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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 78, novembre-décembre 2011

À PSA comme ailleurs : la guerre sociale est déclarée !

Mis en ligne le 24 novembre 2011 Convergences Entreprises

Le 26 octobre dernier, la veille de l’intervention télévisée de Sarkozy nous annonçant de nouvelles mesures de rigueur, Philippe Varin, PDG de PSA, annonçait avant lui 6 800 suppressions d’emplois.

PSA : Hécatombe de l’emploi…

Quatre mois après les annonces non démenties de la fermeture des sites d’Aulnay, SevelNord et Madrid, et rappelant au journal Les Échos qu’il se moque du « calendrier électoral », Varin confirme que, en plus des 800 postes d’intérimaires déjà annoncés en septembre, ce seront 1 000 emplois PSA en production, 2 500 dans les centres techniques et 2 500 de prestataires de service qui seront supprimés.

Des « licenciements » ? Cachez ce vilain mot. Les postes d’intérimaires et de prestataires de service seront supprimés par non-renouvellement de contrats, les postes PSA seront supprimés au prétendu « volontariat » (rebaptisé « forçariat » par les salariés de PSA) dans le cadre d’une prolongation de la fameuse GPEC (Gestion Prévisionnelle des Emplois et Compétences), accord de méthode signé en 2007 par tous les syndicats (sauf la CGT) et qui avait déjà permis de détruire 12 000 emplois à PSA entre 2007 et 2009.

…mais difficultés très très relatives…

La plupart des salariés, dans les usines comme dans les centres techniques, ont appris la nouvelle par la presse. Depuis, des réunions par secteurs sont organisées un peu partout par la hiérarchie. À grand renfort de présentations PowerPoint (qu’on croirait sponsorisées par les mouchoirs kleenex) commentées par des chefs devenus dramaturges pour l’occasion, on essaie de faire avaler aux salariés que le marché s’effondrerait : le free cash flow serait dans le rouge, les petits modèles seraient moins rentables que chez les concurrents qui fabriquent dans les pays à bas salaires, PSA perdrait même de l’argent chaque jour que Dieu fait et d’invoquer le tsunami au Japon pour justifier on ne sait trop quoi. Certains chefs vont même jusqu’à expliquer avec cynisme que les suppressions de postes pousseront ceux qui restent à se surpasser : et pour cause, les budgets calculés par certains services pour l’année 2012 annoncent déjà une charge de travail augmentée de 50 % en moyenne par salarié.

En effet, pour faire passer les 800 millions d’euros de réductions de coûts qui s’ajoutent au plan, déjà lancé en 2009, de 3,7 milliards d’économies sur trois ans, le groupe Peugeot-Citroën prétexte une baisse des ventes de véhicules sur le marché européen sur les trois premiers trimestres 2011 par rapport à 2010. Pourtant à en croire son communiqué de presse, sur ce seul marché, le chiffre d’affaires a augmenté de 4,1 % pendant la même période, par rapport à 2010. Sur l’ensemble des activités (finance et filiales), il est même monté de 7,7 % ! De l’aveu même de la hiérarchie, la baisse des ventes automobile constatées au 3e trimestre sur le marché européen, est en bonne partie due à la défection du sous-traitant Agrati qui n’a pas fourni les vis nécessaires à la production, pour raison d’incident informatique et surtout de flux tendu, retardant ainsi la fabrication et donc la livraison de 45 000 véhicules, avec chômage technique à la clef pour les ouvriers de tous les sites de production PSA de France.

En réalité, à l’échelle mondiale, le bilan des ventes est positif. Ce qui permet à PSA, selon les chiffres de la CGT, de réaliser 806 millions d’euros de bénéfices nets rien que pour le premier semestre 2011 : en hausse de 28,5 % par rapport à 2010. Certes, toujours moins que les 1,2 milliards du concurrent Renault (+ 52 %)… où les patrons servent pourtant exactement le même discours aux salariés.

…et bénéfices révoltants !

La prétendue « baisse des vente » (surtout « prévisionnelle ») est d’autant plus relative et les bénéfices réalisés d’autant plus insolents que l’année 2010 avait été une année record pour l’ensemble du secteur Automobile. En 2010, la centaine d’héritiers Peugeot s’était partagée 377 millions d’euros de dividendes. Les Peugeot étaient fiers de contrôler pour 2,4 milliards d’actifs au sein de la Holding familiale, plus qu’en 2007 avant la crise. Le conseil de surveillance, de son côté, considérant les « résultats particulièrement remarquables réalisés en 2010 (…), a décidé d’attribuer, à titre exceptionnel, une prime de 300 000 euros à Philippe Varin et de 120 000 euros aux autres membres du directoire ». Pour ce seul début d’année 2011, ce sont 250 millions d’euros de dividendes que se sont partagés les actionnaires ; PSA a toujours intacts ses 11 milliards de fonds propres, pendant que les dix plus gros salaires de PSA se gavent avec près de 6 millions d’euros annuel et que son PDG Philippe Varin, qui a le culot de répéter que « le coût du travail pose problème en France », est lui-même payé 9 000 € par jour, samedi et dimanche compris !

Les patrons utilisent la menace de la récession pour réduire leurs effectifs, abaisser le coût du travail, augmenter leurs profits et précipiter ainsi la récession elle-même. Ces nouvelles attaques pèsent lourd sur les salariés de PSA, mais servent aussi d’avertissement aux salariés de toutes les autres entreprises. Ils nous déclarent la guerre de classe : à nous de nous donner les moyens de la gagner !

8 novembre 2011

Léo BASERLI

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Numéro 78, novembre-décembre 2011

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