorisant l’emploi ». Voilà qui est dit ! La politique salariale ne doit pas favoriser les salaires, mais l’emploi. Donc défavoriser les salaires ! Et Schröder a enfoncé le clou. Il s’est pesamment et explicitement félicité que les syndicats s’engagent à présenter des revendications modérées lors des négociations salariales de l’an 2000. Le patron des patrons, Dieter Hundt, s’est à son tour félicité de ce « compromis qui n’est pas un compromis boiteux » et qu’il considère comme « un pas important pour une politique salariale de plusieurs années favorable à l’emploi. » Là encore, rien n’est anodin et la formule « plusieurs années » signifie que les patrons comptent obtenir effectivement un gel des salaires sur plusieurs années. Ce qu’ils n’auraient probablement pas obtenu de cette façon des directions syndicales sous Kohl ! Leur problème malgré tout, ils ne l’ignorent pas, est qu’il est plus facile d’obtenir l’engagement de Zwickel que l’assentiment des travailleurs.

L’affaire est donc loin d’être jouée. Et il faut croire que Schröder craint à sa façon la classe ouvrière et une partie de la base populaire du SPD puisque récemment, avec l’affaire Holzmann, il a cherché à s’en faire bien voir en se présentant comme un « sauveur d’emplois ». Sauveur d’entreprise (en l’occurrence une des plus grosses du bâtiment), avec l’argent des contribuables, certes. Mais sauveur d’emplois, certainement pas car il y aura 3000 licenciements et ceux dont l’emploi sera maintenu devront faire 4 heures hebdomadaires de plus, récupérées dans un avenir hypothétique, s’ils n’ont pas été licenciés entre temps.

Face aux attaques du gouvernement et du patronat, quelles possibilités pour la classe ouvrière ?

Face à ces attaques, la classe ouvrière est sur la défensive. Mais elle est loin d’être défaite. Plus d’une fois ces dernières années, elle a montré qu’elle avait des ressources de combativité et une conscience de ses intérêts. Quand le paiement des jours de maladie a été remis en question, à l’automne 96, une grève dont les bureaucrates ne voulaient pas vraiment a éclaté partout en Allemagne. Au printemps dernier, sur la question des salaires, les métallos ont vivement réagi par des grèves d’avertissement, de telle sorte que la direction de l’IG Metall a conclu au plus vite un compromis, empêchant une vraie grève. La direction syndicale ne craignait certes pas d’être débordée mais un mouvement décidé pour une substantielle augmentation de salaire aurait pu donner aux métallos conscience de leur force. Et elle n’a pas voulu prendre ce risque. Pas voulu gêner Schröder. Les bureaucrates syndicaux aujourd’hui n’en sont pas à envisager une mobilisation d’ensemble comme celles de juin 1996 où 350 000 salariés de tout le pays et toutes les branches s’étaient retrouvés à Bonn... certes pour entendre surtout des discours politiciens contre Kohl.

Les syndicats restent une force non négligeable en Allemagne. Les onze syndicats de branche déclarent au total 8,6 millions d’adhérents. Certes les effectifs syndiqués ont tendance à chuter, ils perdraient chaque mois 40 000 à 50 000 membres, ce qui s’expliquerait par une désaffection pour le syndicat mais aussi par la diminution importante des effectifs dans certaines branches industrielles. Selon le quotidien la Tribune du 24/05/99, entre 1991 et 1997, plus de 5 millions d’emplois auraient été supprimés dans la seule métallurgie (inclus évidemment les nouveaux Länder de l’Est). Mais les syndicats restent un cadre pour 27 % des travailleurs en moyenne, c’est-à-dire beaucoup plus dans les grands centres industriels, même si la vie syndicale est très réduite et même si ce sont surtout les élus des conseils d’entreprise qui ont du temps et des facilités pour militer dans un cadre très coupé des travailleurs de la base.

Les syndicats cependant préservent à leur façon et malgré leur intégration très poussée aux rouages institutionnels, une conscience de classe du milieu ouvrier. Nombreux en tout cas sont aujourd’hui les syndiqués, dans les entreprises, qui voient d’un mauvais oeil ces dirigeants qui ne parlent que de propositions pour faire avancer le Pacte pour l’emploi, qui voient bien que cette nouvelle institution est une machine de guerre contre eux, un lieu où au mieux les bureaucrates syndicaux proposent, pour que de toutes façons les patrons disposent.

