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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 16, juillet-août 2001 > La manifestation du 9 juin contre les licenciements et suppressions d’emploi (...)

La manifestation du 9 juin contre les licenciements et suppressions d’emploi : un premier pas pour préparer la suite

AOM/Air Liberté : Les milliards s’envolent, les salariés se crashent !

Mis en ligne le 1er août 2001 Convergences Entreprises

Le PDG d’AOM/Air Liberté, Marc Rochet a annoncé, jeudi 14 juin le dépôt de bilan des deux sociétés. Après la cessation de paiement d’Air Littoral, c’est dans les trois compagnies détenues par Swissair et Seillière que 7000 emplois sont menacés et sans doute presque autant avec les entreprises sous-traitantes. Et, suite à la décision du redressement judiciaire et de la décision de continuation d’activité jusqu’à fin août, Rochet fait planer la menace de licenciements immédiats par « manque de trésorerie ».

L’Union des Banques suisses et le Crédit suisse, propriétaires de Swissair, après avoir racheté et pompé des centaines de millions de francs dans AOM/ Air Liberté, comme dans la compagnie belge Sabena jettent le citron. Les magouilles sont nombreuses qui permettent de retirer ainsi des profits indirects (cabinet d’audit, ventes d’avions puis location par une société amie) En quelques mois, le trou de ces compagnies s’est creusé de 500 millions de francs à plusieurs milliards.

Le problème pour les capitalistes est que les compagnies aériennes demandent de lourds investissements et que les profits atteignent rarement plus de 2% du chiffre d’affaires, soit un faible niveau selon les critères capitalistes.

C’est pour la réalisation de ces profits que la déréglementation fait rage dans ce secteur depuis dix ans. Ainsi les compagnies Air Liberté et TAT avaient été revendues par British Airways à Swissair pour cause de trop faible rentabilité !

Seillière finance ses profits, mais pas ses pertes

Seillière, quant à lui, a eu le cri du cœur du capitaliste sincère : «  je n’ai fait qu’un investissement financier. Pas question de financer les pertes  ». En fait, l’arrivée de Seillière dans le capital d’AOM/Air Liberté permettait surtout à Swissair, société suisse extérieure à l’Union européenne, de prendre possession des deux compagnies, contournant ainsi les réglementations communautaires.

Face au dépôt de bilan, l’Intersyndicale AOM/Air Liberté s’est tournée vers Gayssot. Ce dernier, à part quelques coups de gueule contre Seillière, se limite à servir d’entremetteur pour trouver de nouveaux rapaces. Et Rochet, le PDG d’AOM/Air Liberté, a dénoncé tous les accords collectifs pour mieux faire baisser les rémunérations des salariés. L’intox des cadres amène certains salariés d’AOM à se retourner aujourd’hui contre Air Liberté qui serait cause de tous leurs maux et qui voudraient revenir sur la fusion des deux compagnies. L’ancien dirigeant d’un syndicat de pilotes d’Air France (le SNPL) propose la reprise des compagnies grâce aux actions des pilotes d’Air France, mais après application du « plan social », c’est à dire des licenciements et de la perte des acquis des salariés.

En finir avec les privatisations et les licenciements

Le transport aérien est en progression de 5% par an et AOM/Air Liberté représentent 30% du trafic intérieur. En fait, l’enjeu réel est de savoir dans quelles conditions sociales et avec combien d’emplois les salariés d’AOM/Air Liberté continueront à travailler, car quel que soit le repreneur, il aura besoin des pilotes, des hôtesses et des mécanos. Aussi de deux choses l’une :

  • Ou bien les salariés, et notamment les navigants continueront le même travail, en ayant perdu une bonne partie de leurs salaires, après que les compagnies aient été dépecées et vendues à quelques repreneurs et qu’Air France en ait repris quelques centaines, embauchés comme des débutants.
  • Ou bien la mobilisation arrive à imposer au gouvernement et à Air France d’assurer le maintien et la continuation de ces compagnies en se posant directement comme repreneur, sans indemnité ni rachat pour Seillière et les banque suisses, avec le maintien de tous les emplois et des salaires, et le développement d’un service public complémentaire à Air France.

Evidemment, il ne faut pas compter sur Gayssot et le gouvernement pour mettre en oeuvre cette solution qui serait à rebrousse-poil de leur politique de privatisation et de respect des règles de l’Union européenne.

Le 28 juin 2001, Laurent CARASSO

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