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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 69, mai-juin 2010

À lire : le bateau-usine

Mis en ligne le 29 mai 2010 Convergences Culture

Un roman… véridique :

Kobayashi Takiji

Le Bateau-usine

Éditions Yago - 18 euros.


Le roman, paru en 1929 mais interdit la même année, raconte l’odyssée d’un bateau-usine japonais, parti à la pêche au crabe en mer d’Okhotsk. Le jeune auteur, militant communiste, mort en 1933 sous la torture, s’est inspiré de faits véridiques rapportés par la presse et des récits d’ouvriers et de pêcheurs rencontrés au port de Hakodate.

Les navires utilisés pour cette industrie étaient souvent de vieux bâtiments pris aux Russes lors de la guerre russo-japonaise de 1904-1905 et recyclés en bateaux de pêche. Les hommes, parfois très jeunes, embarqués sur ces navires étaient des pêcheurs misérables, des petits paysans ruinés, des ouvriers ou d’anciens mineurs séduits par les promesses des recruteurs.

La vie sur ces bateaux-usines était effroyable : l’intendant, employé par le propriétaire ne pensant qu’à la rentabilité, avait droit de vie et de mort sur cette main-d’œuvre qu’aucune législation ne protégeait. Brimades, châtiments corporels, longues journées d’un travail épuisant, nourriture infecte de riz décortiqué et de légumes avariés, béribéri, froid glacial de ces régions, isolement pendant de longs mois, crasse, puanteur, morsure des poux, punaises et puces, et douches limitées à deux par mois. Le tout dans le mugissement assourdissant des sirènes aidant les chaloupes à retrouver le bateau, le danger incessant des tempêtes, les naufrages, rien n’était épargné à ces damnés de la mer.

Le roman s’achève par la révolte des hommes du bateau-usine.

Réédité en 2008, le livre de Kobayashi est devenu un bestseller au Japon. Dans un pays où 18 millions de personnes sont condamnées à des emplois précaires et où 34 % des jeunes vivent de petits boulots, une partie de la jeunesse se serait identifiée aux travailleurs du roman – selon certains médias du pays. Dans un concours de rédaction, un lauréat a écrit : « Dans les travailleurs du Bateau-usine, j’ai vu mes frères ». Des jeunes commenceraient à s’organiser dans des syndicats.

Charles BOSCO

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Numéro 69, mai-juin 2010

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