Cette politique syndicale ne passe pas partout. Bon nombre de militants se soucient bien davantage des intérêts ouvriers que des calculs de bonzes capables de fournir à la bourgeoisie des ministres. Mais force est de reconnaître que jusqu’à présent, il n’y a pas de force organisée, ni au sein des syndicats ni à l’extérieur, sur le plan politique, qui conteste la bureaucratie syndicale.

Il y a pourtant des militants syndicalistes qui se sentent de gauche, ou d’extrême gauche bien qu’ils se soient retranchés sur des positions syndicales, qui sont critiques à l’égard de leurs directions et cherchent à s’adresser aux travailleurs, à les regrouper dans de multiples réseaux locaux, plus ou moins isolés les uns des autres. Ils ont une présence visible au niveau de leurs entreprises, voire de leur branche, mais n’ont pas à ce jour de perspective d’ensemble pour la classe ouvrière.

C’est dans ce contexte qu’une Initiative pour la coordination de syndicalistes de gauche a été fondée en avril 1999, qui soulève pas mal d’espoirs chez certains militants, y compris au sein de l’extrême gauche. Trois conférences ont eu lieu depuis la fondation, dont la dernière en décembre 1999 a réuni 300 militants syndicaux. Ce regroupement s’est fait à l’initiative d’une revue de l’aile gauche de l’appareil syndical, Socialisme. Mais cette gauche syndicale est loin d’être homogène ou d’avoir un programme, voire seulement une volonté politique commune. Fort heureusement, par certains côtés ! Car parmi ceux qui en ont pris l’initiative et donnent le ton des plate-forme et réunions, il y a de bons bureaucrates qui déplorent le blairisme de Schröder pour vanter le... socialisme à la française de Jospin, auquel ils donnent la parole dans leur revue, ainsi qu’à Hue ! Il y a aussi des partisans de l’ex-ministre Lafontaine, politicien que la presse a présenté à l’époque comme un social-démocrate de gauche qui aurait voulu un partage des revenus davantage en faveur des travailleurs ! Ceux qui donnent le ton avancent un vague programme de Politique pour le travail et la justice sociale où il est surtout reproché au gouvernement et à la direction syndicale de ne pas préserver l’État social. La plate-forme est un catalogue on ne peut plus réformiste, si le mot a encore un sens. Ceux qui donnent le ton se posent certes en censeurs de la politique de la social-démocratie au pouvoir, mais ils ne recherchent en aucune façon les moyens que la classe ouvrière instaure un rapport de forces qui lui soit plus favorable, contre cette politique, par ses propres interventions et luttes. Il est remarquable que depuis un an, ni contre les mesures d’austérité, ni contre le Pacte pour l’emploi, ces principaux animateurs de la gauche syndicale ne se sont posé le problème d’organiser ou se préparer aucune protestation ouvrière. Ils n’en ont peut-être pas grands moyens mais ils n’en ont manifestement pas la volonté. Ils ont surtout fait circuler des pétitions dans le milieu syndical.

Mais ce milieu syndical de gauche ou d’extrême gauche compte aussi des militants sincères qui voudraient dépasser les limites de leurs entreprises respectives et coordonner la défense des intérêts des travailleurs, des militants qui font vivre depuis longtemps et régulièrement une presse syndicale d’entreprise se revendiquant explicitement de la lutte de classe et de l’opposition à tous les gouvernements, CDU ou SPD, et qui sont préoccupés des voies et des moyens d’une riposte d’ensemble des travailleurs. Et la question se pose de savoir si dans cette mouvance de gauche syndicale il se trouvera des militants qui choisiront non pas seulement de critiquer la bureaucratie social-démocrate, mais de combattre sa politique par les moyens de la lutte de classe.

Ces réseaux d’opposition syndicale peuvent permettre en tout cas aux militants préoccupés de contrer l’offensive anti-ouvrière du gouvernement, et qui veulent contribuer à renverser la vapeur, de nouer des liens et de préparer la lutte d’ensemble nécessaire.

Mais pour cela, il faudra une perspective politique résolument opposée au réformisme des bureaucraties réformistes, politique et syndicale, une perspective révolutionnaire dont le manque au sein de la classe ouvrière se fait cruellement sentir.

C’est là où les révolutionnaires ont un rôle important à jouer, sans attendre de la gauche syndicale qu’elle le joue à leur place.

Lutte de Classe n°48 - Février 2000

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